Le but de la vie selon Rambam : toutes nos activités tendent vers la connaissance de Dieu
Le chapitre 5 des Huit Chapitres : corps, argent, étude, parole et humour, ordonnés vers la connaissance de Dieu.
Rav Oury Cherki
Ensuite : Le yetzer hara : ennemi ou allié ? Maïmonide face aux Sages, 47 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Shalom, bonjour à tous. Nous allons continuer notre étude approfondie des Chémonè Pérakim du Rambam, après une interruption intolérable, terrible et pleine d'émotions. Nous sommes en plein cinquième chapitre. Ce chapitre traite tout d'abord du but de la vie. Le but de la vie, selon le Rambam, est la connaissance de Dieu. Tout ce qui se fait dans la vie de l'homme peut servir à cela.
Pour y parvenir, il faut consacrer toutes les activités de l'âme à ce but. Le Rambam nous propose une sorte d'échelle. Il commence par le plus simple, le plus grossier, pourrait-on dire, pour arriver au plus abstrait, au plus subtil. Il commence par les besoins du corps. Nous avons vu que, selon le Rambam, les besoins du corps doivent servir à cette finalité de la connaissance de Dieu. C'est la raison pour laquelle il faut être en bonne santé: la bonne santé est nécessaire à l'équilibre de l'âme, l'équilibre de l'âme peut amener à la connaissance de la sagesse, et la sagesse permet de connaître Dieu. Ça, c'est, disons, le plus simple: les besoins du corps.
Comme vous le savez, le Rambam a une position neutre envers le corps: il ne l'exalte pas, il ne le condamne pas. Pour le Rambam, le corps doit être, disons, silencieux, ne pas faire de problèmes. Il faut donc lui donner ce qui lui revient. Si vous avez faim, vous mangez. Si vous avez soif, vous buvez. Si vous avez besoin de repos, vous vous reposez. Si vous avez besoin de gymnastique, vous en faites. Tous les besoins du corps, donc, y compris, pour le Rambam, l'activité de procréation, l'activité sexuelle: tout cela fait partie de la santé du corps.
Puis il y a un niveau supérieur, c'est l'argent. Pourquoi l'argent est-il un niveau supérieur ? Parce que l'argent est quelque chose d'abstrait. Les animaux ont un corps, ils ont des besoins corporels, mais les animaux n'ont pas de compte en banque. L'argent est une réalité inventée par l'homme, donc quelque chose d'abstrait. Vous dites: ça vaut vingt shekels ou dix euros. Vous avez exprimé une valeur abstraite que vous concrétisez sur un morceau de métal ou de papier. Ce n'est pas le métal ni le papier qui ont la valeur: c'est la valeur que vous leur attribuez, et qui a un sens. Il faut donc savoir se servir de son pouvoir d'achat dans un but de connaissance de Dieu.
Je lis ici dans le texte du Rambam: Vehen, késhéhou assouk liknot mamon: de même, lorsqu'il s'occupe d'acquérir de l'argent...
— Un élève n'a pas de livre. C'est terriblement navrant.
— Il faut avoir un livre. La différence entre un cours suivi avec un livre et sans livre, c'est à peu près cinq fois la différence. Mais non, il ne suffit pas d'avoir un livre, il faut être à la page. Il ne suffit pas d'être à la page, il faut suivre le texte qui est lu, ligne à ligne.
Pour ce qui est de la page, je peux vous dire à quelle page on est, mais l'édition que je tiens ici n'est pas celle que vous avez entre les mains. On est plus ou moins au début du chapitre. Pour tout vous dire, je ne sais pas exactement vous dire la ligne ni la page. Je peux faire avancer les choses dans la mesure où un exemplaire me serait momentanément proposé.
— Voilà, c'est très bien. C'est à la page Kouf Mem Ḥet, à la ligne 6.
Dans la belle édition que vous avez là, entre les mains, à la page Kouf Mem Ḥet, ligne 6. Mais qui se moque-t-on ? Après tous les efforts que j'ai faits pour vous, vous pouvez quand même faire l'effort de trouver la ligne, non ? Vous avez une autre édition ? Par définition, ça ne peut pas être à la même page. Donc chercher à la même page ne signifie rien. Chapitre 5, c'est très bien.
Vehen keshéhou assouk liknot mamon: de même, lorsqu'il s'occupe d'amasser de l'argent. Tehé tachlit kavanato bekibouṣo: que son but, dans l'intention qu'il a lorsqu'il ramasse cet argent, cheyotsiyo: qu'il le dépense. Vous comprenez que l'argent est fait pour être dépensé. L'argent est un pouvoir d'achat. Qu'il le dépense bemahalot: pour des vertus, veshimtsa ehou harouï goufo: qu'il le trouve disponible pour l'essence de son corps, ou hamchir metsiouto: et pour perpétuer son existence. jusqu'à ce qu'il acquière la connaissance de Dieu, ce que l'on peut connaître.
Il y a parfois des interruptions. Là, quelqu'un a arrêté sa flûte, très bien. On ne peut pas donner un cours avec une flûte en arrière-plan. Donc on se sert de l'argent également, ha-hé shamaï, pour la connaissance, pour la connaissance de Dieu.
Il y a ici une petite incise du Rambam. Il va nous parler de la médecine. Le Rambam, comme vous le savez, était médecin, et pas des moins: l'un des plus grands médecins de son temps. Ve'alzé haéqesh: dans ce même ordre d'idée, yesh lim lehet arefouot: l'art de la médecine, mavo gadol: est une introduction importante bamalot achliot: pour acquérir les vertus intellectuelles, ve'amidot: et les vertus morales, ou-yedi'at Hachem Ibarakh: et la connaissance de Dieu. Ve'ahagia elah atzlacha amitit: pour parvenir à la réussite véritable, c'est-à-dire l'éternité. Son étude et sa recherche avoda mina avodot akdolot: sont un des grands labeurs. Velo yé'az kaariga ukhna garout: et elle ne ressemble pas, la médecine, au tissage et à la menuiserie.
C'est-à-dire que pour le Rambam, le tissage et la menuiserie sont des activités moindres. La menuiserie nous donne des meubles, le tissage nous donne des vêtements. Les vêtements et les meubles sont des futilités: on peut très bien porter un vêtement simple, avoir des meubles simples. Toutes les activités qui s'occupent de choses qui ne valent pas la peine sont dépréciables. En revanche, les activités qui s'occupent des sphères célestes (l'astronomie, la métaphysique, la philosophie) et l'étude de la Torah sont très importantes: elles entraînent l'homme vers son aspect noble, et finalement le font connaître l'Éternel.
Mais la médecine, dit le Rambam: il est vrai qu'elle s'occupe du corps, et que le corps est une chose moindre, mais si le corps n'est pas en bonne santé, on ne peut pas acquérir la sagesse. La connaissance de la médecine est donc, pour le Rambam, une chose très importante. Ki bah neshaer pouloto: car c'est par son biais que nous pouvons évaluer nos actions, ve yachouvou pou'lo tenoshiot: pour qu'elles deviennent des actions humaines, meviot: humaines et non pas animales. Meviot la-ma'alot, la-amidot: qui amènent aux véritables vertus.
Car un homme qui se nourrirait d'une nourriture agréable au palais, qui donne un bon fumet, que son âme désire, mais qui lui fait du mal, qui lui cause un dommage, et qui peut même entraîner une maladie grave, voire une mort brusque: c'est quelqu'un qui se nourrit d'aliments qui lui font du tort. La cigarette, l'alcool, la drogue, le fromage jaune... Bon, il y a toute une série, on peut faire une liste …
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