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Le septième degré de la connaissance de Dieu selon le Rambam

Le Rambam range l'emploi de toute l'existence au service de la connaissance de Dieu, et ses six premiers degrés.

41 min

Rav Oury Cherki

Ensuite : Le juste milieu des midot selon le Rambam et Rav Kook, 49 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Bonjour à tous. Nous sommes donc à la page 30. Nous étions dans les sept degrés d'utilisation des forces vitales pour la connaissance de Dieu. D'après le Rambam, toutes les données de l'existence doivent être employées pour parvenir à la connaissance du Créateur, Daat Hachem, et cela est réalisable à tous les niveaux d'existence.

Le niveau primordial, ce sont les besoins du corps: manger, boire, la vie conjugale, se reposer, marcher. Tout ce qui concerne la vie biologique peut être employé à la connaissance de Dieu, puisqu'il faut être en état de tranquillité. La tranquillité est très importante pour pouvoir se vouer à la sagesse, et la sagesse permet de connaître le Créateur. Voilà ce que dit le Rambam pour le premier niveau.

Le deuxième niveau était déjà plus abstrait. Nous passons du plus épais, du plus matériel, au plus abstrait. Le deuxième niveau, c'est l'argent. L'argent est quelque chose d'abstrait, parce que c'est un pouvoir d'achat. Il n'y a pas de consistance réelle à l'argent, et l'argent peut lui aussi être employé dans le but de la connaissance du Créateur.

Et ensuite, qu'avions-nous vu ? L'étude. Le Rambam dit qu'il y a deux sortes d'études. Non, attends, si tu fais une vanne, il faut au moins que je la comprenne. C'est quoi, ta vanne ?

— Il y en a qui suivent.

Oui, absolument. C'est vrai. Mais cela implique qu'il y en a qui ne suivent pas. Voilà. Il était bien que tu t'exprimes, pour qu'on puisse comprendre la plaisanterie avec laquelle tu voulais nous faire participer.

Nous passons donc maintenant au troisième niveau, qui est l'étude. Dans l'étude, il y a évidemment l'étude des choses métaphysiques, qui nous lient à Dieu, mais il y a aussi les réflexions qui aiguisent la pensée. Par exemple, la géométrie aiguise la pensée: elle enseigne le raisonnement, la logique, etc.

Quatrièmement, la parole. Vous voyez que la parole est considérée, dans la tradition juive, comme un niveau supérieur à la pensée, alors que chez les philosophes, on met la pensée au-dessus de la parole. Pour le Rambam, la parole vient après, et elle doit être employée. Il y a toute une liste de sortes de paroles, dont le Rambam a parlé, qui permettent de connaître le Créateur: tout ce qui est nécessaire pour fuir les dangers, pour acquérir des qualités, pour acquérir la sagesse, pour louer ce qui est bien, pour dénigrer ce qui est mal, etc. Vous vous rappelez de tout ça ?

Le cinquième niveau, c'était l'esthétique. C'est encore plus abstrait: la beauté, l'harmonie, c'est ce qui est nécessaire pour avoir la tranquillité d'esprit qui permet de se consacrer à la sagesse, etc. Et le sixième, c'était l'humour. C'est un niveau encore plus élevé, puisque c'est quelque chose qui ouvre des horizons qui dépassent la pensée humaine. C'est pour cela qu'il est si important de comprendre la plaisanterie que tu voulais nous faire comprendre tout à l'heure.

Et ensuite vient un septième niveau. Le Rambam n'en parle pas tout de suite; il fait d'abord une introduction. Je suis à la page 30, à la ligne 3 de la page: Veda et Sach… Chez Zot Hamadrega, c'est-à-dire le niveau où l'homme emploie toutes les forces de son existence à la connaissance de Dieu. Himadrega, Eliyona, Meod, Vahamoura est un degré très élevé et très important. Lo Yassigoua: ce niveau n'est atteint, vehamat miz'air, que par quelques élus. C'est-à-dire qu'il y a très peu de gens qui arrivent à ce niveau-là. Vahar, Hergel, Gadol, après une longue habitude.

