Lier la Torah au peuple d'Israël selon le Talmud
Pourquoi l'étude de la Torah séparée du peuple et de la terre mène à l'exil, selon Baba Metsia 85.
Rav Yoël Benharrouche
Ensuite : Relier le monde à venir et ce monde-ci, 4 min
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Chalom oubrakha. Dans la suite de nos cours des trois semaines, que nous appelons Bein HaMetsarim, nous avons dit qu'il serait important d'étudier, de réétudier et de recomprendre des choses qui nous paraissent anodines, mais qui sont très, très importantes concernant notre peuple. Je veux parler bien entendu de la relation du peuple d'Israël.
C'est une notion qui a été perdue, malheureusement, à cause de 2000 ans d'exil, et cela n'a pas commencé avec cet exil. Nous avons déjà dit que le 9 Av, le problème du 9 Av, c'est que déjà à l'époque du désert, quand nous sommes sortis d'Égypte, il y avait un degré que nous n'avons pas compris: le peuple d'Israël devait absolument, pour réaliser sa mission sur terre, rentrer en terre d'Israël.
Ce refus nous a coûté le 9 Av, le jour où nous pleurons, jusqu'à la reconstruction de notre temple, de notre troisième Temple. D'ailleurs, ce jour-là, le 9 Av, nous lisons la Méguilat Eïcha. Et dans la Méguilat Eïcha,
eh bien, elle nous dit, cette Méguila, ce que je suis en train de vous dire maintenant. Je vous cite: le peuple d'Israël est parti en exil parce qu'il était pauvre. C'est pour ça que le peuple, la nation, s'est installé chez les nations, chez les autres nations, en dehors de sa terre, bien entendu,
et il n'a pas trouvé son repos. Traduction simple: l'exil, c'est en réalité la sortie du peuple d'Israël de sa terre vers une terre étrangère à lui, étrangère à sa structure intérieure, étrangère à sa nature et à son identité. Et là-bas, si tu es un homme normal, c'est-à-dire un homme d'Israël normalement constitué,
tu ne peux pas trouver de repos dans n'importe quelle terre en dehors de cette terre d'Israël. Et le prophète Jérémie pose la question: pourquoi y a-t-il eu cette punition concernant la terre, concernant le peuple d'Israël ? Pourquoi sommes-nous sortis en exil ? Qu'avons-nous fait pour mériter cela ?
Et la parole de l'Éternel est diffuse. Après avoir posé la question à toutes les sagesses, eh bien, c'est l'Éternel lui-même qui répond à Jérémie en disant: Vayomer Hachem 'al 'azvam et Torati. Traduction simple d'abord: parce qu'ils ont quitté ma Torah. Non pas la Torah, mais ma Torah. Et moi, je vous pose la question:
que veut dire quitter ma Torah, la mienne, Hakadoch Baroukh Hou ? Eh bien, la Guemara, dans le traité de Baba Metsia, à la page 85, nous dit quelque chose d'incroyable, qui apparemment ne répond pas à cette question. Et elle dit là-bas, les sages nous disent, que lorsqu'ils montaient à la Torah, lorsqu'ils étudiaient la Torah,
eh bien, ils ne prononçaient pas la bénédiction avant leur étude. Quelle est cette bénédiction ? Eh bien, c'est une bénédiction que le peuple d'Israël de cette époque ne disait pas. Voilà les paroles de la Guemara.
Vous comprenez bien que c'étaient des érudits en Torah. Il n'est pas possible, il est inconcevable qu'ils ne disaient pas la bénédiction que nous disons nous-mêmes, nous, les petits, aujourd'hui. Cela veut dire qu'il y a un sens beaucoup plus profond à cette Guemara, à ce traité de Baba Metsia. Et elle dit la chose suivante: les gens de cette époque n'avaient pas compris que la Torah qu'ils étaient en train d'étudier était issue
du choix qu'a fait l'Éternel de la nation d'Israël. Et avec mes mots à moi: si tu étudies la Torah sans lier cette Torah à la nation d'Israël, eh bien, ta Torah n'est pas une Torah constructive, et Hass vé Chalom, elle aboutit à un exil. Tu vas quitter ta terre. Tu vas finir par aller vivre sur une terre étrangère, parce que tu n'as pas compris
que la Torah et le peuple, c'est une seule et même chose. Or, le peuple d'Israël n'étant pas un peuple en dehors de sa terre, on ne peut dissocier aucunement la Torah du peuple et de la terre. Voilà pourquoi, dit la Guemara, il y a eu la destruction du Temple, et il y a eu en réalité la sortie du peuple d'Israël en exil, parce que l'étude de la Torah était déconnectée
de la nation d'Israël. Cette faute a-t-elle été réparée ? Je l'espère. Mais Hass vé Chalom, si nous étudions la Torah, même aujourd'hui, en déconnexion avec la nation d'Israël, sans avoir la conscience que cette Torah est la Torah de la nation, et que le livre est le livre du peuple, et non pas le peuple du livre, comme vous avez tous l'habitude de dire, eh bien, Hass vé Chalom, il y a un grand manque.
Et c'est ce manque-là qu'il faut combler pendant ces trois semaines. Toda raba.
Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche
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