Maïmonide, Chemona Perakim : l'âme, une et ses actions
Maïmonide cite Farabi sans le nommer, puis explique que l'âme humaine est une seule, dont les fonctions sont dites « âmes ».
Rav Oury Cherki
Ensuite : Santé et maladie de l'âme selon le Rambam, 55 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Nous sommes dans la première page. Bonjour à tous. Nous continuons donc le Chemoné Pérakim, c'est-à-dire l'introduction du Rambam au Massekhet Avot. Dans l'édition que vous avez sous les yeux, c'est deux lignes avant la fin. « Veefchar », il est possible: « Chehavi lif'amim, me'mrash lema ». « Chehilechon sefer mifursam », que je t'amène un enseignement, enfin, une parole entière
d'un livre bien connu. C'est-à-dire que, dans ce que je vais t'enseigner, il y a parfois des choses que j'ai prises à d'autres, et parfois je vais même citer littéralement les paroles d'un autre, mot à mot. « Vein beze kolra », il n'y a là-dedans aucun mal. « Vein ni mit paer bema she amaro ni she kadam », je ne mens pas
en disant que cela aurait été dit par un autre, par un prédécesseur. « Les fiches, Annie, Kvarodéthi basé », parce que je l'ai déjà avoué. C'est-à-dire que le Rambam dit: je cite d'autres personnes sans dire leur nom, mais je ne suis pas un voleur, je ne fais pas de plagiat, étant donné que je t'ai annoncé dès le départ que je cite d'autres. Oui. Alors on devrait dire le nom, n'est-ce pas ? Il va expliquer pourquoi il ne le dit pas. « Béa Falpi, Chello Eskor, Amar Ploni, Amar Ploni »,
bien que je ne dise pas « untel a dit » ou « untel a dit ». Ah bon, pourquoi ? « Shezo harichu tento eledba ». D'abord parce que ça n'a aucune utilité. C'est allonger les paroles sans utilité. C'est très bizarre, c'est même louche. On va dire que c'est suspect. Qu'est-ce qui embête le Rambam ? Il dit: oh, on ne va pas allonger en disant « untel a dit ». Ça peut se faire. Surtout qu'en plus il y a un principe:
« HaOmer davar beshem omro », celui qui dit une parole au nom de celui qui l'a dite, c'est-à-dire qui cite ses sources, « mevi Gueoula la'olam », amène la délivrance au monde. Dans ce cas-là, il serait même préférable de dire la source: c'est untel qui a dit. Très bizarre. Bon. « Veefchar », deuxième raison du Rambam. « Chechem haichou », que la mention du nom de cette personne
« yachnis belev mishen tvou naboh », peut introduire dans le cœur de ceux qui n'ont pas d'intelligence la pensée que c'est une chose mauvaise, « veyech bo toch ra », et que cela cache un mal qu'ils ne discernent pas. « Oumipnese raithi shiloh liskora omer ». C'est pourquoi j'ai décidé de ne pas mentionner le nom de celui qui a dit.
De qui parle-t-il ? Il a tellement peur de dire le nom. Oui, mais pourquoi a-t-il peur ? Il s'agit d'Abou Nasr al-Farabi. Abou Nasr al-Farabi était un philosophe musulman d'origine turque qui vivait 250 ans avant le Rambam et qui a été le principal interprète de la pensée d'Aristote en arabe. Il y a donc ici une source aristotélicienne très ancienne.
C'est l'Éthique à Nicomaque, essentiellement. Et en plus de cela, il y a l'interprétation de l'éthique à travers les enseignements d'Abou Nasr al-Farabi. Tout cela arrive chez le Rambam. Alors le Rambam se dit: oui, il y a des gens dans les yeshivot, ils ne vont pas aimer ça. Je ne vais donc pas leur dire qui est celui que je cite mot à mot. Il est là pour être utile, dit le Rambam. C'est ce qu'il dit.
C'est par là que l'utilité arrive au lecteur. Je sais ce qui me plaît, mais je ne veux pas empêcher le lecteur de lire. Alors je vais cacher mon jeu. Et je laisse au Rav Cherki le loisir, 800 ans plus tard, de dire que c'était Abou Nasr al-Farabi, une fois que tout cela est bien établi. Il l'avoue bien sûr, il le dit: je t'ai dit, mais enfin je ne vais pas te dire. On peut dire que c'est de la pédagogie. Comment ?
Non, ce n'est pas seulement Abou Nasr al-Farabi, il y a encore d'autres auteurs, mais enfin… il y en a un paquet énorme. Il y a beaucoup de phrases dans le Chemoné Pérakim qui sont une citation mot à mot d'Abou Nasr. Donc, quand même, il faut en tenir compte.
Qui sont enfouis dans ce traité, le traité de Massekhet Avot. Je ne sais pas, moi, j'ai une feuille là. J'ai une feuille. Tu veux suivre avec moi ? Ça va être peut-être plus photogénique par rapport à là. Je ne sais pas quoi te dire. Voilà, espérons que ça va régler le problème. — Oui, mais toi tu pourrais suivre à deux, alors maintenant. — Bon, ouais. Et là vous en avez un par personne. Bon.
Bon, maintenant, il est quand même question de comprendre un peu plus. Il y a l'enseignement de la Guemara, de la Michna, qui dit: « HaOmer davar beshem omro mevi Gueoula la'olam ». Celui qui dit une parole au nom de celui qui la transmet amène la délivrance du monde. Il s'agit probablement d'une différence entre la Torah et la sagesse. Dans la sagesse, il n'a aucune importance de savoir d'où vient l'enseignement. Par exemple, si j'apprends les équations mathématiques,
qui m'expliquent les lois de la gravitation, comment une pomme tombe, et d'ailleurs elle tombe toujours pas très loin du pommier, je n'ai pas besoin de savoir que c'est un Anglais du nom d'Isaac Newton qui a découvert les lois de la gravitation. En vérité, on s'en fiche pas mal. Ça pourrait être un Anglais, ça pourrait très bien être quelqu'un d'autre, ça pourrait être quelqu'un qu'on ne connaît même pas.
Les lois de la gravitation sont toujours les mêmes, quel que soit celui qui nous les a révélées. D'accord ? Ça, c'est vrai pour la sagesse. On peut donc dire également que les enseignements d'Abou Nasr al-Farabi sont des enseignements de moralité. Bon, d'accord, je veux bien, mais il n'a aucune importance de savoir qui les a transmis. Ça reste toujours vrai, ou faux, d'ailleurs. Peu importe la personne qui l'a transmis. Tandis que quand on parle de Torah, c'est tout à fait autre chose. La Torah est une parole. Et la parole est l'expression
d'une personne. Il est donc important de savoir qui est cette personne. La première personne, c'est Dieu lui-même. C'est lui qui parle: « Vaidaber Hachem el Moshe leimor », Dieu s'adressa à Moïse en ces termes et lui dit de dire, leimor, ce qui veut dire qu'il faut qu'il le dise à d'autres. Quand les autres transmettent également la parole de la première personne, celui qui dit « Je suis l'Éternel ton Dieu qui t'ai fait sortir d'Égypte »,
il faut savoir à travers quel prisme de personnalité cela passe. La même parole, prononcée par Rabbi Akiva, n'a pas le même sens, la même connotation, la même tonalité que lorsqu'elle est prononcée par Rabbi Ismaël. Ce sont deux choses différentes. Rabbi Meïr, Rabbi Chimon bar Yochaï: ils ont dit les mêmes mots, oui, mais à partir d'un autre arrière-plan, d'un …
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