La résurrection d'Israël à la fin des temps
Le Rav Benishai explique comment le peuple d'Israël, Réchit, reprend sa place dans l'histoire du monde.
Rav Yehouda Benishai
Ensuite : Para Adouma et l'idée d'une vie sans mort selon Orot, 12 min
En bref
Le Rav Yehouda Benishai explique que la fin des temps voit le peuple d'Israël reprendre sa place centrale dans l'histoire, après deux mille ans d'exil, en se fondant sur le commentaire de Rachi sur le début de la Genèse qui désigne Israël comme Réchit, la primeur de la création. Il décrit un double mouvement : l'effondrement des civilisations dominantes, accompagné de guerres, et le surgissement progressif de la vérité ainsi que la reconstruction interne du peuple, de ses forces vives et de sa Torah. Il conclut que ce processus, voulu par Dieu, mène nécessairement à un aboutissement heureux, à l'image du poussin qui brise sa coquille.
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Aujourd'hui, comme on l'avait déjà annoncé, nous allons parler des processus qui accompagnent, à la fin des temps, le retour d'Israël sur la scène de l'histoire mondiale: non plus en tant que peuple exilé, qui a perdu la centralité de sa fonction, mais comme peuple qui reprend petit à petit la place essentielle que Dieu lui a réservée lorsqu'il a créé son monde. Comme Rachi l'annonce dès le début de son commentaire sur la Torah, en disant que Béréchit bara Elokim et hachamayim ve'et haarets, Dieu a créé le monde pour y faire apparaître
un peuple qui a la qualité de Réchit, c'est-à-dire de la primeur. Et ce peuple-là, c'est le peuple d'Israël, qui s'appelle donc Réchit. Ce que le Rav enseigne, c'est qu'à la fin des temps, un double phénomène se passe. Les nations qui ont dominé le monde pendant
Cet écroulement de la civilisation est prévu.
C'est accompagné, évidemment, de péripéties difficiles qui comprennent des guerres, des heurts entre les différents peuples. Mais à travers toutes ces guerres, il faut savoir déjà repérer ce qui petit à petit va sortir et surgir, c'est-à-dire la volonté
de découvrir la vérité qui permettra à l'humanité de voir un aboutissement heureux de son histoire. Le peuple d'Israël, lui, en contrepartie, va petit à petit s'affirmer. L'affirmation de la stature de ce peuple passe par la retrouvaille de ses forces vives,
de ces forces créatives, par la reconstruction de la collectivité qui, pendant 2000 ans, était restée en sublimation, qui est restée pendant 2000 ans cachée. Et la collectivité d'Israël retrouve petit à petit sa forme, sa forme humaine, sous la forme d'un peuple qui retrouve lentement ses structures.
Accompagné évidemment par le retour des exilés et par le retour d'une Torah qui est complète, totale, et non plus atrophiée, comme malheureusement elle l'a été pendant le temps de notre exil. Le peuple d'Israël redevient plein de vie, plein d'énergie, plein d'assurance. Évidemment, ce n'est pas un jour et il y a aussi
de nombreuses difficultés sur ce parcours, puisqu'il faut se secouer de la poussière de l'exil. Cette poussière de l'exil est à plusieurs niveaux. Elle a recouvert notre corps et elle a recouvert notre âme. Au niveau de notre corps, cela veut dire que nous avons été affaiblis. L'enseignement célèbre du Gaon de Vilna dit que le peuple d'Israël, pendant les 2000 ans d'exil
Il y a aussi une poussière qui a recouvert notre âme. Nous avons besoin de retrouver nos idées authentiques,
les idées de notre dimension divine. Nous avons la nécessité de nous défaire de toutes les peurs qui, malheureusement, nous ont saisis pendant 2000 ans: la peur d'être nous-mêmes, la peur de ce que nous représentons. Et cette peur-là, il faut
beaucoup de temps et d'étapes pour s'en défaire, pour redevenir le peuple de la Bible avec tout ce que cela signifie. Mais rien ne peut arrêter le processus. Ni le processus de l'écroulement d'une civilisation qui n'a plus rien à proposer, qui, malheureusement, a prôné au nom du christianisme l'amour du prochain, mais qui a laissé
ces fusées de sang, une effusion de sang terrible dont, évidemment, au centre, comme victime, a été le peuple d'Israël, qu'on a essayé de supprimer. Et rien ne peut arrêter le processus de la résurrection d'Israël.
Pourquoi ? Parce que c'est une décision d'ordre divin. Le monde créé par Dieu est un monde qui a forcément un aboutissement divin, c'est-à-dire un aboutissement heureux. Quand Dieu a créé son monde, il a en effet déclaré que son monde était la meilleure chose. Et un monde qui a commencé dans le bien finira aussi forcément dans le bien.
Les difficultés, les épreuves, les souffrances que le monde traverse, dans son étape intermédiaire, ne sont là que pour finalement mettre en relief le tov dans sa totalité. Ces deux phénomènes, qui se complètent, progressent lentement mais sûrement.
Et une des images que les sages ont données est celle du poussin, qui est obligé de briser la coquille de l'œuf pour finalement sortir de sa coquille et apparaître à la surface, après avoir cassé ce qui était a priori la plus belle chose, la plus parfaite: un œuf. Mais en réalité, l'œuf n'était là qu'en gestation, pour permettre l'apparition du poussin.
Et quand le poussin est on comprend que, finalement, tout le processus était nécessaire, et on comprend quelle a été la raison de tout ce qui a été intermédiaire et qui a servi, finalement, à la naissance du poussin lui-même.
Shalom Eleitra
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