Le jour de Kippour expie-t-il par lui-même ?
Pourquoi le Rambam dit que Kippour expie et que la techouva suffit, et ce que signifie « revenir à son être primordial ».
Rav Oury Cherki
Ensuite : Techouva achevée selon le Rambam : regretter le péché tout entier, 48 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Shalom tout le monde. Nous continuons notre étude du Hilchot Techouva. Je crois que nous sommes au premier chapitre, dans la halakha guimel. Est-ce que je me trompe ? Non, nous sommes bien à la halakha guimel, dans l'avant-dernière ligne. Vous avez certainement le texte.
En fait, on aurait pu se poser la question en lisant le texte de la Torah sur l'expiation de Kippour. Il y a toute une cérémonie, tout un procès, tout un cérémonial dont le centre est le bouc émissaire. La Torah nous dit qu'à partir du moment où l'on a envoyé le bouc émissaire, tous les péchés d'Israël sont expiés. Rappelez-vous tout cela. Aujourd'hui, il n'y a pas de bouc émissaire, il n'y a même pas d'autel ni de Beit Hamikdash.
Le Rambam nous dit que la techouva suffit. Vous vous rappelez ? Suffisante pour faire l'expiation. Et ensuite, le Rambam ajoute autre chose: le jour même de Kippour, on fait l'expiation. Ces affirmations du Rambam entraînent toute une série de questions. Tout d'abord, le jour de Kippour a toujours existé, même à l'époque où il y avait le bouc émissaire. Alors pourquoi avait-on besoin du bouc émissaire ? Par ailleurs, il nous dit que la techouva est suffisante pour faire l'expiation. Alors pourquoi a-t-on besoin de Kippour ? Et enfin, en quoi le jour de Kippour fait-il une expiation ?
Voilà donc mes trois questions. Nous allons y répondre. Commençons par la troisième: comment le jour de Kippour fait-il l'expiation ? Regardez la belle expression. En bon hébreu, on devrait dire Yom HaKippourim atzmo, le jour de Kippour lui-même. Mais le Rambam emploie une formule légèrement différente: atzmo shel Yom HaKippourim, l'essence même du jour de Kippour. L'expression telle qu'on la trouve dans le Talmud est hitsoumo shel yom, quelque chose dans l'essence même du jour fait l'expiation.
Que signifie-t-elle ? Qu'il s'agit d'un jour où nous revenons à nous-mêmes. Il y a un retour à notre être primordial, et c'est cela qui fait l'expiation. À l'époque où il y avait le bouc émissaire, ce retour se faisait en revenant à la source de la vie. Où est la source de la vie ? Vous savez qu'une grande partie du cours est enseignée par moi, mais cela ne vous dispense pas de réagir lorsque je vous interroge. Où est la source de la vie ? Vous avez peur de répondre ?
— La Torah.
— La Torah. Est-ce qu'il existe un lieu géographique de la source de la vie ?
— Dans le ciel.
— Très bien. Mais sur terre, existe-t-il un lieu géographique de la source de la vie ?
— Au mont Moria.
— Où, dans le mont Moria ? Où, dans le Beit Hamikdash ?
— Dans le Kodesh HaKodashim.
— Oui, là où se trouve la pierre. Donc, vous avez vu que dans le service du grand prêtre à Kippour, parallèlement à l'envoi d'un bouc émissaire dans le désert, le Cohen Gadol entre dans le Kodesh HaKodashim. N'est-ce pas ? Il y a donc un retour à la source de la vie pour réparer tout ce qui se passe à l'extérieur. D'accord ?
Aujourd'hui, il n'y a plus le service du Temple, mais il y a, le jour de Kippour, un moment où l'on entre personnellement dans le Kodesh HaKodashim. C'est un moment de retour à son être authentique. Ce qui est supposé sous-tendre tout cela, c'est que, fondamentalement, je suis bon. C'est cela ? Le mal qui est en moi est une écorce extérieure. Ce n'est pas vraiment moi-même.
