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Santé et maladie de l'âme selon le Rambam

Le Rambam compare la morale à la médecine : une âme saine aime le bien, une âme malade prend le mal pour le bien.

55 min

Rav Oury Cherki

Ensuite : Moshé et l'eau du rocher : la colère qui révèle l'humain, 52 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Je crois que nous en sommes au troisième chapitre, n'est-ce pas ? Ce que dit le Rambam au début, c'est qu'il y a cholé ha-nefech et cholé ha-guf, la maladie de l'âme et la maladie du corps. Ce qu'il nous dit, c'est qu'il y a ce qu'on appelle la santé de l'âme. Il y a donc la maladie de l'âme.

En hébreu moderne, cholé nefech signifie un déséquilibré mental. Mais dans l'hébreu du Moyen Âge, celui qu'emploie ici le Rambam, ça ne veut pas dire un déséquilibré mental. C'est un déséquilibré moral. On est en bonne santé morale ou en maladie morale.

Qu'est-ce qu'on entend par là ? La santé de l'âme, c'est lorsque sa nature et la nature de ses parties sont des natures qui l'entraînent à faire toujours le bien, et les actions convenables. La maladie de l'âme, c'est lorsque sa nature et la nature de ses parties sont des natures qui l'entraînent toujours à faire le mal, et les actions désapprouvées.

Est-ce que vous avez suivi ? Si je dis qu'une âme est en bonne santé, c'est une âme qui est portée à faire le bien. Une âme en mauvaise santé, c'est une âme portée à faire le mal. Est-ce que ça veut dire que l'âme qui est portée à faire le bien fait toujougs le bien ? Non, pas forcément. Elle peut en être empêchée. Elle peut se tromper. Mais la nature, si on laissait les choses aller selon leur cours, elles ne feraient que le bien. Pour l'instant, ça tient. D'accord ?

On dit que le fils d'un ingénieur en informatique demande à son papa pourquoi le soleil se lève à l'est et se couche à l'ouest. Et son père lui répond: ça marche, ne touche pas.

Maintenant, qu'est-ce qu'on va définir exactement ? Il faut définir quelles sont les bonnes actions et les mauvaises actions. Et on peut se tromper. Par exemple, l'un va vous dire que telle action est bonne, et l'autre dira: pas du tout, cette action que tu penses bonne est mauvaise. C'est donc un problème.

Un malade est persuadé que le doux est amer et que l'amer est doux, parce que sa capacité du goût est altérée. C'est ce que dit ici le Rambam. Il va faire une analogie. Incroyable: le Rambam va faire une analogie avec la médecine.

Nous savons que la santé et la maladie du corps sont ce qu'étudie la médecine. De même que ceux qui sont malades dans leur corps imaginent, à cause de la détérioration de leur sens, que ce qui est amer est doux et que ce qui est doux est amer,

ils renforcent leur plaisir et leur désir avec des choses qui ne donnent aucun plaisir à ceux qui sont en bonne santé, et qui peuvent même entraîner la douleur.

Un malade du corps est parfois intoxiqué, et il peut donc se tromper sur la bonne utilisation des aliments, par exemple. Il donne alors des exemples: comme manger de la terre et du charbon. Il y a des malades qui mangent du charbon, et ils pensent que c'est bon. D'ailleurs, qui fait ça ? Les fumeurs, par exemple. Ils mangent du charbon.

De même que toutes ces choses putréfiées et très acides. J'entends par là, par exemple, la vodka, le whisky. Il faut être fou pour manger, pour boire ces choses-là. Et de tous ces aliments que les gens en bonne santé ne désirent pas, et qu'au contraire ils rejettent: c'est cela, chez les malades du corps.

De même, ceux qui sont malades de l'âme, j'entends par là les méchants et ceux qui ont beaucoup de défauts moraux, pensent que ce qui est bien est mal, et que ce qui est mal est bien. C'est-à-dire que les gens qui sont malades au niveau moral ont perdu le sens de la différence entre le bien et le mal, et vont même jusqu'à les intervertir.

Ils vous diront: cette chose que tu penses bien, en vérité, c'est mal, et inversement. L'homme méchant désire toujours des choses inimaginables qui sont en vérité du mal, mais à cause de la maladie de son âme, il s'imagine que c'est le bien.

Il y avait récemment à la radio un débat entre un rabbin et une députée à la Knesset. Le rabbin a dit: l'homosexualité est contraire à la manière dont Dieu a créé le monde. La députée a répondu: mais pourquoi est-ce qu'il mêle Dieu à ça ? Depuis la création du monde, les choses ont changé. D'accord ? C'est-à-dire que parfois on considère que des évolutions sont forcément positives. Il peut y avoir aussi des décadences dans certaines sociétés. C'est normal.

Donc la maladie de l'âme entraîne les hommes à considérer que des choses qui sont bonnes pour tous les autres sont en fait mauvaises, et inversement. Par exemple, il y avait en Amérique un assassin qui avait tué pas mal de monde de manière très froide. Lorsqu'il est passé à la chaise électrique, il a dit: c'est ça que je reçois pour tout le bien que j'ai fait à la société. C'est-à-dire qu'on peut effectivement arriver à un renversement des valeurs.

Être malade ou en bonne santé, c'est quelque chose qui dépend de son initiative. Par exemple, quelqu'un qui est malade du corps doit s'occuper de sa santé, et il y a des choses qu'on peut faire. De même au niveau moral. Au niveau moral, il y a un processus qui s'appelle la téchouva. On peut faire téchouva.

Maintenant, il y a différentes sortes de malades. Il y a le malade qui sait qu'il est malade, et le malade qui ne sait pas qu'il est malade. Ça fait donc deux sortes. Maintenant, nous allons diviser une des deux sortes en deux: celui qui sait qu'il est malade et qui se soigne, et celui qui ne se soigne pas. Ça nous fait combien de sortes ? Trois.

Il y a celui qui ne sait pas qu'il est malade, donc il ne se soigne pas. Il y a celui qui sait qu'il est malade et ne se soigne pas. Il y a celui qui sait qu'il est malade et se soigne. Ça, c'est vrai dans le monde physique. Le Rambam va nous dire que c'est vrai également dans l'univers moral, de même que chez les malades physiques.

Quand les malades savent qu'ils sont malades mais ne connaissent pas la médecine, ils interrogent les médecins: « Je suis malade, mais je ne sais pas comment me guérir. » Ils vont donc chez le médecin pour qu'il leur dise ce qu'il faut faire pour guérir. Il leur apprend ce qu'ils doivent faire, il les avertit de ne pas consommer les choses qui leur semblent agréables, et il les oblige à prendre des choses repoussantes, amères.

On dit: voilà, il faut que tu prennes ce sirop-là. Mais ce sirop est dégueulasse. Oui, mais c'est ça qui va te guérir. D'accord ? Ou bien une chose absolument délicieuse, l'huile de foie de morue. Vous connaissez certainement: c'est quelque chose de délicieux, mais qui n'est pas apprécié de tout le monde, et qui, d'après les légendes des vieilles grand-mères, est …

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