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Vayakhel : le Mishkan, lien entre l'infini et le fini

Le Mishkan comme appareil qui capte la présence divine dans ce monde, et les trois cœurs : espace, temps, peuple.

57 min

Rav Yoël Benharrouche

Ensuite : Chémini : pourquoi il n'y a pas de huitième jour, 15 min

Début du cours (texte)

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

La sortie d'Égypte, c'est le choix du peuple d'Israël en tant que porteur du message divin. Deuxième étape, c'est le don de la Torah, qui est l'identité de ce porteur de message. Et troisième degré, c'est le Mishkan, la Chekhina, la présence divine d'une manière continuelle, puisque le don de la Torah était un élément qu'on a perçu ponctuellement, alors qu'on aurait dû le percevoir tout le temps, tout le temps, tout le temps.

Étant donné que c'est difficile, apparemment, Kadosh Baruch Hou fait un effort supplémentaire pour maintenir cette présence avec nous sous la forme du Mishkan. Nous allons maintenant essayer de comprendre ce qui se passe avec ce Mishkan. C'est très important, parce qu'en réalité nous parlons de la Gueoula. Qu'est-ce que c'est que la Gueoula ? C'est le dévoilement des valeurs de l'infini dans notre monde fini.

Le jour où ces dévoilements se feront d'une manière pleine, c'est ce qu'on appelle la délivrance de ce monde. Le monde doit être délivré de sa prison naturelle. Qu'est-ce que ça veut dire, sa prison naturelle ? Le monde est coincé dans une nature qui a des lois qui l'empêchent de sortir de lui-même et de voir autre chose que lui-même. Vous êtes avec moi ? Donc il va falloir qu'une force vienne de l'infini,

en dehors de ce monde, qui a créé ce monde, et qui va faire intervenir une lumière objective par rapport à tout ce qui se passe ici, qui n'est pas subjective. Ça veut dire qu'on est obligé, pour avoir quelque chose de neutre, de vrai et d'authentique, d'avoir une force qui nous vient au-dessus de notre niveau, au-dessus des détails que nous sommes. Parce que chacun peut dire: c'est moi qui ai raison, c'est moi qui ai raison, c'est moi qui ai raison, et tout le monde croit avoir raison.

— Tiens. Si ces lois-là sont contre le monde en soi...

Elles ne sont pas contre le monde. Ce sont des limites. Parce que le monde sans ses limites ne peut pas exister. Pourquoi on appelle ça des lois naturelles ? Parce que ce sont des lois. Quand je fais tomber un stylo, il tombe. C'est une loi, la loi de l'apesanteur. Il y a une règle. D'accord ?

Mais il y a un degré où ces lois ne fonctionnent plus. D'accord ? Ça, c'est l'infini.

— Quand on implore Elohim, on se limite ?

Quoi ? Quand on implore Elohim, on se limite ? Oui, on n'implore jamais Elohim. On implore Yud Ké Vav Ké.

— Ah oui, mais c'est autre chose.

Ça veut dire que c'est le Yud Ké Vav Ké qui rentre dans le Elohim. Adonaï Hou Ha Elohim. Tu n'as pas Elohim Hou Adonaï.

Donc en fait, quand on dit ça, on dit que notre but, c'est d'amener à... Exactement, d'amener le tétragramme dans la nature qui s'appelle Elohim. D'accord ? Donc tu fais rentrer dans le monde de Elohim. Elohim est au pluriel. Pourquoi ? Parce que ce sont les forces, les lois de la nature. Donc tu fais descendre l'unité, l'infini dans ces multitudes de lois.

— Est-ce que, justement, la descente est une vérité unique ? Elle peut être reçue par plusieurs entités différentes ?

Oui, elle est reçue, parce que toutes les entités différentes ne vivent que par elle.

— Oui, mais on ne peut pas aborder le 1.

On ne peut pas aborder le 1. On reste dans le 2, et dans le 2, on retrouve un tout petit peu de cette unité. D'accord.

