Orot veKelimאורות וכלים
Se connecter

Le but de la vie selon Maimonide : zéro, un ou plusieurs

Le cinquième chapitre examine si l'existence a un but, et pourquoi un seul but donne sens à toutes les forces de l'âme.

51 min

Rav Oury Cherki

Ensuite : Le septième degré de la connaissance de Dieu selon le Rambam, 41 min

Début du cours (texte)

Lire le début du cours

Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

## Le cinquième chapitre et le but de la vie

Donc, bonjour à tous. Nous continuons notre étude des Chemoné Pérakim, et nous sommes arrivés au cinquième chapitre. Le cinquième chapitre clôt les quatre premiers chapitres. Ce n'est pas une blague. Les Chemoné Pérakim sont formés en fait de deux parties: du chapitre un au chapitre cinq, et du chapitre six au chapitre huit. Ça fait donc cinq contre trois. Les cinq premiers chapitres forment un tout, un bloc.

Un bloc qui nous enseigne tout ce qui est nécessaire aux fondements de la morale. Sans les cinq chapitres, ça ne peut pas marcher. Les sixième, septième et huitième traitent de sujets importants, mais d'une certaine manière facultatifs. C'est-à-dire que si on n'a pas étudié les chapitres six, sept et huit, il nous manque quelque chose, mais pas de fondamental. Tandis que, par exemple, le cinquième chapitre est absolument indispensable. De quoi parle le cinquième chapitre ?

Il parle d'un sujet fondamental, le but de la vie. D'accord ? Jusqu'à présent, on nous a dit qu'il fallait être moral. Mais dans quel but ? Tout cela n'a pas été vraiment élucidé. Et bien que dans l'introduction de son commentaire, le Rambam en ait un petit peu parlé, en évoquant la prophétie, c'est plus dans le détail ici. N'est-ce pas ? Nous avons un ensemble. Quel problème ? Pourquoi ne pas se servir de ce livre ? Non, tu ne t'es pas trompé du tout de livre.

Très bien trouvé, le bon livre. Ce livre, qui s'appelle Akdamot LePirouch HaMichna, est formé de trois livres: l'un qui est l'introduction à la Michna, l'autre qui est l'introduction à Helek, et le troisième qui est l'introduction à Avot, qu'on appelle également Chemoné Pérakim. Il n'y a donc pas de raison de ne pas utiliser ce livre. C'est dans la dernière partie, au chapitre cinq. Voilà. C'est quand même pas bête. C'est tout simple. Et donc…

Nous en étions au cinquième chapitre, qui traite d'un sujet fondamental: le but de la vie. Nous avons appris que nous avons différentes forces dans notre âme. Par exemple, les cinq parties dont nous avons parlé, Zan, Médamé, Margish, Mithorer et Sihli. Il a été question également du Sehel, de l'équilibre entre les Midot, de la définition du bien et du mal: tout ce qui est au milieu c'est le bien, ce qui est dans les extrémités c'est le mal. Rappelez-vous de tout ça. Maintenant, il faut savoir…

À quoi tout cela, toute cette machine, peut servir ? C'est comme si on vous disait: voilà, vous avez une voiture, il y a des roues, il y a un moteur, il y a des essuie-glaces, il y a des sièges, il y a un réservoir d'essence. Mais tout ça, c'est pour quoi ? Il faut que ça ait un but, quand même. Eh bien, le but, c'est d'être exposé dans un salon de l'auto. Dans un salon de l'auto. Non ? Certainement pas. C'est fait pour voyager. C'est-à-dire qu'on peut se tromper sur le but de la voiture.

D'accord ? Et donc, là aussi, on peut se tromper sur la finalité de la vie. Nous avons ici un sous-titre très important. Le sous-titre du cinquième chapitre, c'est… Pourquoi vous n'arrivez pas à trouver ? C'est absolument incroyable, quand même. Alors le sous-titre, c'est: de l'utilisation de l'homme, des forces de son âme, dans un seul but. Bon. Et le problème, c'est de savoir effectivement…

À combien de buts consacrer sa vie ? Il y a trois réponses possibles: zéro, un, beaucoup. D'accord ? Zéro but, un seul but, plusieurs buts. Nous allons étudier tout d'abord la première option, celle du zéro. On pourrait dire que l'existence n'a pas de but. Si elle n'a pas de but, elle n'a pas non plus de sens.

Le mot « sens » en français a une double signification. Ça veut dire, d'une part, « signification », et ça veut dire également « direction ». N'est-ce pas ? Le même mot, en français, comporte les deux éléments de ce qu'on appelle le but de la vie: que la vie soit significative et qu'elle soit orientée dans une direction. Effectivement, s'il n'y a pas de but à la vie, il n'y a aucune direction non plus.

C'est-à-dire que je n'ai aucune raison de lever la main droite plutôt que la main gauche, de manger plutôt que d'être allongé, de jeûner plutôt que non, etc. Il n'y a en fait aucune action de la vie, aucun sentiment, aucune expérience qui ait de valeur. Et donc, de ce point de vue, il est impossible de vivre. Il est également impossible de mourir, parce que mourir aussi n'est pas un but.

