Le bouc émissaire et la techouva collective
Pourquoi le bouc de Kippour expie-t-il sans techouva individuelle ? Le rôle du Kohen Gadol et du corps collectif d'Israël.
Rav Oury Cherki
Ensuite : Le jour de Kippour expie-t-il par lui-même ?, 52 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Shalom tout le monde. Nous sommes donc dans le chapitre Aleph. Ce qui veut dire que, pour ceux qui ont des photocopies, comme je suis heureux de le constater, c'est dans la deuxième page. C'est-à-dire que si vous prenez le premier feuillet et que vous le retournez, vous trouvez la deuxième page. Ça, c'est la première, ça, c'est la deuxième. Bon. Sa'ir HaMishtaleach, le bouc émissaire. Lo... Sheou kappara 'al kol Israël, puisqu'il vient faire l'expiation de tout Israël.
Le Kohen Gadol se confesse sur lui en employant le langage de tout Israël. Il dit: « Tout Israël a péché », etc. Ché néémar: ainsi qu'il est dit, véhitvada 'alav et kol 'avonot Bné Yisraël, il confessera sur lui tous les péchés des enfants d'Israël. Ça, nous l'avons étudié la dernière fois, n'est-ce pas ?
Bon, certainement vous avez révisé. Oh là là, c'est terrible. Et on avait fait ça la dernière fois ? Très bien. Alors maintenant nous continuons, la suite: Sa'ir HaMishtaleach, le bouc émissaire, mekhaper 'al kol 'avérot shebatorah, hakalot vehachamourot. Il expie tous les péchés de la Torah, qu'ils soient légers ou graves. Ce n'est pas clair ? Très bien.
C'est-à-dire que par le bouc émissaire, tous les péchés sont expiés. Comment c'est possible ? Pourquoi pas ? C'est très facile. Je ne sais pas, est-ce que vous avez essayé de prendre le bouc, vous, et de l'amener dans le désert ? Mais enfin, ce n'est pas ça qui est important. L'explication, on l'a vue, c'est que ça demande une condition préalable: la techouva, n'est-ce pas ? Ben shehavar bizadon, ben shehavar bishgaga: qu'il ait transgressé volontairement, ou qu'il ait transgressé par négligence, qu'il ait été informé ou qu'il n'ait pas été informé.
Tout est expié par le bouc émissaire à condition qu'il ait fait techouva. C'est-à-dire: j'ai fait un péché, grave ou pas grave. Je reste à la maison à Kippour, je passe ma journée à me reposer, mais j'ai fait techouva. Je regrette d'avoir fait le péché, j'ai pris sur moi de ne plus le faire, j'ai fait mon examen de conscience. Et à partir du moment où le bouc est envoyé, à partir de ce moment-là, mon péché est expié. Y a-t-il des questions à ce propos ?
— Oui, vous vouliez dire quelque chose ?
— La question reste: c'est trop facile. Pourquoi est-ce que ça devrait être difficile…
Attention, attention. C'est quoi, l'expiation ? C'est quoi ? Hein ? C'est quoi, l'accaparage ?
— Oui, pardon ?
Mais personne ne voit ça. J'ai compris ce que vous dites, mais le problème, c'est que personne ne voit ça. Non, absolument pas. C'était envoyé dans le désert, dans un endroit isolé. Alors, à plus forte raison, c'est encore plus problématique.
À part ça, tout le monde… il y a des juifs partout en Erets Israël, chacun dans son coin, qui fait son Kippour, et dans le Temple de Jérusalem, le Kohen Gadol fait le travail. Mais pourquoi est-ce que ça marche ? Le problème, ce n'est pas si c'est facile ou si c'est difficile. La question est: comment ça marche ? D'accord ? Ça, c'est autre chose.
Ce qui est important à remarquer, c'est qu'à l'époque du Beit Hamikdash, tout se fait à l'échelle collective. C'est-à-dire que ce n'est pas l'individu qui agit. Merci. Ce n'est pas l'individu qui agit, c'est la collectivité qui agit.
Par exemple, si j'ai volé avec mes mains, celui qui doit faire la techouva, c'est ma langue ? La langue pourrait très bien dire: « Mais enfin, moi, je n'ai rien fait de mal. C'est la main qui a fait le mal. » La réponse, c'est que ce n'est pas la main qui a volé, ni la langue qui fait la techouva. C'est moi.
C'est ma personne. Je me suis servi de ma main pour voler, je me sers de ma bouche pour faire la techouva, mais c'est toujours le moi qui est engagé là-dedans. Simplement, ce qu'on considère, c'est qu'il y a un lien organique entre toutes les parties de mon être: entre ma main, ma bouche, ma pensée, ma volonté, tout le reste. D'accord ?
De même, à l'époque du Beit Hamikdash, l'ensemble d'Israël forme un seul organisme, un seul corps. Il y a donc une partie de nous-mêmes qui est déléguée par nous pour faire tout le travail de tout le monde à la fois. Il suffit donc d'un seul bouc pour tout régler, parce qu'il vient au nom de tout Israël.
Alors pourquoi un bouc, et pourquoi de cette manière ? Il faut rentrer plus dans le détail. Le bouc, c'est la partie violente de la vie animale. Le mot sa'ir, qui veut dire bouc, est à rapprocher du mot sa'ar, qui veut dire tumultueux. Il y a en nous des forces tumultueuses, qui sont l'origine du péché et qui ont besoin d'être écartées.
Et donc on les renvoie dans le lieu de leur origine, qui est la nature sauvage. La nature sauvage, c'est le désert inhabité, là où il y a des falaises déchiquetées. C'est le lieu de l'origine de la violence en nous, et c'est pour cela que c'est ça qui a fait rentrer le péché.
— Oui ?
Oui, alors, il y a également un autre bouc. Il y a deux boucs dans le Beit Hamikdash. Il y en a un autre qui est présenté sur l'autel. D'accord ? Donc il y a une séparation à faire entre deux forces tumultueuses qui sont en nous: une qui est sanctifiable, et une qui est…
…qui est disqualifiable, oui. Ce n'est pas un sacrifice, c'est un bouc. C'est-à-dire que si c'était un sacrifice, ça serait fait sur l'autel. C'est dans le désert, oui. Bon, ça, c'est rentrer dans tous les détails, ce n'est pas ce que le Rambam explique ici. Mais enfin, il y a un individu qui prend avec lui le bouc, qui le traîne pendant douze kilomètres, et qui arrive jusqu'à un endroit très précis dans le désert, et là-bas il le jette de la falaise.
— Non, l'autre bouc, lui, va être sacrifié sur l'autel.
— Pourquoi ?
Justement, pour le sanctifier. Il y a des forces tumultueuses en nous qui sont sanctifiables, et il y a des forces tumultueuses en nous qui sont disqualifiables. Donc on fait deux boucs: il y en a une partie sanctifiable, et une autre qui est rejetée.
— Une kavana de la part du Kohen ?
Il s'en fiche pas mal. Les Béné Israël, ils sont à la maison en train de jouer aux dames, pendant que…
— Comment ça, vous ne comprenez pas ?
Non, il y a une kavana, si vous voulez, de manière diffuse, qui est le fait de jeûner. Je jeûne, donc je participe à ce que fait le Kohen. Un peu comme la reine Esther, qui dit: moi, je vais aller voir le roi, mais jeûnez à ma place, jeûnez pendant que je fais ça. D'accord ? C'est une sorte de participation. Mais en tout cas, c'est ce que… oui ?
— Azazel !
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