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Yitro et Mishpatim : pensée d'ensemble et détails de la vie

Comment le don de la Torah relie la vision globale à la justice concrète, de l'exil des pensées à la loi œil pour œil.

45 min

Rav Yoël Benharrouche

Ensuite : Mishpatim : chaque élévation commence par un retour au point zéro, 1 h 10

Début du cours (texte)

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Merci à vous tous, à vous toutes. Le mois de Hadar est un mois où il faut augmenter la Simcha, parce qu'elle n'est pas naturellement augmentée. Il faut faire un effort. Il n'y a pas marqué que le mois de Hadar, dès qu'il arrive, immédiatement avec lui arrive la Simcha. Il faut augmenter, il faut faire quelque chose pour augmenter la Simcha.

Quelle est la plus grande des smachot, quelle est la plus grande notion de simcha ? Moins nous avons de doutes, plus nous sommes dans la simcha. Et donc, tous les cours que nous diffusons, c'est pour nettoyer, petit à petit, les doutes inhérents à la création tout entière, à l'homme d'une manière générale, et à tout ce qu'il fait dans ce monde.

Surtout dans une situation, dans une époque où nous avons justement une telle avancée vers la lumière divine, et paradoxalement nous voyons tellement de noir dans le monde qu'il est difficile, en réalité, de concevoir comment être dans une simra. On nous dit que nous allons vers la Gueoula finale, et lorsqu'on regarde dans la rue ce qui se passe, on a l'impression que c'est exactement l'inverse.

Alors, en réalité, le Zohar HaKadosh nous donne une information très importante: ceux qui marcheront avec la biche (on appelle la biche Ayala, qui représente l'Assemblée d'Israël) auront une autre perception de ce dévoilement messianique. Ceux qui ne marchent pas avec l'Assemblée d'Israël auront une perception beaucoup plus difficile, qui va passer par des difficultés, parce qu'ils ne suivent pas le mouvement.

En réalité, le judaïsme est un mouvement naturel. Hakadosh Baroukh Hou nous a créés en bonne santé. C'est nous qui gâchons, en réalité, toute la droiture qui se trouve dans le monde. Et là, le monde est en train de redevenir dans sa véritable notion de santé première. Et donc Hakadosh Baroukh Hou nous invite à rejoindre ce grand train qui va vers la vie et qui corrige, en fait, tous ces trains qui allaient vers l'inverse.

Tout ce qu'Hakadosh Baroukh Hou a créé dans ce monde, il l'a créé par couple. C'est la notion même de Béria, de création. Béria commence par la lettre B. La sphère qui correspond à Béria, c'est la sphère de Bina, qui, en se galvaudant, a donné naissance, dans d'autres langues, au mot « binaire ». C'est-à-dire que le monde dans lequel nous sommes est un monde qui vient de Bina, et donc il est binaire. Et le minimum, c'est le deux. Il faut donc faire en sorte de conjuguer tout ce que nous faisons toujours dans un couple.

Même la Torah apparaît par couples. Il y a des couples de parachiot. L'un d'entre eux, c'est justement Yitro et Mishpatim. C'est d'ailleurs la notion de Hadar: Aleph, l'unité, qui descend trouver une maison dans ce monde. Dar, « comme dira ». Donc le Aleph Dar, c'est le mois de Hadar. C'est le mois où Hakadosh Baroukh Hou cherche à habiller le monde. C'est pour ça que nous nous déguisons, d'ailleurs, pour montrer qu'en réalité ce monde est un grand déguisement pour l'apparence que nous donnons, de différentes manières, au même Un, à la même unité. C'est le Aleph qui se retrouve dans un monde qui est Dar.

La paracha de Yitro et de Mishpatim est donc un couple. Il y a, d'un côté, le côté masculin: c'est la paracha de Yitro. Quand je dis masculin, je parle de pensée, je parle d'idéaux, je parle de notions, de sources. Et lorsque je parle de féminin, je parle de dévoilement, de faire en sorte de donner un relief à ce qui était au niveau des idéaux. C'est très, très important, parce que c'est seulement dans cette conjugaison de couples qu'on peut retrouver une unité parfaite. Et c'est ce qui se passe d'une manière beaucoup plus grande dans le mariage entre Hakadosh Baroukh Hou, le maître du monde, et la création qu'il a lui-même créée.

Cette rencontre est ce que nous avons vécu dans la paracha de Yitro. La paracha de Yitro, je vous le rappelle, la semaine dernière, c'était le don de la Torah. Ce n'est pas que Dieu nous a balancé une Torah du ciel qui est descendue sur terre, pas du tout. Il y a ici une rencontre qui vient du haut vers le bas. Il est très important de le préciser, car cette rencontre est à l'initiative du Créateur lui-même, et non pas de l'homme. Si c'était l'homme qui était à l'initiative de cette rencontre, ce serait en réalité un culte étranger, car il aurait été limité par l'individualisme de l'homme et donc par sa spécificité; il n'y aurait pas d'objectivité, tout aurait été subjectif.

Or, la rencontre, c'est Hakadosh Baroukh Hou lui-même qui est à sa source. Elle est du haut vers le bas, et d'ailleurs le texte le dit précisément: c'est Hakadosh Baroukh Hou, le tétragramme, qui descend sur le mont Sinaï. Bien entendu, descendre ici, c'est se dévoiler, c'est se mettre au niveau de ceux qui vont recevoir cette lumière. Il y a donc un accès, une vision, une direction divine vers le monde créé, en passant par le canal qui s'appelle Israël. Et cette rencontre est, en réalité, double.

Premier degré de cette rencontre: la rencontre elle-même. C'est extraordinaire. Même s'il n'y avait rien à dire, rien à donner, juste le fait d'avoir rencontré le maître de l'infini, le maître du monde, c'est déjà un cadeau extraordinaire. Mais il y a en plus de cela un deuxième degré, qu'Hakadosh Baroukh Hou a donné au monde: il a donné au monde, en réalité, les valeurs qui étaient à la source même de sa création. Cela est arrivé dans notre monde avec des éclairs, des tonnerres, tout simplement parce que ça bouscule. Ce n'est pas quelque chose d'anodin de rencontrer l'infini, béni soit-il, qui descend dans notre monde pour nous donner des valeurs.

Il aurait peut-être été préférable, pour certains, que Dieu reste dans son ciel, qu'il ne vienne pas nous déranger, parce que commencer à vivre selon des critères d'en haut, c'est gênant. J'ai envie de faire ma petite vie tranquillement, je n'ai pas besoin qu'on me dise quoi faire. Dès qu'il y a un souverain au-dessus de ma tête, c'est un petit peu gênant. Et donc le don de la Torah fait descendre les valeurs de l'infini dans ce monde.

La manière dont c'est décrit dans la Torah est très intéressante, parce que la Torah parle d'une nuée lourde sur la montagne. Quelle est cette notion de nuée ? Pourquoi Hakadosh Baroukh Hou, lorsqu'il arrive dans notre monde, doit-il venir habiller, entre guillemets, dans une nuée, dans un grand nuage très épais ? Tout simplement pour nous indiquer, à nous les hommes, qu'il faut rester avec toute son humilité. Tout ce qu'Hakadosh Baroukh Hou nous donne est toujours dans un certain brouillard, j'allais dire même dans un brouillard certain.

Autrement dit, le fait qu'Hakadosh Baroukh Hou, avec ses valeurs d'infinité, descende sur terre, c'est toujours, plus ou moins, pour nous quelque chose d'inconcevable, de très difficile à avaler, de très difficile en tout cas à limiter, de très difficile à désigner, de très difficile à mesurer, à …

Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche

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