Quand je dis descendre, ce n'est pas physiquement, ce n'est pas au niveau de l'espace. Descendre, c'est se dévoiler. C'est juste une expression humaine. Dieu ne descend pas. S'il descendait, ça voudrait dire qu'il était limité: il est là-bas, et pendant qu'il est là-bas, il n'est pas ici. Après, il vient ici, donc il n'est plus là-bas. C'est des bêtises, tout ça. Ras Vechalom, ne croyez pas que quand il est écrit Vayéred Hachem al Har Sinaï, c'était Batman. Dieu est descendu sur le mont Sinaï. Ça veut dire maintenant, il n'est plus nulle part ailleurs; il n'est que sur le mont Sinaï. Donc, les autres, là-bas, ils peuvent s'amuser, faire ce qu'ils veulent. Non, c'est des bêtises, tout ça.

Donc, descendre, c'est un langage de la Torah, qui a parlé un langage humain. C'est-à-dire que descendre, c'est se mettre au niveau d'eux, donc c'est se dévoiler. Un père se met au niveau de ses enfants. Ce n'est pas qu'il est devenu petit, qu'il est venu, qu'il s'est rétréci.

Alors, les Oumat Haparchiot, Oumat et Tsavé, par rapport aux Haparchiot que nous avons déjà traversées, à savoir Térouma et Tsavé, qui ont traité de l'ordre d'établir le Mishkan.

Donc le Mishkan, c'est en fait un appareil qui a des mesures physiques, humaines, de ce monde, avec des lois de ce monde, des matériaux de ce monde, mais pour une raison quelconque, il va être capable de capter une émission qui vient de l'au-delà.

Pendant que je construis cet appareil, même si je ne suis pas saint, je peux même rentrer dans le Saint des saints, puisqu'il va bien falloir quelqu'un qui fasse les murs. C'est paradoxal. Au moment où c'est terminé, plus personne ne peut rentrer. Ça devient, d'un coup, porteur d'une kédoucha incroyable. Donc vous voyez la différence: pendant le travail, et après la finition du travail. On est d'accord ? D'accord.

Alors, pour l'instant, c'était l'ordre de construire. Ken ? Enlever quoi ? Mon cher Abéno. Mon cher Abéno. Et après, il couvre les choses, et ce sont les Lévi'im qui portent. Mais même pour porter, il faut faire des années d'études, cinq ans d'études, juste pour porter, pour savoir porter. Sinon, il mourrait. Quand même.

Les Lévi'im, c'est pour ça qu'il n'y en a pas beaucoup. Vous rentrez dans une synagogue: il y a un Lévi, deux maximum. Des Kohanim, il y en a plein. Des Lévi'im, il n'y en a pas beaucoup. Pourquoi ? Parce que beaucoup mouraient pendant qu'ils portaient, parce qu'ils pensaient à autre chose. Il ne faut pas penser à autre chose pendant que tu lèves. Donc, c'est un travail exceptionnel. D'ailleurs, le mot Lévi vient du mot Livoui, accompagné. D'accord ? L'avodah. Donc, c'est un sport national, ici, non ?

Même en haut, c'est pareil. Les gens rentrent, ils regardent, ils sortent, comme s'ils recevaient un message. Va dans cette pièce, tu ouvres, tu regardes et tu fermes. C'est-à-dire que tu n'as pas besoin de lire, tu n'as besoin de rien, mais c'est un truc. Je n'ai pas encore assimilé le truc, mais bon.

Alors, les deux Parachiot, c'était ça. Et Parachiot, ce sont les Parachiot qu'on va lire maintenant, ce Chabbat et le Chabbat d'après. On est déjà dans la réalisation, dans le degré de la réalisation des choses.

D'une manière beaucoup plus large, on peut dire qu'à partir de la paracha de notre Chabbat, donc dans trois jours, on va commencer à parler réellement, encore plus en force, du dévoilement de la Chekhina. Qu'est-ce que c'est que la Chekhina ? Comment vous traduisez Chekhina en hébreu ? C'est le nom de quelque chose ? C'est …

Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche

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