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Les écrans entre l'homme et Dieu selon le Rambam

Le Rambam explique que les défauts moraux font office d'écrans séparant le prophète de Dieu, et que Moshe n'en avait qu'un seul.

52 min

Rav Oury Cherki

Ensuite : Le but de la vie selon Maimonide : zéro, un ou plusieurs, 51 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Bonjour tout le monde. Nous continuons notre étude du traité des Huit chapitres de Rambam. Nous en sommes au septième chapitre. On a commencé le chapitre ou pas ? Non, on a vu seulement le titre, n'est-ce pas ? Merchitsa verinyana, de l'écran et de sa signification. L'écran, ou la cloison. Très bien. Nous allons donc parler des écrans ou des cloisons.

De quoi s'agit-il ? Il s'agit d'un sujet qui n'est pas absolument indispensable pour comprendre les enjeux de la morale, mais il est quand même important. Harbé yimatsé bamidrachot ouva'hagadot, il se trouve beaucoup dans les Midrachim et dans les Haggadot. Vé yachmehen bagmara, on le trouve également dans le Talmud. Ché yachmehen nevi'im, que certains des prophètes…

Mishé'iré Hachem itbarakh mé'ahare mechitsot rabot, voit Dieu à travers de nombreux écrans. Il y a comme une série d'écrans à travers lesquels Dieu apparaissait aux prophètes. Ou encore, et d'autres, mishé'iréou mé'ahare mechitsot mo'atot, qui le voient à travers peu d'écrans. Ve'hafikir vatam el Hachem itbarakh.

Vous avez donc des prophètes proches et des prophètes lointains. Lointains, comment ? Lointains de Dieu. Ceux qui sont loin de Dieu ont beaucoup d'écrans, et ceux qui sont proches en ont peu. C'est la même chose. Hachemou, jusqu'au point où nos maîtres ont dit:

Moshé rabbénou alav hachalom, que Moïse, notre maître, que la paix soit sur lui, ra Hachem itbarakh, a vu l'Éternel méacharim mechitsa ehad béira, à travers un seul écran limpide, klomar mazira, c'est-à-dire transparent. Transparent. Véo omrim, et c'est ce qu'ils disent dans leur formule: Istakel ba'as pétlaria améira, on dit de Moïse qu'il a regardé à travers l'écran lumineux. Ve'aspeclaria, le mot aspeclaria, chema mar'a, c'est le nom que l'on donne au miroir. Ana assa migouf hamazir, qui est fait d'une matière brillante, késhoham ouhrouhit, comme l'onyx et le verre, kemoch ber b'sof kélim.

Comme cela a été expliqué à la fin du traité Kélim. D'accord ? Voilà. C'est justement ce que nous allons essayer de comprendre. On est là pour l'apprendre. Le Rambam nous donne donc une donnée. Dans la Guemara, on nous parle des écrans entre l'homme et Dieu. Ces écrans sont comparés à des miroirs. Miroir se dit en latin specularia, qui a donné en hébreu aspeclaria. Le latin specularia signifie un miroir, d'accord ? Et donc on dit de Moïse qu'il a regardé dans le miroir, ou dans l'écran translucide, lumineux ou transparent, bref, il n'y avait qu'un seul écran entre Moïse et Dieu.

Alors évidemment, qu'est-ce que ces écrans ? Ce ne peuvent pas être des écrans physiques, puisque Dieu n'est pas un être physique, et que la connaissance de Dieu ne passe pas par le sensible. Alors, quels sont ces écrans en question ? C'est ce qui va nous occuper dans cette étude. C'est la question, n'est-ce pas ? C'est aussi la question du Rambam. Alors c'est cela, la question qui se pose: savoir de quoi il parle. Je pense être fidèle à mon ordre de pensée tout à l'heure en disant que c'est ce que nous allons étudier. Enfin, je pense que ça va dans le même sens. À moins qu'il y ait une objection. Mais pour l'instant, notre propos est d'étudier ce que dit le Rambam là-dessus, l'intention de cette chose. C'est ce que je vais vous expliquer, car nous vous avons expliqué dans le deuxième chapitre que les qualités se subdivisent en qualités intellectuelles et qualités morales.

