Maïmonide : la techouva expie tous les péchés
Sans Beit Hamikdash, la techouva seule suffit à l'expiation, mais elle doit être complète, et les épreuves restent à traverser.
Rav Oury Cherki
Ensuite : Techouva et kappara : rétablir l'équilibre après la faute, 53 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Shalom à tous. Il me semble que nous avons étudié les deux premières halakhot de Hilchot Techouva, ou est-ce que je me trompe ? Nous avons commencé la troisième ? Non. Donc nous allons commencer la troisième. Je lis ici le texte: Bazman hazeh. Ça veut dire quoi, bazman hazeh ? En ce temps-là, c'est-à-dire le temps de l'exil. She'en Beit Hamikdash kayam, lorsque le Temple n'existe pas. Enfin, il n'est pas établi. Ve'en lanou misbe'ah kapara, nous n'avons pas d'autel expiatoire. C'est embêtant, tout ça. On avait compris qu'une fois qu'on a fait techouva et qu'on a fait le vidouï, il faut également expier, ce qu'on appelle la kapara. Vous vous rappelez de ça ?
Et qu'est-ce qui fait la kapara ? On avait vu, c'était le bouc. Le bouc émissaire. Et aujourd'hui, il n'y a pas d'autel, il n'y a pas de bouc émissaire. Que faire ? Il n'y a plus de kapara, il ne reste plus que la techouva. Et là, il jette une bombe: a techouva mechapéret al kol ha'averot, la techouva expie tous les péchés. Ah bon ? Alors à quoi sert le Temple ?
Ça ne sert à rien. On pourrait même dire que, grâce à la destruction du Temple, la techouva a monté en grade. Auparavant, la techouva n'était qu'une condition à l'expiation, mais elle n'était pas l'expiation elle-même. Il fallait également envoyer le bouc émissaire. Tandis qu'aujourd'hui, il suffit de faire techouva, ça marche. Tout seul. C'est même plus rentable, donc, de ne pas construire le Temple. Vous savez combien ça coûte ?
Je ne parle pas simplement de la construction, je parle de l'entretien. Vous savez ce que ça veut dire, le salaire d'un Kohen Gadol ? Sans parler des rivalités politiques et de tout ce que ça implique. Et toute la logistique du Beit Hamikdash. C'est une fortune. Tandis que là, on dit: voilà, tu fais tes chouvas, c'est réglé, ça marche. Alors pourquoi le Beit Hamikdash, mon flan ? Avez-vous compris ma question ? Je pense qu'elle est très forte. Bon, essayons de comprendre un peu ce que ça veut dire.
Il y a une différence très importante entre la manière dont était vécu le jour de Kippour à l'époque du Beit Hamikdash et la manière dont il est vécu de nos jours. Est-ce que nous en avons parlé ? Oui. Vous vous rappelez qu'on avait parlé des jeunes filles, des danses, tout ça ? Très bien. Cela veut donc dire qu'en fait, le jour de Kippour à l'époque du Beit Hamikdash est un jour de joie, ce qui n'est pas exactement le cas de nos jours. Pourquoi est-ce un jour de joie ?
Parce que c'est un jour où l'expiation est faite pour tout Israël, en tant qu'entité collective. Mais maintenant que le Beit Hamikdash est détruit, ce processus de techouva au niveau de la collectivité, au niveau du clan, n'existe pas. Et donc, je dois prendre sur moi, tout seul, de faire tout le travail du Kohen Gadol. Or le Kohen Gadol, lui, travaillait dur le jour de Kippour. Eh bien, moi aussi, je travaille dur le jour de Kippour.
Je dois faire un examen très profond de la conscience et tout le reste. On prie toute la journée, debout toute la journée. Certains ne dorment pas, d'ailleurs, la nuit de Kippour, et restent debout vingt-cinq heures. On peut donc comprendre que quelque chose a changé, c'est-à-dire que c'est vrai que c'est plus efficace. La techouva que je fais le jour de Kippour, de nos jours, rentre dans les profondeurs les plus intimes de mon être.
Et donc la techouva fait un nettoyage très fort. On peut dire que la techouva entraîne l'expiation. Surtout qu'elle est dure. Or il y a une certaine difficulté dans la techouva qui fait le travail de l'expiation. Mais je languis avec une grande nostalgie la façon dont Kippour était vécu au temps du Beit Hamikdash. C'est-à-dire que je languis la techouva collective.
— Oui. Comment ?
Alors si on va au niveau… si on recherche la facilité… Peut-être. Mais ce n'est pas de cela qu'il est question. Ce qui nous importe ici, c'est la dimension, le niveau de la vie. Voilà la dimension dont il est question. Il est plus facile d'être un ver de terre qu'un homme. Mais c'est mieux d'être un homme qu'un ver de terre, bien que certains, tout en étant des hommes, aient une vie de ver de terre. D'accord ? Il y a également des niveaux intermédiaires: celui d'un lézard, d'un singe, d'un…
— Oui ? Oui ?
Je reprends donc ici ce que dit le Rambam. La techouva fait l'expiation de tous les péchés, même s'il a été méchant toute sa vie, mais qu'il a fait techouva en dernier lieu.
C'est dans quel livre, ça ? Vous avez dit quoi ? Yehezkel, n'est-ce pas ? En français, on dit Ézéchiel. Et quand on dit en hébreu… Non, là, c'est l'énorme erreur de tous les francophones qui arrivent en Israël, qui pensent que Ézéchiel se dirait en hébreu Yehezkiel, ce qui est faux. C'est Yehezkel. D'accord ? C'est vrai qu'en français on dit Ézéchiel, mais en hébreu on dit Yehezkel. Ça fait partie de la série des erreurs de prononciation de l'hébreu chez les olim ḥadashim, comme par exemple ceux qui donnent comme nom à un quartier de Jérusalem « Bedvagan ».
C'est totalement faux, c'est Beit Vagan. Ils disent « Beit Vagan », ce qui voudrait dire la maison de Vagan. En fait, c'est « maison et jardin », donc c'est Beit Vagan. D'accord ? Et d'ailleurs, si vous allez en vieille ville, vous n'irez pas dans la Rova, mais vous irez au Rova. Rova est un masculin, pas un féminin. Voilà, tout ça, je me contente de ça pour l'instant. Je reprends donc ici l'histoire de celui qui a fait techouva en dernier lieu.
Considérez quelqu'un qui, pendant quatre-vingt-dix ans, a été très méchant, qui a commis tous les péchés de la terre, mais qui a encore vécu deux mois en tant que tsadik. On dit alors: puisque dans les deux derniers mois vous avez été tsadik, eh bien, ça va, tout marche. Quel est le rationnel de cette halakha ? Il y a pour cela deux modes d'explication: il y a l'explication courante,
et il y a l'explication véritable. Commençons par la médiocre, donc fausse, celle qui est enseignée dans les synagogues de quartier. On dit: celui qui a fait techouva, c'est un homme nouveau. L'homme qui a fait le mal a disparu, il n'est plus là. Donc nous avons ici un homme qui a en tout et pour tout deux mois de vie, mais ces deux mois ont été…
Deux mois de tsadik. Donc il est jugé en tant que tsadik. Rêve du calme là. Donc il est jugé en tant que tsadik, et celui qui, pendant quatre-vingt-dix ans, a été méchant, il n'existe pas, celui-là. D'accord ? Un homme nouveau. Ce mode d'interprétation est en fait très pessimiste. Il veut dire que la partie mauvaise de l'homme est irréparable, irrécupérable. On n'a rien à en faire.
Cours de Machon Meir
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