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Vaera : la sortie d'Égypte, un tri entre Israël et l'Égypte

Pourquoi les plaies frappent l'Égypte, et pourquoi Hachem se révèle d'abord comme nation à Israël.

17 min

Rav Yoël Benharrouche

Ensuite : Vaera : la Gueoula comme réparation de la Daât, 1 h 07

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Shalom, mes chers amis, toutes mes bénédictions de bonheur. Nous sommes dans la paracha de Vaera, en plein processus de la sortie d'Égypte, de la libération du peuple d'Israël, de l'intérieur même de ce ventre égyptien qui ressemble, d'après nos sages, à la matrice d'une maman qui a donné naissance au peuple d'Israël. En effet, le peuple d'Israël, en tant que tel, est né en Égypte, comme s'il avait été accouché par la maman égyptienne. D'où l'interdiction de revenir en Égypte, comme s'il s'agissait d'un acte de ce qu'on appelle en hébreu des harayot, c'est-à-dire un acte interdit, incestueux, où l'enfant a des rapports avec sa propre maman.

Il en découle une interdiction très forte de repartir en Égypte, de repartir dans l'exil, de repartir dans ce ventre qui a vu naître cet enfant. Il y a donc ici quelque chose de primordial, d'essentiel même, et nous devons comprendre qu'il s'agit d'un grand processus. Afin de comprendre ce processus de la sortie d'Égypte, car ce processus est la matrice de toutes les sorties, c'est-à-dire de toutes les libérations futures du peuple d'Israël durant son histoire, il faut se rappeler que l'exil en Égypte était la matrice de tous les exils. Ainsi, la délivrance sera la matrice de toutes les délivrances.

Et on nous rappelle dans la paracha, dès le début, que l'Éternel, le tétragramme, Yud Kei Vav Kei, est le Dieu d'Abraham, d'Yitzhak et de Yaakov. Autrement dit, Hakadosh Baruch Hou est en train de préparer Moshé Rabbénou à parler aux enfants d'Israël. En effet, jusqu'à présent, Moshé a essentiellement parlé aux pharaons. Et pour expliquer aux pharaons la sortie d'Égypte, il ne pouvait pas s'adresser à lui par le biais de la valeur nationale d'Israël. Il va donc utiliser le côté religieux. Il va parler au Pharaon de la

religion, de l'intérêt de sortir dans le désert pour faire des sacrifices au Dieu d'Israël. C'est un langage que le Pharaon peut comprendre, peut entendre. Il n'aurait pas pu comprendre ni entendre une parole de Moshé qui dirait que le peuple d'Israël a une valeur de nation, et que cette nation devra sortir d'Égypte pour former elle-même une nouvelle royauté, la royauté d'Israël, qui serait un jour même l'ennemi de cette Égypte. Ça, on ne peut pas l'entendre, et pour cause.

C'est pourquoi, à partir de maintenant, Moshé, par rapport au peuple d'Israël, est obligé de révéler la valeur nationale de ce peuple. Donc, je répète: au Pharaon, il a parlé un langage religieux, entre guillemets, et au peuple d'Israël, Hakadosh Baruch Hou lui demande de parler un langage de nation, pour que le peuple comprenne qu'il n'est pas une religion, qu'il s'agit d'une nation qui est en train d'être libérée et qui va être porteuse de la parole divine.

Et donc le texte nous dit: ce nom-là, El Shaddaï, c'est avec lui que je me suis montré à Abraham, Yitzhak et Yaakov. Les Hakhamim nous disent que c'est le nom par lequel je promets. Mais je ne me suis pas fait connaître par mon nom, le tétragramme, c'est-à-dire le nom qui réalise les promesses. Avec des mots simples, Hakadosh Baruch Hou est en train de dire à Moshé Rabbénou: j'ai promis beaucoup de promesses à tes pères, à nos pères, Abraham, Yitzhak et Yaakov, et ils n'ont vu presque aucune réalisation de ces promesses. Et maintenant est arrivé le temps de la réalisation.

