Avouer ses fautes en public : la techouva selon le Rambam
Le Rambam enseigne pourquoi révéler ses fautes envers autrui purifie, et pourquoi les fautes envers Hachem ne se publient pas.
Rav Oury Cherki
Ensuite : Le bouc émissaire et la techouva collective, 55 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Shalom tout le monde. On ne s'est pas vu depuis l'année dernière. Nous continuons donc dans Hilchot Techouva du Rambam, au chapitre numéro 2. Vous n'avez pas le texte ? Je vois que certains n'ont pas de texte. C'est terrible. Je suis fier de toi. Entendu ce qu'il a dit ? On comprend cinq fois mieux avec le texte. Ce qui prouve…
Que mon enseignement pénètre. Voilà, ça me fait plaisir. Parce que parfois, quand je vois que ce que je dis n'est pas compris, je désespère. Je me dis qu'il vaut mieux rendre son tablier. Mais non, voilà, vous avez connu. Bon. En tout cas, nous sommes dans la halakha qui commence par Veshevar Gadol. Nous parlons ici du comportement de celui qui fait techouva. Après avoir expliqué ce qu'est la techouva,
le Rambam nous parle également de phénomènes associés à la techouva, qui ne sont pas forcément dans la définition de la techouva. La techouva peut se faire sans les phénomènes en question, mais c'est souvent associé, comme par exemple le fait que la tsedaka a changé son nom, etc. Et il y a également quelque chose que le Rambam appelle Chevah Gadol. Chevah Gadol, c'est quelque chose de très louable. Chevah Gadol, c'est une grande
louange pour celui qui fait techouva, pour le repentant. Cheyitvadé barabim: faire l'aveu de sa faute en public. Veyodia pesha'av lahem: et leur révéler, leur annoncer ses péchés. Oumegaleh averot shebeno leven havero: il divulgue les péchés qu'il y a entre lui et son prochain, Acherim, aux autres. Ve'omer lahem, en leur disant:
Hatati lifloni: effectivement, j'ai péché envers untel. Ve'assiti lo kakha vekhakha: je lui ai fait ainsi et ainsi. Ve'hineni hayom chav ve'nikham: et aujourd'hui je reviens, je me rétracte, et je regrette. Vechola mi-deg'a, ve'omer odia: et celui qui, par orgueil, ne veut pas révéler, et qui cache ses péchés, en techouva togemoura: sa techouva n'est pas
achevée. Che nehemar: ainsi qu'il est dit: Mesaseh pesha'av lo yatslia'h: celui qui cache ses péchés ne réussira pas.
Alors, ça veut dire quoi, cette histoire de révéler ses péchés ? D'abord, ça fait partie, du point de vue du Zohar, de quelque chose de très important, qui est le fait d'avoir honte. C'est-à-dire que se faire honte est une façon de brûler ses péchés.
Parce que quand on a honte de quelque chose, c'est comme si on avait été brûlé. Vous voyez ? Oui, une façon de crever l'abcès, comme on dit en français, effectivement. Il y a là-dedans une sorte de purification, une catharsis. On est complètement libéré de son péché puisqu'on est même prêt à en parler publiquement.
Il y a également autre chose. Quand on pèche envers son prochain, par exemple, des gens voient que je suis ennemi d'un tel.
Comme je suis quelqu'un de bonne réputation, les gens se disent: si celui-là est l'ennemi d'un tel, c'est que c'est un tel qui n'est pas bien, puisque un tel, que nous savons être bien, le persécute. Et on ne sait pas qu'en fait il y avait un péché. C'est pour ça que, lorsque celui qui a persécuté la personne dit « j'étais coupable », ça lave également l'autre personne. Il y a ça aussi. N'est-ce pas ? Oui ?
Ah, alors pourquoi ne pas avouer les fautes de Ben Adam LaMakom ? Ça, je ne sais pas encore, je ne l'ai pas encore lu. Je le saurais en le lisant. Là, ta remarque est bonne: il faut continuer à lire la halakha.
Bamé devarim amourim ? De quoi s'agit-il ? Ba'averot she-ben adam lehavero, des péchés entre l'homme et son prochain, aval she-bein hamakom, mais les péchés qu'il y a entre l'homme et son Créateur: eno tsarich lefarsem atsmo, il ne doit pas les publier.
C'est une forme d'effronterie pour lui s'il les révèle. Il doit simplement revenir devant D.ieu béni soit-Il. Il fait le détail de ses péchés devant Lui. Mais quand il fait le bilan en public, il le dit de manière simple. C'est-à-dire qu'il ne dit pas ce qu'il a fait. Il dit « j'ai péché », mais il ne dit pas ce qu'il a fait.
Il y a ici plusieurs aspects de cette halakha. Tout d'abord, le fait que quelqu'un dise « j'ai péché envers D.ieu » est déjà une forme d'effronterie, parce que ça veut dire: j'ai eu l'audace de me révolter contre le Créateur du monde. Ce qui est en soi déjà une sorte de blasphème.
Par exemple, il y avait une émission à la radio, il y a quelques années, qu'on appelait tous les vendredis après-midi. Il y avait des récits de baalei techouva, des gens qui avaient fait techouva et qui racontaient leur histoire. Et cette émission était très problématique, parce que parfois ils disaient des tas de choses très mauvaises qu'ils avaient faites, et il y avait une sorte de dévergondage dans le fait d'en parler. « Vous savez, j'ai fait ça, mais non, j'ai fait techouva, je ne fais plus ça. » Mais disons que ça encourage.
Ça montre que l'on peut avoir l'audace de faire ce péché, etc. Ça donne des idées. Ce n'est donc pas toujours une bonne chose. De plus, ma relation avec mon Créateur est une relation intime. C'est quelque chose qui, par essence, est caché. Même quand je fais le bien envers D.ieu, c'est quelque chose qui me concerne dans la plus grande intériorité de mon être. Le divulguer, c'est donc une forme d'indécence. C'est comme si j'exposais mon intimité devant le monde entier.
D'accord ? Oui. On peut donc dire en public « j'ai péché », mais pas faire le détail de quoi. C'est pour ça qu'on dit dans la prière « Hatati », je ne dis pas quoi. Quand c'est en silence, en particulier, en discussion privée avec D.ieu, là tu peux dire, tu dois dire tout le détail. C'est-à-dire: « J'ai mangé un chewing-gum sans faire la bénédiction. J'ai lu pendant la 'hazara. » Et tu sais quoi ?
— Ça, c'est vrai qu'il le sait, oui, bien sûr. Alors ta question concerne la notion même de vidouï, n'est-ce pas ? Ça, bien sûr, c'est la question du vidouï. D'accord. La question du vidouï que nous avons abordée lorsque nous avons étudié le premier chapitre. Ah oui, mais tu n'étais pas au cours, c'est vrai. Mais dans le vidouï, il y a le fait de faire émerger entre moi et le Créateur ce qui faisait écran.
C'est un peu comme on dit en français: crever l'abcès. C'est-à-dire qu'on va exposer le problème, mettre les cartes sur table. Et c'est quand je suis capable de l'avouer que la techouva est complète. Ce n'est pas pour qu'il le sache. C'est pour toi et Lui. C'est pour normaliser la relation. D'accord ?
Et maintenant, pour ce qui est des péchés envers son prochain, les divulguer concerne des péchés connus. C'est-à-dire, par exemple, si personne ne sait que j'ai été coupable envers un autre, et que personne ne sait que l'autre a été atteint. Ça aussi, le Rav Avad …
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