Amalek, le refroidissement de la route vers la liberté
Rachi lit Amalek en trois mots (kar, kéri, kor) : le doute et l'impureté qui refroidissent l'élan d'Israël.
Rav Rony Akrich
Ensuite : Myriam, les femmes et le puits de l'espérance, 20 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Boker tov, cher téléspectateur de la télévision de Machon Meir. Nous sommes heureux de vous retrouver une nouvelle fois dans cette rencontre en tête-à-tête avec Rav Yoël Benaroche. Boker tov, mon ami Rav Roni Akrish. Chalom lehachem, chalom lékoulam. Cette semaine, nous allons essayer de vous entretenir, puisque très prochainement, dans quelques jours, nous allons traiter de Chabbat Zakhor, c'est-à-dire de ce Chabbat où nous rappelons l'hégémonie d'Amalek à l'encontre d'Israël au moment de sa sortie d'Égypte, Chabbat Zakhor qui précède toujours les fêtes de Pourim.
Alors Yoël, entre la mer et la montagne, Israël, à Réphidim, va rencontrer Amalek. En vérité, il ne cherche point à rencontrer ce genre de personnage ou ce genre de population.
— Et nous avons véritablement l'impression, d'après le texte tel qu'il est exprimé dans le livre de Chemot, qu'Amalek va profiter d'une situation, c'est-à-dire aller à la rencontre de ceux qui traînent la patte, si je peux m'exprimer ainsi, pour agresser Israël, comme s'il avait l'intention de déstabiliser cette liberté, cette sortie d'Égypte, se prendre de la liberté, comme dit le Rav Kook. Ayant prêté attention à ceux qui traînaient la patte, se disant peut-être que si tout va pour le mieux, nous suivrons Moché, mais si tout va pour le mal, nous retournons en Égypte. C'est là qu'Amalek frappe.
— Tout à fait. Le fait de lire ce passage d'Amalek avant Pourim, c'est un message.
Un message qui dit qu'on ne peut pas arriver à une notion de plénitude, de joie et de simha, comme nous devons l'être à Pourim, sans auparavant avoir fait un nettoyage de cette structure amalécite qui se trouve à l'intérieur de nous-mêmes. C'est-à-dire que Amalek, comme tu viens de le dire, nous attaque au moment où nous sommes dans la sortie.
C'est-à-dire que Amalek n'attaque pas lorsque nous ne sommes pas encore sortis, c'est au moment où nous sommes déjà sortis mais pas encore arrivés. Nous sommes dans un cheminement, dans une démarche de vie, dans une évolution de vie, et apparemment, si on n'est pas dans la conscience totale de cette évolution, si nous ne sommes pas dans la certitude de l'endroit vers lequel nous allons, de l'idéologie vers laquelle nous allons aller pour vivre, eh bien Amalek attaque, et malheureusement il fait des dégâts chez ceux qui ont cette faiblesse de l'incertitude. Parce que là, peut-être est-ce plus plausible de venir et de contrecarrer le projet,
c'est-à-dire la révélation divine qui se trouve dans le processus même de la libération. Et dans cette volonté de contrecarrer le projet divin, il y a peut-être aussi une volonté de contrecarrer le sacré qu'il y a dans cela, le kedousha, mais en fin de compte, cela revient au même. Regarde à quel point: lorsque nous allons être arrivés, il sera même impossible d'affirmer, d'instaurer la royauté à part entière, dans l'absolu de la royauté, si ce n'est que nous ayons pu éradiquer auparavant la présence du mal absolu, que j'appelle, moi, un mal absolu génocidaire.
Parce que son but est foncièrement, en tout cas, je dis « contrecarrer » tout à l'heure, mais c'est un bien faible mot: il veut essayer de refroidir totalement les ardeurs de l'absolu d'Israël. Mais en plus de cela, cette attaque n'est pas adressée au départ aux individus. Certes, ce sont les individus qui sont en dehors de la nuée qui sont touchés.
