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Le juste milieu et les excès des tsadikim selon le Rambam

Le Rambam explique que certains tsadikim ont pratiqué des excès pour corriger un penchant opposé, et le Rav Kook en tire une lecture plus large.

48 min

Rav Oury Cherki

Ensuite : Les cinq parties du Nefesh selon le Rambam, 50 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Shalom tout le monde. Nous sommes donc au quatrième chapitre. Nous avons vu que, d'après le Rambam, il existe un idéal moral, appelé chvilat ha-zahav, c'est-à-dire la voie d'or, ou en tout cas le chemin moyen. Les midot se situent entre deux extrêmes.

Nous avons vu qu'il y a, dans l'histoire, de nombreux tsadikim qui ont vécu de manière extrême. Qu'est-ce que dit le Rambam ? Je ne me rappelle pas toujours par cœur, ni jusqu'au bout. Ce qu'ont fait certains des hommes pieux, miksat hassidim, miksat hazmanim, à certaines époques, miksat hanachim mehem, mais seulement une partie d'entre eux. Vous voyez déjà que le Rambam réduit la portée du phénomène. Ce n'est pas que les tsadikim se sont toujours comportés de manière extrême, c'est seulement certains d'entre eux, dans certains endroits et à certaines époques. Cela veut dire d'abord que ce sont des exceptions, cela confirme la règle. On n'a jamais vu les tsadikim dans leur ensemble se comporter de cette manière.

Et qu'est-ce qu'ils ont fait ? Je vais essayer de le rappeler, mais il faut quand même avoir un texte.

— Il y a un texte ?

Non, mais comment tu vas faire toi, alors ?

— Maintenant, il va aller les chercher ? Il aurait pu le faire à l'avance, non ?

Le cours a commencé, il aurait dû commencer à 15 heures, il est déjà 15 heures et quart. Apporter un texte au dernier moment alors qu'on en a vraiment besoin, alors que le cours est très court, ce n'est pas raisonnable. Nous sommes au quatrième chapitre, évidemment. C'est à la page 12 de la photocopie.

Page 12, au troisième paragraphe: ce qu'ont fait quelques hommes vertueux à certaines époques et dans certains endroits, mais peu d'entre eux. Ils ont fait aussi de s'incliner vers l'un des extrêmes: jeûner, et veiller la nuit, alors que l'homme est fait pour manger et pour dormir. Nous avons vu des tsadikim qui jeûnaient, et nous avons vu des tsadikim passer leur nuit éveillés. Et l'abstention de consommer de la viande et de boire du vin.

— Pourquoi ils ont fait ça ?

Ce qu'ont fait certains tsadikim, si tu avais le texte ce serait plus facile pour toi. Ah, génial. Ce qu'ont fait certains tsadikim: jeûner, ne pas dormir pendant la nuit, ne pas manger de viande et ne pas boire de vin, d'accord ? Ve-harbeh ka-taanashim. Et s'abstenir du commerce avec les femmes.

— C'est un… quoi ?

Oui, monsieur.

D'accord ? On n'a pas dit que ce n'était pas une mitsva. Pour l'instant, on se contente de décrire un comportement que nous avons vu chez certains tsadikim. Ve-lavoch tsemer ve-aser, se revêtir de laine et de poils, c'est-à-dire des vêtements simples, par exemple une peau de bête ou une peau de mouton. Ve-chanot ha-harim, s'installer dans les montagnes. Ve-yitboded bamidbarot, ou s'isoler dans les déserts. Nous avons donc vu des tsadikim faire ce genre de choses, vivre en dehors de la vie normale, de la vie des hommes ordinaires. Pourquoi ont-ils fait cela ? C'est la question du Rambam: lorsqu'ils ont fait ces choses-là, ils ne les ont faites que dans le but de se guérir, comme nous l'avons expliqué.

Cela veut dire que si nous avons vu un tsadik qui jeûne, c'est parce qu'il avait trop mangé. Si nous avons vu un tsadik s'éloigner des femmes, c'est parce qu'il avait trop de tendance à la sexualité. C'est un excès qui a dû être guéri par un autre excès. Vous vous rappelez ? On avait vu que, quand on va dans un extrême, il faut momentanément aller vers l'autre extrême. Ça, c'est la première raison.

