Bein HaMetzarim : corriger la faute, faire descendre l'infini sur terre
Pourquoi les trois semaines correspondent à 21 jours, le nom Ehyé, et la nécessité d'ancrer la Torah dans la terre d'Israël.
Rav Yoël Benharrouche
Ensuite : Lier la Torah au peuple d'Israël selon le Talmud, 7 min
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Chalom oubrakha. Dans la suite de ce que nous avons déjà développé concernant les trois semaines qui s'appellent Bein Hametsarim, « entre les Metsarim ». Metsar en hébreu veut dire prison, Betzohar, Tsarot, les soucis. Bein Hametsarim, c'est comme s'il y avait deux Metsarim, et entre ces deux prisons, il y a une période de 21 jours.
Première prison, je vous le rappelle, le 17 Tamouz, le jour où nous devions recevoir les Tables de la Loi gravées dans la matière. Deuxième emprisonnement, le 9 Av, où nous devions entrer en Erets Israël, en tout cas accepter l'accès en Erets Israël. Le jour où nous avons refusé cela, le pleur que nous avons pleuré ce soir-là nous a en réalité marqués pour toutes les générations, et c'est pour cela que nous pleurons encore aujourd'hui, en ce jour du 9 Av.
J'ai dit dans le cours précédent qu'il y avait là un dénominateur commun entre ces deux problèmes: c'est la peur de la réalisation des valeurs divines sur terre. C'est-à-dire qu'il y a une valeur idéale, une valeur qu'Hakadosh Baroukh Hou a prévue pour ce monde, et il a prévu un peuple pour acheminer cette idée supérieure dans ce monde. Bien entendu, c'est le peuple d'Israël. Il nous a choisis, nous, le peuple d'Israël, pour réaliser cette pensée qui a précédé la création du monde.
Le problème, c'est donc la peur de traduire ces valeurs divines en quelque chose de concret. La peur de concrétiser, d'aboutir. Il y a une certaine volonté, une certaine angoisse, qui pousse en réalité l'homme à rester en l'air et à ne pas retrouver ses jambes, ses pieds, une assise sur la terre. Nous devons donc, dans cette période-là, non seulement rappeler le mal, mais essayer de comprendre dans quel sens nous pouvons comprendre ce qui a amené à cette période de Bein Hametsarim, de ces trois semaines.
D'abord, il faut savoir que ces trois semaines sont, en réalité, 21 jours. Or, il y a un secret dans ce 21, car le chiffre 21 rappelle l'un des noms par lesquels le Créateur se dévoile dans notre monde. Vous savez qu'il y a plusieurs noms à l'Éternité. L'Éternité, elle, ne porte pas de nom, car c'est l'Éternité: on ne peut pas la définir, elle est indéfinissable. Et pourtant, lorsque cet infini accède à notre monde, il se revêt de vêtements, et ce sont les noms que nous voyons dans toute la Torah. En outre, il y a des noms encore plus spécifiques. L'un d'entre eux, c'est le nom Ehyeh.
Ehyeh, c'est le nom qui apparaît lorsque Moïse, au mont Sinaï, avant le don de la Torah, s'entretient avec Hakadosh Baroukh Hou. Hakadosh Baroukh Hou lui dit qu'il se présentera avec ce nom-là: Ehyeh. En français, on le traduit: « Je serai celui qui sera. » Bon, ce n'est pas réellement une traduction, c'est plutôt une trahison. La véritable traduction, c'est Ehyeh, c'est-à-dire que le mot Ehyeh est hayah au futur. Je veux dire par là qu'il y a un demain, il y a un futur: je suis aujourd'hui avec toi et je serai demain avec toi. Il y a donc ici une note optimiste, qui prévoit qu'Hakadosh Baroukh Hou sera avec nous jusqu'à la fin des temps.
Pour ne pas rester dans cette défaite de ces trois semaines, du 17 Tamouz au 9 Av, et pour réveiller en nous une certaine espérance, un certain espoir de reconstruction, nous ne devons pas répéter les fautes du passé. Si l'on recommence les mêmes fautes pour lesquelles nous sommes dans ce degré d'exil, c'est comme si nous n'avions rien fait.
Il ne faut donc pas rester avec l'idée que l'Éternel se trouve dans le ciel et qu'il doit y rester. Pas du tout. Le peuple juif développe cette nouveauté que la Torah lui donne pour le monde entier, pour l'éternité: Dieu ne doit pas rester dans son ciel.
Car si Dieu restait dans le ciel, ce serait en réalité son exil. Nous devons aider l'infini à descendre sur terre. Un ciel sans terre, c'est un problème. C'est comme une tête sans jambes, c'est comme une Torah sans royauté. Et c'est là que se cache l'une des fautes de toute cette époque.
Cette faute a donné naissance à toute cette époque de trois semaines: nous n'avions pas la compréhension qu'une tête a besoin de jambes, qu'un peuple a besoin de sa terre, qu'un homme a besoin de sa femme. Au moment où nous prenons conscience de ce degré, de ce manque, il est temps de le corriger.
À cette même période des trois semaines, la conscience humaine du peuple juif doit se focaliser sur la correction de cette faute. Il faut arrêter de laisser Hakadosh Baroukh Hou dans son ciel. Il faut devenir des acteurs.
Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche
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