Mais en réalité, dans le terme qui définit cet ennemi, qui est en réalité une notion et non pas seulement un groupe d'hommes, il y a en premier lieu le terme de Am. Am Malek. Et les sages dans la Guemara nous font comprendre qu'en réalité, Am Malek ne vient pas attaquer des individus. Il vient attaquer un peuple qui vient de sortir d'Égypte, parce qu'il a une direction de vie.
Pour arriver à traduire ces valeurs divines sur terre, les valeurs divines enfermées en Égypte doivent prendre vie sur la terre d'Israël. Et dans ce chemin, en plein milieu de cette démarche psychique, idéologique, de Torah, de perception des choses, Amalek va attaquer. C'est-à-dire qu'il vient prendre et paralyser la notion du peuple d'Israël, et non pas la notion de ses individus seulement.
Il y a dans le verset lui-même de Chemot quelque chose qui m'interpelle. Lorsque je lis, on aurait pu penser, et tu seras peut-être d'accord avec moi, que le verbe aurait dû être…
Le texte vient nous rapporter un événement dans l'histoire qui se déroule sous nos yeux et qui vient, en tout cas, préciser le mouvement de cette scène de l'histoire. Vayilachem: dans ce futur, on a véritablement l'impression d'une intention qui viendrait nous dire que la guerre présentement présentée dans le texte de Chemot ne l'est pas simplement pour ce temps où cela se déroule, mais dans ce vayilachem futur, il y a, comme je le disais il y a un instant, cette intention de nous préparer à ce qui sera, à travers Amalek de Réphidim, Amalek des temps ou Amalek des générations à venir.
Effectivement, et en plus de cela, puisque cette attaque a lieu dans ce lieu que les sages essaient de développer, c'est-à-dire qu'en hébreu, tu sais bien que les lettres veulent nous initier à quelque chose de beaucoup plus profond. La notion de Réphidim: les sages nous disent que l'endroit, le lieu ou le niveau de conscience, c'est-à-dire qu'ils ont laissé en réalité le peuple d'Israël à cette époque-là, il y a une certaine faiblesse qui est sensible, et qu'Amalek s'est détecté pour entrer. Et c'est là où je veux traduire le mot vayilachem, non seulement comme quelqu'un qui vient combattre, mais quelqu'un qui vient se souder. C'est-à-dire une soudure. Il vient se coller à l'intérieur, se greffer à l'intérieur du système d'Israël pour empêcher, en réalité, la réalisation de l'Éternel sur terre, pour empêcher la réalisation des valeurs de l'éternité de se révéler à travers ce peuple.
— J'entends lorsque tu dis quelque chose qu'on nous a enseigné il y a très longtemps, et que certainement nombre de nos téléspectateurs connaissent: lorsque nous disons que les Hébreux aiment à jouer aux chiffres et aux lettres, bien avant France 2 et Armand Jameau, à savoir qu'Amalek a la même guématrie que le doute, safek. Il y a dans ce que tu dis à l'instant quelque chose d'absolument extraordinaire, c'est-à-dire que cet accollement, dans le sens de col, eh bien c'est une réalité, tout le temps, où véritablement ce doute, cette incertitude, s'insère dans la manière d'être profonde d'Israël. Et c'est peut-être pour cela, en tout cas, que le verbe garde aussi sa fonction future, c'est-à-dire d'un autre devenir, qui est intéressant.
Je t'amène aussi vers quelque chose qui m'interpelle: c'est le propos de Rachi vis-à-vis de cet événement, où il donne trois explications concernant l'attitude d'Amalek. Il dit asher karkha lachon kor, après il parle de kéri lachon touma, et après mikré, en rapport avec azar, si l'on peut s'exprimer ainsi.
J'ai bien sûr quelque chose à rajouter là-dessus, mais avant, ça m'intéresse de t'entendre sur ce Rachi qui, de trois manières différentes, vient nous interpeller sur cette rencontre qui, au-delà de la guerre, de la belligérance, du conflit, nous …
Cours de Machon Meir
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