Le bouc émissaire sans techouva selon Maïmonide
Maïmonide distingue : sans techouva, le bouc n'expie que les fautes légères, non les graves.
Rav Oury Cherki
Ensuite : Avouer ses fautes en public : la techouva selon le Rambam, 52 min
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Donc, je reprends le début de la halakha, que nous avons déjà étudiée, et nous allons continuer à l'endroit où nous nous sommes arrêtés. Saïr HaMishtaleah, le bouc émissaire, lefi shehou kapara al kol Yisraël, puisqu'il vient expier pour tout Israël. Le Kohen Gadol, le grand prêtre, mitvadé HaLav HaLechon kol Yisraël, prononce le vidouï, en employant une formule pour tout Israël. C'est pour ça qu'il parle au pluriel: « Ton peuple Israël a péché », etc. Ché néémar, ainsi qu'il est dit: véitvada alav, il fera sur lui l'aveu, et kol avonot bné Israël, de tous les péchés des enfants d'Israël. C'est écrit dans quel livre ? Dans Vayikra. Quel chapitre ? Tetzayim. Et quel verset ? Kafaleh. Comment vous le savez ? Parce que c'est écrit entre parenthèses. Bon.
Saïr HaMishtaleah, le bouc émissaire. Mekhaper al kol haavérot shebatorah, il expie tous les péchés de la Torah, haKalot vehaHamourot, les péchés légers comme les péchés graves. Bén shéavar bizdon, bén shéavar bishgaga, que la transgression ait été volontaire ou involontaire. Bén shéyodéa lo, bén shélo yodéa, que la faute lui soit connue ou qu'il l'ignore. Hakol mitkaper, vésaïr yishtaléah, tout est expié par le bouc émissaire. Véhou békhé, à condition chéasa techouva, qu'il ait fait techouva.
Jusque-là, c'est ce que nous avons lu la dernière fois, et ça semble satisfaire notre exigence morale. Vous vous rappelez qu'on avait expliqué que la condition de la kapara, c'est la techouva. C'est-à-dire qu'il n'y a pas d'expiation du péché par aucun acte au monde s'il n'y a pas eu au préalable un acte de techouva. Vous vous rappelez de tout ça ? Non, vous n'étiez pas au dernier cours. Eh bien, je reprends une idée qu'on a vue dans le dernier cours. Dans le tikkoun, dans la réparation du péché, il y a deux phases. La première phase, c'est la techouva, et la deuxième phase, c'est la kapara. Qu'est-ce qu'on entend par la techouva ?
La techouva est un acte de la volonté. C'est-à-dire: jusqu'à présent je voulais le mal, et je cesse de vouloir le mal, et maintenant je veux le bien. C'est ce qu'on appelle la techouva. Cet acte-là concerne donc la volonté. C'est ça, la techouva. Après cela, il y a une autre action qu'on appelle la kapara, en français l'expiation, et là, c'est en fonction de chaque transgression: il y a une expiation correspondante selon la gravité du péché, etc. C'est ce que vous avez suivi. On avait compris également que la techouva est indispensable pour la kapara, mais que la kapara n'est pas indispensable pour la techouva.
C'est à ce propos qu'il y a un débat très, disons, fondamental, qui sépare le judaïsme du christianisme. Pour le christianisme, c'est l'expiation qui est l'essentiel; la techouva ne sert à rien s'il n'y a pas eu expiation. Tandis que dans le judaïsme, c'est exactement le contraire. La techouva est indispensable, l'expiation, si possible. C'est-à-dire que ça reste une dette. Mais même s'il n'y a pas eu expiation, même s'il n'y a pas eu kapara, la techouva est acceptée. Il y a le pardon. Jusque-là, vous avez compris ? Il y a aussi des questions, parce que ça va devenir de plus en plus compliqué.
Donc si quelque chose n'est pas clair au début du cours, la grande règle, c'est qu'il faut poser la question dès le début, parce qu'il n'y a aucun espoir que la suite du cours rende les choses plus simples. Tout est clair ? Génial. Je suis heureux pour vous. Maintenant vous avez une interro là-dessus. Je suis prêt à répondre à l'interro ? Pas déjà. Bon, d'accord. Alors on y reviendra pour l'instant.
Maintenant, qu'est-ce qui se passe si le bouc émissaire a été envoyé, mais qu'il n'y a pas eu de techouva préalable ? Qu'est-ce qu'il en est des péchés ? Ils sont pardonnés ou pas ? Est-ce qu'il y a expiation ou pas ? On a envoyé le bouc émissaire, mais il n'y a pas eu de techouva. Vous dites non. C'est ce qu'on pourrait penser. Et là, nous avons une petite surprise dans le texte du Rambam: Aval, im lo assa techouva, eino sa'ir mekhaper, le bouc n'expie pas, et là, seulement pour les péchés légers.
Il y a ici une surprise, c'est une bombe sur le plan moral, ce qui est écrit là. Ça voudrait dire qu'il y a des péchés qui sont expiés même s'il n'y a pas eu techouva, et d'autres qui ne le sont pas. Les péchés légers sont expiés qu'il y ait eu techouva ou pas, tandis que pour les péchés graves, il faut impérativement la techouva.
Vous avez compris le problème que ça pose ? C'est exactement le contraire de tout ce qu'on avait dit jusqu'à présent, qui consistait à comprendre la kapara, l'expiation, dans le cadre d'une équation morale. Et là, on nous dit: qu'il y ait eu techouva ou qu'il n'y en ait pas eu, le bouc émissaire suffit pour expier les péchés légers. Et de quel droit ?
— Qu'est-ce qu'on entend par péché grave et péché léger ?
Ça, c'est la question que pose le Rambam. J'ai compris la question. Cette question est posée par le Rambam lui-même dans la suite. Est-ce que quelque chose n'est pas clair ? Je suis là pour ça. Je fais exprès d'ailleurs d'employer une expression que je n'explique pas, pour savoir si les élèves qui ne savent pas ce que ça veut dire auront le courage de dire ce que ça veut dire. Ça fait partie de la pédagogie. Donc c'est un truc que vous allez apprendre au cours de l'année: souvent, je n'explique pas certaines notions exprès, pour qu'on pose la question.
Eh bien, c'est très simple. Le bouc émissaire est un bouc. Qu'est-ce qu'un bouc ? C'est un animal, et c'est en fait le mâle de la chèvre, qui a passé deux ans. Voilà, c'est ça, un bouc. Il y a même une petite barbichette, le bouc. Il y a un lieu qu'on appelle le Temple de Jérusalem. Vous êtes au courant de ça ?
— C'est un livre en anglais, c'est ça ?
Dans le Temple de Jérusalem, à l'époque où le Temple existait, le jour de Kippour, il y avait tout un travail qui se faisait: plusieurs sacrifices étaient présentés et, entre autres, deux boucs étaient amenés dans le parvis du Temple. Un des deux boucs était abattu et présenté sur l'autel, et son sang était présenté dans le Saint des Saints, le Kodesh HaKodachim. Est-ce que ça va ? Tout est clair ? Dans le Saint des Saints, c'est-à-dire la pièce la plus intérieure du Temple, là où se trouve l'Arche d'Alliance. Donc une partie de ce sang était amenée et aspergée là-bas. Ça faisait partie de la cérémonie d'expiation.
Il y avait un deuxième bouc, qui, lui, n'était pas présenté en sacrifice, mais était envoyé dans le désert. Il était envoyé à une distance de douze kilomètres de Jérusalem. On l'amenait dans un lieu de vallées encaissées, et il était précipité dans l'abîme. Il se fracassait, il se divisait en morceaux, en bas de …
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