Puisque rien n'a de sens. Il existe des philosophies qu'on appelle les philosophies de l'absurde, qui affirment qu'il n'y a pas de but à la vie. Un jour, à la Sorbonne, un de ces maîtres de philosophie a donné une conférence très brillante pour expliquer que la vie n'a pas de sens. Et les étudiants avaient les yeux brillants, ils étaient hypnotisés par la belle parole du conférencier.

Ça veut dire quoi, ça ? Ça veut dire que…

Aucun philosophe de l'absurde ne croit vraiment, absolument, à l'absurde. Il y a un livre dans le Tanakh qui traite de ce problème, qu'on appelle en français l'Ecclésiaste, et en hébreu Kohélet. À l'université, on pense que Kohélet est un livre de philosophie pessimiste. Alors, qu'est-ce qu'il fait dans le Tanakh ?

La réponse qu'on donne à l'université, c'est que les rabbins n'ont pas fait attention quand ils ont mis ce livre. Une fois qu'ils l'ont introduit, ils se sont mordu les doigts, se demandant s'ils allaient l'éjecter ou pas. D'accord ? C'est-à-dire une inattention des rabbins, qui ne se seraient pas rendu compte qu'ils mettaient un livre de philosophie pessimiste dans le Tanakh. N'importe quoi. Il y a des livres qui ont été évacués du Tanakh, qui n'ont pas eu le droit d'entrer, et qui pourtant sont beaucoup moins pessimistes que ça. Je prends par exemple le livre de Ben Sira. Le livre de Ben Sira est écrit dans un style biblique superbe,

avec une philosophie justement très optimiste. Et il n'est pas dans le Tanakh. Pourtant, le livre de Kohélet, qui semble être un livre de philosophie pessimiste, est dans le Tanakh. Ce qui prouve qu'il n'est pas un livre de philosophie pessimiste. Ce qu'il fallait démontrer. Mais alors, c'est quoi le livre de Kohélet ? C'est un livre qui met justement à l'épreuve le philosophe pessimiste. Il lui dit: tu vois bien que si tu affirmes que tout est vanité, finalement tu trouveras toujours un élément dans le monde

pour lequel tu pourras quand même consacrer ta vie. Et s'il y a une chose dans le monde qui vaut la peine de vivre pour elle, alors ça veut dire rétroactivement que tout vaut la peine d'être vécu.

Il y avait un psychologue du nom de Victor Frankl. Avez-vous entendu parler de lui ? Victor Frankl était un élève d'Adler. Avez-vous entendu parler de lui ? Alfred Adler était un élève de Freud. Avez-vous entendu parler de lui …

Cours de Machon Meir

Dans la même série

97 cours du Rav Oury Cherki, donnés au Machon Meir (Jérusalem). Thèmes : Pensée juive, Maïmonide, Rambam, Les huit chapitres, Libre arbitre.

  1. 47
    Le Yetzer Hara et la vraie tsedaka selon le Rambam
    Le chapitre 6 : le mauvais penchant, deux sortes de justes, et le devoir d'être tsadik.
    45 min
  2. 48
    Moché frappe le rocher : le péché de la colère
    Le Rambam explique la faute de Moché à Mériva, et ce que la colère change dans la hachgaha.
    44 min
  3. 49
    Le but de la vie et l'usage des forces de l'âme selon le Rambam
    Le Rambam montre comment orienter manger, parler et rire vers la connaissance de Dieu, sans rien disqualifier.
    50 min
  4. 50
    Les écrans entre l'homme et Dieu selon le Rambam
    Le Rambam explique que les défauts moraux font office d'écrans séparant le prophète de Dieu, et que Moshe n'en avait qu'un seul.
    52 min
  5. 51
    Le but de la vie selon Maimonide : zéro, un ou plusieurs
    Le cinquième chapitre examine si l'existence a un but, et pourquoi un seul but donne sens à toutes les forces de l'âme.
    En cours de lecture
  6. 52
    Le septième degré de la connaissance de Dieu selon le Rambam
    Le Rambam range l'emploi de toute l'existence au service de la connaissance de Dieu, et ses six premiers degrés.
    41 min
  7. 53
    Le juste milieu des midot selon le Rambam et Rav Kook
    Pourquoi la Torah éloigne l'homme des extrêmes par la timidité et la juste autorité, et ce que Rav Kook ajoute à la pensée du Rambam.
    49 min
  8. 54
    La colère et la tristesse face à la prophétie selon le Rambam
    Pourquoi la colère et la tristesse empêchent la prophétie, à partir de l'histoire d'Elisée et de Yaakov.
    47 min
  9. 55
    Le but de la vie selon Rambam : toutes nos activités tendent vers la connaissance de Dieu
    Le chapitre 5 des Huit Chapitres : corps, argent, étude, parole et humour, ordonnés vers la connaissance de Dieu.
    53 min
  10. 56
    Le yetzer hara : ennemi ou allié ? Maïmonide face aux Sages
    Pourquoi les philosophes voient le mal comme un défaut, et la Torah comme une force à diriger.
    47 min

— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?

Une question sur ce cours ?

La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.

Commentaires et questions au Rav