Oui, je suis bon. C'est-à-dire que, dans mon être intérieur, je suis quelqu'un de très bien. Mais je fais parfois des bêtises, et cela reste extérieur à mon être. D'accord ? C'est pour cela que, le jour de Kippour, quelque chose se passe en moi, quelque chose se transforme. Lorsque le jour de Kippour est passé, quelque chose en moi est revenu à son origine et s'est donc purifié. D'accord ?
Nous n'avons cependant pas encore répondu à la question: le Rambam a dit que la techouva suffit pour faire l'expiation, alors pourquoi a-t-on besoin aussi du jour de Kippour ? Ce que nous avons vu dans la halakha bet concernait la techouva collective, qui se faisait à l'époque du Beit Hamikdash. Aujourd'hui, il n'y a pas de techouva collective, seulement une techouva individuelle. Avec le bouc émissaire, c'était différent. De nos jours…
J'ai compris la différence. Tu dis qu'il existe des péchés pour lesquels, même si j'ai fait techouva, il faut aussi Kippour. Où as-tu trouvé cela ? Tu ne l'as pas inventé. Tu l'as entendu quelque part.
— Non, je ne l'ai pas inventé.
— Donc tu ne l'as entendu nulle part ? C'est très bien. En fait, tu dis ce que dit le Rambam dans la halakha qui vient d'. Très bien. C'est toi qui l'as dit. Je dois te rappeler des choses que tu as dites toi-même. C'est énorme. Tu veux dire l'espace, le temps et la personne, c'est cela que tu veux dire ? Voilà. C'est ainsi que l'on est sauvé, c'est le « sauve-Kippour ». Vannes en a d'ailleurs déjà parlé dans un autre cours. D'accord. Bon.
Je reviens donc à la halakha dalet, qui entre dans le détail. Le Rambam nous a dit au début que la techouva suffit pour faire la kapara, puis qu'il faut Kippour. Comme tu l'as très bien dit, il existe une différence entre la gravité du péché et ses différents degrés. La halakha que nous allons étudier maintenant, la halakha dalet, est connue sous le nom d'arba'a hilloukei kapara, les quatre divisions de l'expiation. Il y a quatre niveaux d'expiation nécessaires.
Je suis extrêmement étonné qu'il y ait ici des élèves qui n'ont pas le texte. Comment cela se fait-il ? Vous n'aviez pas le texte. Bon, tu arrives en retard, mais à part cela, tu n'as pas le texte.
— Si, si.
— On peut arrêter. Qu'est-ce que c'est que cette feuille, par exemple ? Ce n'est pas le texte ? Ah, on peut faire, on peut faire. Il n'y a pas moyen de s'en sortir ? Voilà, il y a ici un texte. Vous allez vous en servir.
Afal pi she'a techouva mechapéret alakol. Bien que la techouva expie tout, puisqu'il s'agit de ce qui se passe de nos jours, où nous n'avons pas le bouc émissaire, nous avons à la place la techouva, qui suffit pour faire l'expiation. Ve'ratzmo shel yom ha-kippourim mechaper. Et le jour même de Kippour fait lui aussi l'expiation. Yesh aveirot she-nitkaprin le-sha'ata. Il existe des péchés qui sont expiés immédiatement. Veyesh aveirot she-eino mitkaprin ela lehazman. Il existe des péchés qui ne sont expiés qu'après un certain temps. Keitzad ? Comment cela ? Avar adam al mitsvat assé she-ein bo karet ve'assa techouva. Si quelqu'un a transgressé un commandement positif pour lequel il n'est pas passible de karet et qu'il a fait techouva…
Combien y a-t-il de commandements positifs ? Deux cent quarante-huit. Pour combien de commandements positifs la transgression entraîne-t-elle le karet ? Vous avez dit tout à l'heure qu'il y en avait deux cent quarante-huit. Comment peut-il donc y en avoir trois cent …
Cours de Machon Meir
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