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La guerre, la force messianique et la Gueoula

Comment les grandes guerres font surgir la délivrance, à partir de la Première Guerre mondiale et de la déclaration Balfour.

12 min

Rav Yehouda Benishai

Ensuite : La mer Rouge et la nature révélant la volonté divine, 12 min

En bref

Le Rav Yehouda Benishai commente le premier paragraphe du chapitre du Rav Kook consacré à la guerre : selon lui, une guerre mondiale réveille la force messianique et s'inscrit dans un mouvement qui dépasse les intérêts des nations. Il cite la déclaration Balfour de 1917 comme exemple de la progression vers la Gueoula. Il conclut par la lecture de la bénédiction matinale « Oseh Hachama, Baal Milhama » pour montrer que la délivrance suit les épreuves.

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Tav Shalom. Aujourd'hui, nous allons parler du premier paragraphe du chapitre consacré à la guerre. Le Rav enseigne dans ce premier chapitre que quand une grande guerre se déclare dans le monde, se réveille la force messianique. En effet, quand la guerre se déclare, c'est l'occasion qui est donnée.

La guerre éclate pour des raisons qui ne paraissent parfois pas évidentes. Mais en réalité, il y a là une démarche divine qui a pour but de purifier le monde de la méchanceté qui s'y trouve. Le Rav écrit ce chapitre à propos de la Première Guerre mondiale. Et la Première Guerre mondiale a été, comme son nom l'indique, une guerre qui a pour la première fois impliqué presque l'ensemble du monde.

Et quand quelque chose devient général, quand un événement se répand à une échelle mondiale, il y a évidemment ici une démarche qui va au-delà de la politique restreinte, des intérêts des nations. En effet, plus un événement est généralisé, plus il fait découvrir une phase de la progression du monde vers quelque chose de plus parfait.

La Première Guerre mondiale a finalement abouti à la déclaration par les nations du droit du peuple d'Israël à sa terre. En effet, on sait qu'en 17, il y a eu la déclaration Balfour, qui a reconnu le droit d'Israël à sa terre, qui a reconnu au peuple d'Israël le droit de rebâtir la maison de sa nation.

Celui qui ne fait attention qu'aux événements partiels ne voit pas toujours la ligne générale qui, finalement, par des chemins très détournés, amène au résultat final. Mais à la fin de la guerre, on s'aperçoit qu'il y a là un nouveau monde, que les pièces de l'échiquier ont changé et que Dieu est en train de mettre en place un ordre nouveau du monde, pour permettre de faire avancer l'histoire et de faire avancer Israël sur la scène des nations.

Il explique que plus une guerre est généralisée, plus il s'agit en fait de quelque chose qui dépasse les intérêts personnels ou même nationaux. Il s'agit en réalité d'un moteur de l'histoire qui va mettre en place de nouvelles données, qui permettront à la nouvelle phase de l'histoire d'Israël, et donc de l'époque messianique, d'apparaître.

Le peuple d'Israël, d'ailleurs, avec la Première Guerre mondiale, a commencé à retrouver toutes ces forces vives. Des Juifs s'engagent, redeviennent des combattants. Petit à petit, les enfants d'Israël reviennent sur leur terre, reconstruisent leur patrie. Et on voit que la Gueoula progresse à grands pas.

Il est important de comprendre ce qui se cache dans les guerres qui éclatent, parce qu'à travers ce qui s'écroule apparaît quelque chose de nouveau. En effet, le Maharal explique longuement dans ses livres, le Maharal de Prague, qu'avant toute nouvelle apparition, il y a l'ancienne forme. C'est l'ancienne forme de l'histoire qui disparaît d'abord.

Avant toute nouvelle Havaya, il y a d'abord un Eder. Il y a d'abord quelque chose qui disparaît. En effet, le monde, petit à petit, mûrit en vue de l'apparition de l'idée messianique, et cette maturation le prépare à recevoir l'idée du peuple d'Israël, qui se révèle dans toute sa structure.

Notre rôle est évidemment de prendre conscience de cela. Notre rôle est d'arriver à voir, à travers tous les événements, la ligne qui progresse, lentement mais sûrement, et qui nous rapproche du but. Chaque nouvelle guerre, il y a une progression qui se fait sur le vecteur de la Gueoula.

Et le peuple d'Israël, longtemps, n'a pas été impliqué dans des guerres en tant que combattants. Depuis notre sortie en exil, nous avons subi les guerres, mais nous n'en avons pas été les acteurs. Et voilà que maintenant, avec notre retour à notre indépendance, avec l'apparition de toutes les forces de la nation, y compris de son armée, nous révélons à nouveau la puissance divine à travers nous.

Le Dieu des cieux est aussi le Dieu des armées. Il est le Dieu des armées d'Israël. Et on sait tous que c'est une des appellations du nom de Dieu: Hachem Tsevaot, le Dieu des guerres, le Dieu des armées.

Et en conclusion, le Rav cite la première bera'ha que l'on dit tous les matins avant de créer Hachama,: Ba'al hamilhama, Dieu est celui qui fait la guerre; Zoré'a tsedaka, c'est lui qui sème les délivrances et qui sème les tsedaka.

C'est, en fait, ce qui va préparer la délivrance. Milachan Tzedaka, les bonnes choses; Matsmi'ah yeshou'ot, qui fait surgir les délivrances; Boré refou'ot, qui va créer les remèdes; Nora tehilot, qui est extraordinaire dans les louanges qu'on doit lui adresser; Adonai Hilot, le maître des miracles.

Hamé'hadesh bé'tuvo bekhol yom tamid ma'asé berechit, celui qui fait apparaître un nouveau monde tous les jours. Or hadach al Tsion ta'ir, et une nouvelle lumière apparaît sur Tsion, ve-nizkeh kulanu meherah le-or'ah, que nous puissions rapidement profiter de cette lumière, de sa lumière à lui.

En fait, on peut lire ces différentes expressions dans leur sens chronologique. Cela commence par les guerres, cela continue par la délivrance, par la guérison de tous les maux que nous avons subis, et arrive le temps de louer Dieu de toutes les choses extraordinaires qu'il a faites dans notre histoire, afin que nous ayons véritablement le mérite de voir se révéler complètement cette nouvelle lumière sur Tsion. Amen.

Cours d'Orot veKelim

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