Est-ce que cela explique des choses comme Chimchon, par exemple, qui était nazir toute sa vie ? C'est un peu problématique, ce que dit le Rambam. En tout cas, l'opinion du Rambam, c'est que ces extrêmes n'ont été faits que pour contrer un autre extrême. Oui, c'est-à-dire… Ça, c'est l'opinion du Rav Kook. Ce n'est pas l'opinion du Rambam, mais le Rav Kook dit une chose pareille. Le Rav Kook dit que, si parfois un tsadik constate que dans la société il y a un excès dans une certaine direction, alors il ira dans l'autre direction pour équilibrer la société. Ce n'est pas l'opinion du Rambam, d'accord ? Le Rambam ne parle qu'au niveau individuel.

Deuxième raison: ou-le-fi se dan ha-cha Hemina ve-gam ken, et à cause de la corruption des gens de leur ville. Lorsqu'ils constatent qu'ils sont dégradés dans leur société, lorsqu'ils voient leurs actions, à tel point qu'ils avaient peur de perdre leurs bonnes qualités à cause d'eux. Il y a parfois des tsadikim qui se sentent influencés par la société, et si la société est mauvaise, ils se sentent obligés de s'en éloigner. C'est pour cela qu'ils se sont enfuis dans les déserts, dans un endroit où il n'y a pas d'hommes mauvais.

Il y a parfois des hommes qui, toute leur vie, font cela, parce qu'ils se sentent faibles face à l'influence sociale. Ils se sentent donc obligés de se retirer du monde.

— Contradiction ?

Oui, bien sûr, c'est en contradiction. Ainsi parla Jérémie le prophète, que la paix repose sur lui: Mi yitenéni ba-midbar, melon orchim, qui me donnera d'habiter dans le désert, dans une cabane de voyageurs ? Ve-e'ezva et ami, et que j'abandonne mon peuple, ve-eleha mi-itam, que je les quitte, ki kulam menaafim, car ils sont tous adultères, atzeret bogdim, une assemblée de traîtres.

C'est Jérémie. Il sentait que, s'il restait dans la société où il vivait à cette époque, une société corrompue, il serait lui-même corrompu. Il a donc voulu quitter son peuple.

Alors, évidemment, il y a un problème: dans Hilkhot Techouva, le Rambam dit que celui qui se détache de l'assemblée d'Israël n'a pas de part au monde à venir. On pourra répondre que, pour le Rambam, il s'agit de l'assemblée d'Israël quand elle est bonne, et non quand elle est mauvaise. Cela ne tient pas avec un enseignement du Rav Kook, mais ce n'est pas grave. Dans le Rambam, en tout cas, il n'y a pas de contradiction. Le Rav Kook a toujours raison, c'est vrai.

Donc, c'est un principe fondamental. Ce que nous dit ici le Rambam: n'essayez pas de prendre exemple sur ces tsadikim-là, parce qu'ils ont agi pour deux raisons. Soit pour se guérir, soit pour fuir, mais c'était à cause des circonstances, soit des circonstances intérieures, soit des circonstances extérieures. Cela ne peut pas devenir une règle.

Ve-chachei ha-kesilim rau, et lorsque les insensés ont vu que ha-hassidim asu ha-maasot ha-elleh, que les hommes justes ont fait ces choses-là, ve-lo yadeu kavanatam, mais ne connaissaient pas leur intention, ils ont pensé que ces comportements sont un bien en soi, et ils s'y sont attachés. Be-chochvam, ils ont pensé qu'ainsi ils seraient comme ces hommes vertueux, comme les hassidim en question. Ils ont copié des tsadikim dans un comportement qui n'était nécessaire que pour ce moment-là.

C'est comme si je voyais, dans un hôpital, qu'on donne de la morphine à un blessé. Il y a eu un accident de voiture, le blessé est là, pour pouvoir …

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