Lorsqu'on découvre un homme qui est dans cet état-là, je ne dirais pas qu'il est moindre que les prophètes, je veux dire: il emploie toutes les forces de son âme et leur donne pour but seulement la connaissance de Dieu.

Jusque-là, vous avez donc la présentation d'un homme supérieur, celui qui emploie l'ensemble de ses actions, de ses pensées, de ses réflexions, de ses paroles, pour la connaissance de Dieu. Très bien. Où est le septième ? Ce n'est pas encore écrit: Vezeo hacher bikesh mimenu yitbarar shenekhaven elav.

Tout ce que nous avons vu jusqu'à présent, quelle en était la source pour le Rambam ? Aristote, n'est-ce pas ? Tout cela vient de l'Éthique à Nicomaque. Mais le Rambam dit que ce n'est pas seulement Aristote qui l'a dit, c'est aussi dans la Torah. Où est-ce écrit dans la Torah qu'il faut employer l'ensemble de ses forces pour la connaissance de Dieu ?

— Comment tu sais ça ?

Parce que c'est écrit. D'accord. C'est ce que Dieu nous demande de mettre en pratique, lorsqu'il dit: « Tu aimeras l'Éternel, ton Dieu, bechol levavecha, de tout ton cœur, uvechol nafshecha, de toute ton âme, uvechol meodecha, et de tout ton pouvoir. »

Alors, qu'est-ce que cela veut dire ? Il faut aimer Dieu. Ce n'est pas ce dont il a parlé jusqu'à présent, qui était qu'il fallait le connaître. Et donc, pour le Rambam, quand la Torah parle d'amour, elle entend par là la connaissance. Véritablement aimer n'est possible que si j'ai la connaissance de l'autre. Si je ne connais pas l'autre, ce n'est pas l'autre que j'aime, c'est moi que j'aime. C'est pour cela que l'acte d'amour est appelé dans la Torah yedi'a: « Veha Adam yada et Hava ishto », « Adam connut Ève, sa femme. » La connaissance, c'est l'union de celui qui connaît avec la chose connue. C'est donc l'amour parfait.

Ce qu'on appelle l'amour de Dieu est donc, d'après le Rambam, une expérience intellectuelle. Une fois qu'on a acquis cette connaissance intellectuelle de Dieu, cette connaissance engendre également le sentiment de l'amour, et alors on peut devenir ivre de cette connaissance. D'accord ? Mais l'amour de Dieu qui ne serait qu'un peu d'émotion, pour le Rambam, ça ne vaut rien.

Par exemple, il y a une très belle chanson qui ne veut absolument rien dire: Hachem, HaKadosh Baroukh Hou, la Torah, la Guemara, la Michna, le Rav Kook, Orot HaTechouva, Devarim. C'est absolument ridicule, c'est infantile au possible. Quand on dit Hachem, HaKadosh Baroukh Hou, c'est une troisième personne: Hou, c'est lui. C'est donc une manière abstraite de parler de l'Éternel: celui qui, bien que saint, est quand même béni, source de bénédiction. En termes plus simples, il est à la fois transcendant et immanent. C'est ce que veut dire HaKadosh Baroukh Hou.

On ne parle donc pas à la deuxième personne. Or la chanson continue: Anachnou ohavim otra, noutemou toa, et c'est déjà passé de la troisième à la deuxième personne. C'est une absurdité grammaticale, mais aussi une absurdité dans la conception, puisque cela revient à dire: on aime Dieu comme on aime une sucette. Vous aimez les sucettes ? Il y a les sucettes à l'anis, n'est-ce pas ? Ani ohev les sucettes… Si vous voulez, c'est une conception un peu païenne de l'amour de Dieu. Quand on parle de l'amour de Dieu, il s'agit d'une élévation de la connaissance, qui fait que l'on connaît la vérité des choses.

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