Et donc le nom d'Hachem, le tétragramme, va apparaître seulement maintenant dans l'histoire humaine, accompagné de la sortie d'Égypte. Car il y a maintenant révélation de la nation qui va être porteuse de ce message divin, de ce nom divin du tétragramme. Lorsque Moshé parle au Pharaon, il parle un langage; lorsqu'il s'adresse au peuple d'Israël, il dit immédiatement le pourquoi de la libération: tout simplement, je dois accomplir, maintenir mes promesses, mon alliance, et la réaliser.

Il y a donc ici un langage clairement au niveau de la nation, qui n'a rien à voir avec le côté religieux par lequel Moshé parlait au Pharaon. Il y a donc ici quelque chose de nouveau. Il y a un langage approprié à chacun. Pour Pharaon, qui n'est pas capable d'entendre autre chose, Moshé va lui parler d'une manière religieuse. Le peuple d'Israël, qui doit savoir quelle est sa racine, quelle est sa source, quelle est son identité, doit savoir que sa terre est la terre d'Israël et que pour l'instant il se trouve sur une terre étrangère.

Pourquoi la sortie d'Égypte ne se fait-elle pas d'une seule traite ? Pourquoi Hakadosh Baruch Hou a-t-il besoin de faire passer toutes ces plaies sur l'Égypte afin de faire sortir et libérer le peuple d'Israël de là-bas ? En réalité, le but de toute cette sortie, c'est la reconnaissance de l'Égypte du nom d'Hachem. Tant que l'Égypte ne connaît pas le tétragramme, le nom d'Hachem, c'est comme si on avait œuvré dans le vide. Le verset le dit clairement.

Nous avons tous l'habitude de croire que les plaies étaient là pour impressionner les enfants d'Israël, pour qu'ils voient la grandeur de Dieu. En réalité, c'était tout le contraire, car les enfants d'Israël n'ont pratiquement rien vu de toutes ces plaies. Aucune plaie d'Égypte n'était visible par les enfants d'Israël. Au moment où il y avait du sang en Égypte, les enfants d'Israël buvaient de l'eau, normalement. Lorsqu'il y avait la plaie des ténèbres, les enfants d'Israël avaient de la lumière. Et bien entendu, toutes les plaies étaient dirigées vers l'Égypte, mais le peuple d'Israël ne voyait rien de tout cela.

En réalité, il y a quelque chose de fondamental dans ce que nous avançons maintenant: la Torah se préoccupe de l'Égypte d'une manière assez grande, assez importante. Je dirais même que c'est presque exagéré, tellement la Torah parle de l'Égypte, et notamment du Pharaon, le roi de l'Égypte. En réalité, l'Égypte était la terre qui devait recevoir le peuple, qui devait recevoir le dévoilement de Dieu. Le problème, c'est que cette nation était complètement dégradée au niveau de la morale. Hakadosh Baruch Hou va donc faire passer ce message à l'Égypte via Israël. Israël va être le porteur du message, pour que ce message arrive finalement aux nations du monde.

Autrement dit, le message divin n'est pas que pour Israël. Le message divin est universel. Mais la Torah vient nous prouver que lorsque Dieu voulait directement passer son message aux nations du monde, en passant par l'exemple le plus grand des nations du monde, c'est-à-dire l'Égypte, ça n'a pas marché. Les nations du monde n'ont pas les ustensiles adéquats pour recevoir directement la lumière divine. Ce qui prouve donc que c'est par Israël que cette lumière devra passer pour arriver finalement aux nations du monde.

Il y a donc ici quelque chose de fondamental. Toute cette sortie d'Égypte n'est qu'un tri, pour savoir si Israël sera le porteur du message pour l'humanité, ou bien si l'Égypte, qui est à l'époque un empire mondial, est capable, elle, d'être porteuse de ce message divin. Les Égyptiens sont donc les premiers à vouloir prendre la place d'Israël, et toutes les plaies sont là pour dire non. « Moi, l'Éternel, j'ai choisi depuis la création du monde …

Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche

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