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Le Yetzer Hara et la vraie tsedaka selon le Rambam

Le chapitre 6 : le mauvais penchant, deux sortes de justes, et le devoir d'être tsadik.

45 min

Rav Oury Cherki

Ensuite : Moché frappe le rocher : le péché de la colère, 44 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Nous en sommes arrivés, si je ne me trompe, au sixième chapitre. Est-ce que nous l'avons commencé ? Il me semble que non. Le sujet du sixième chapitre est un sujet important. Il s'agit du yetser hara, que l'on traduit en général par le mauvais penchant, et qui est une partie intégrante de notre personne. Hakadosh Baroukh Hou nous a créés avec deux yetsarim, un qu'on appelle le yetser hatov et un qu'on appelle le yetser hara.

Cela veut dire qu'il est normal d'avoir un yetser hatov et qu'il est normal d'avoir un yetser hara. C'est une position très fondamentale dans la morale juive que de considérer le yetser hara comme une chose normale. Nous avons des pulsions, nous avons des désirs, nous avons un amour de ce monde. Tout cela est concentré dans une force extrêmement positive qu'on appelle le yetser hara, qui est en fait une des manifestations de la volonté humaine.

Simplement, il est appelé également ra, mauvais. C'est quand il domine la marche des événements. Étant donné que j'ai un yetser hatov et un yetser hara, il faut savoir qui va dominer. Si c'est le yetser hatov qui domine, alors le yetser hara est positif. Cela ressemble, par exemple, à une charrette avec des chevaux. Il est important qu'il y ait des chevaux, mais ce ne doit pas être eux qui décident de la direction. Ce sont eux qui ont les forces vitales qui vont permettre le voyage.

De même, dans notre monde, nous avons du yetser hara. Il est très fort. Il est nécessaire pour nous permettre d'aimer ce monde. Simplement, la direction qui va être donnée à ces forces ne sera pas décidée par lui, mais par son copain, son frère jumeau, le yetser hatov. C'est lui qui va décider de la direction à prendre.

C'est tout simple. Il y a donc deux manières. Si on laissait le yetser hara faire, on ferait le mal, n'est-ce pas ? Quand on se laisse dominer par le yetser hatov, qui donne sa direction, alors on fait le bien. Celui qui fait le bien et ne fait pas le mal est appelé dans la tradition tsadik, juste. Celui qui fait le mal et ne fait pas le bien est appelé rasha, méchant.

Est-ce que j'ai le droit de choisir toujours le bien, ou est-ce que j'ai le droit de choisir parfois le mal ? Est-ce que j'ai le droit ?

La réponse est non. Être tsadik est une obligation. On pourrait d'ailleurs dire que c'est tout à fait logique: étant donné que le tsadik est celui qui fait le bien, on n'a pas le droit de ne pas faire le bien. Il est mal de ne pas faire le bien, donc on n'a pas le droit de ne pas le faire. Dans la halakha, on a le devoir d'être tsadik. On n'a pas le droit d'être rasha. C'est-à-dire qu'on a le devoir de faire des mitsvot, on n'a pas le droit de faire des aveirot. Je pense que c'est clair. C'est ça ?

La question qui se pose maintenant, c'est comment vivre intérieurement cette obligation. Nous avons deux sortes de tsadikim: il y a le tsadik qui se sent bien, et il y a le tsadik qui ne se sent pas bien. Le tsadik qui se sent bien s'identifie au bien. Il n'a pas de mal à faire cela. Il aime faire le bien, il n'aime pas faire le mal. D'accord ? C'est le tsadik qu'on appelle, dans l'hébreu du Rambam, chassid.

Il veut faire le bien, il ne veut pas faire le mal. Il n'a pas ce désir. Par contre, le deuxième tsadik, c'est ce qu'on appelle le kovèch, celui qui se domine. Il voudrait bien faire le mal, mais il se domine, il ne le fait pas, il fait le bien. Le résultat concret, c'est que les deux font le bien, mais que l'un a une lutte intérieure et que l'autre n'en a pas. D'accord ? Pas forcément par crainte, d'ailleurs, car celui qui se domine peut très bien le faire par amour aussi.

Il a l'amour, mais il a une difficulté. Il a quelque chose à dominer en lui. Il voudrait bien faire le mal et il ne le fait pas. Par exemple, il aimerait bien manger un sandwich jambon-beurre. Il trouve cela extraordinairement bon, c'est très appétissant. Mais il ne le fait pas parce que c'est interdit par la Torah. Dans la Torah, il est écrit qu'on n'a pas le droit de manger un sandwich jambon-beurre. Donc il ne le fait pas. Ainsi qu'il est dit dans les Dix Commandements, tu ne mangeras pas des baguettes au jambon-beurre. C'est dans les Dix Commandements, je crois. Non ? Bon.

En tout cas, ils se dominent. Et pourquoi se dominent-ils ? Par amour de Dieu. Il a l'amour de Dieu, il a l'amour de la Torah. Et donc, bien qu'il aime cet aliment qui n'est pas cacher, il ne le mange pas. Bien. Cela fait des étapes. Mais pour l'instant, ce que je fais, c'est photographier les deux états. D'accord ? Il y a un état où quelqu'un dit: le jambon-beurre, cela ne me dit rien. Donc je n'ai pas de difficulté à ne pas en manger. Et il y a l'autre, où l'on dit: j'aimerais bien, et là il y a la difficulté. D'accord ? Jusque-là, vous suivez ?

La question qui se pose, c'est de savoir qui est préférable. Qu'est-ce qui est mieux ?

— Le kovèch a plus de mérite.

Donc, d'après toi, le kovèch est préférable, dans l'effort qu'il fait. Dans l'effort qu'il fait, donc tu dis qu'il est préférable. Ce n'est pas plus haut, mais c'est plus fort. C'est ce que tu penses. Il y a plus de risques.

— Oui.

Je propose donc que nous étudiions ce que le Rambam va nous en dire. D'accord ? Cette distinction entre le chassid et le kovèch, ou entre le yachar et le kovèch, existe déjà chez les philosophes, pas forcément dans la Torah. Les philosophes, chez Aristote déjà, parlent de cela. Maintenant, pour régler le problème qui nous préoccupe, savoir qui est le meilleur, nous allons nous servir de trois sources différentes. Nous allons étudier ce qu'en disent les philosophes, ce qu'en disent les prophètes, et ce qu'en disent les rabbins. Et nous verrons s'il y a ou non une contradiction. D'accord ?

Nous allons donc lire le texte du Rambam. Amrou ha-pilosofim, les philosophes ont dit: si vous voulez voir les philosophes, c'est dans le septième livre de l'Éthique, au chapitre 11. Amrou ha-pilosofim: celui qui domine sa personne, bien qu'il fasse les bonnes actions, les actions bonnes et nobles, il les fait, mais il a le désir des mauvaises actions. Il les réprime, il domine son instinct. Ça, c'est le kovèch. Il est en controverse avec son yetser, dans ces actions, contre ce à quoi il est attiré par ses forces, ses désirs et la nature de son âme. Et il fait le bien, mais il souffre de leur accomplissement. Il en est atteint.

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