C'est-à-dire qu'il y a chez l'homme deux sortes de qualités. Des qualités intellectuelles, par exemple la compréhension, la mémoire ou l'esprit d'analyse. Et puis il y a les qualités morales, par exemple l'humilité, la gentillesse, la joie, la générosité, tout ce que nous avons vu dans le quatrième chapitre. Alors, y a-t-il des qualités physiques et naturelles ?

Cette question a été posée dans le deuxième chapitre. Il y a des aptitudes. Et le Rambam nous a répondu là-bas qu'on ne peut employer le terme de qualité que pour des choses qui dépendent de mon bon choix, de mon libre arbitre. En revanche, la vitesse de circulation du sang dans mes veines est une aptitude, ou une particularité, on peut appeler cela un caractère. Mais on appelle qualité ce qui est sujet à la louange ou au blâme. Quelque chose que je ne peux pas blâmer n'est pas une qualité, d'accord ? Par exemple avoir les cheveux noirs ou blonds: ce n'est pas quelque chose que je peux blâmer ni louer. C'est un état de choses naturel.

Décider de devenir plus fort, par exemple en faisant de la gymnastique, n'est pas physique. Cette volonté, cette décision de se renforcer, appartient aux qualités morales. C'est ce qu'on appelle la bravoure, en hébreu guevoura. Donc toutes les qualités sont soit intellectuelles, soit morales, y compris quand elles influent sur le physique. S'il y a deux sortes de qualités, combien y a-t-il de sortes de défauts ? Deux, n'est-ce pas ? Il en est de même pour les défauts. Certains sont des défauts intellectuels, comme l'ignorance, l'incompréhension, la difficulté à comprendre. Il y a également des défauts moraux, comme l'excès de désir ou l'orgueil.

— Oui, bien sûr. Parce que c'est quelque chose qui peut s'apprendre. Il y en a qui se mettent sérieusement à l'étude, il y en a qui ne s'y mettent pas. Absolument. La morale est liée à l'intellectuel. D'ailleurs, il va le dire par la suite: arogez ve'a kaas, l'emportement et la colère; ve'a azout, l'effronterie; ve'a ravat hamamon, l'amour de l'argent; ve'a domé, la haine, et tout ce qui ressemble à cela. Ve'en rabot me'od, il y en a beaucoup. Nous avons donc quatre catégories qui nous concernent: deux qui sont des qualités, deux qui sont des défauts. Il y a des qualités intellectuelles et des qualités morales, il y a des défauts intellectuels et des défauts moraux. C'est clair, non ? Bon.

Nous avons exposé la manière d'acquérir ces qualités dans le quatrième chapitre. Vous vous rappelez ? Tout le quatrième chapitre, c'étaient les travaux pratiques pour expliquer comment acquérir les bonnes middot.

Or, tous ces défauts, hen hamechitsot hamafdilot bena adam ou ben Hachem itbarakh, ce sont ces écrans qui séparent l'homme de Dieu. C'est bien clair ? Ce sont les défauts qui sont les écrans. Oui, on peut dire cela. Si Dieu est parfait et que moi, je suis un être imparfait, cela m'éloigne de lui. Donc, si je me perfectionne, c'est-à-dire si je me parfais, eh bien, j'enlève les écrans. Qu'est-ce que cela veut dire ? Ma'amar anavim éva èrzé, il y a une parole du prophète qui explique cela: Ki avonotékhem hayou mafdilim beinékhem lé'hélokékhem, ce ne sont que vos fautes qui vous séparent de votre Dieu. C'est-à-dire, ché avonotéhem, ces mots, c'est-à-dire ces défauts, qui, comme nous l'avons exposé…

…serait une barrière physique. Le problème est de savoir: qu'est-ce que cet écran ? Nous avons une chance extraordinaire, c'est que le Rambam va nous faire lui-même le cadeau de son interprétation, plus loin. Le Rambam n'a rien laissé à notre curiosité, à notre esprit d'entreprise. C'est lui qui va nous donner toutes les réponses, en tout cas selon son opinion, d'accord …

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