Noa'h, l'émouna et le sens de la Teva
Ce que la Torah enseigne sur Noa'h, la pluie transformée en déluge et le sens d'une émouna vécue.
Rav Yoël Benharrouche
Ensuite : Noa, tamim be-dorotav : pourquoi le texte est-il ambigu, 1 h 09
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Je veux parler de la notion d'émouna, parce qu'il y a quelque chose de primordial dans cette notion, concernant ce personnage, j'allais dire, de la Torah et de la période du déluge. Le verset nous dit: « Éleh toldot Noa'h », en faisant en sorte de ne pas utiliser le vav « Haribo ». Car s'il était écrit Ve-Éleh, cela aurait voulu dire que nous sommes dans la suite de ce qui était avant. Éleh vient marquer une coupure, presque une annulation de ce qui a précédé. Pourquoi ? Tout simplement parce qu'après coup, nous comprenons que le déluge vient reformer un nouveau monde, après la destruction de l'ancien monde.
Il laisse un souvenir, une trace, sous la forme de Noa'h et de l'Arche. Pourquoi ? Tout simplement parce que même si un ensemble est détruit, il reste toujours la Neshama, l'essence. Noa'h, c'est la Neshama, l'essence, le point de lumière qui reste après qu'il y a eu destruction de quelque chose.
Quand quelqu'un décède, sa Neshama reste vivante. Eh bien, Noa'h représente cette Neshama. C'est l'équilibre de l'homme. Noa'h vaut 58 en valeur numérique, comme l'oreille, qui est le centre de l'équilibre de l'être. Ce qui veut dire que ce qui est agréable, Noa'h, ce qui te permet d'être assis dans une certaine stabilité, c'est cette Neshama.
Au moment où il y a une destruction extérieure, donc du corps, que ce soit le corps individuel ou le corps cosmique, il reste cette Neshama qui est dans cette boîte qu'on appelle une Teva, et qui veut dire aussi Teva, un mot. En hébreu, Milim, Tevot au pluriel. Donc une Teva n'est pas seulement une boîte, ce n'est pas un bateau. La traduction la plus exacte de Teva, c'est un mot, un terme.
Donc Noa'h est entré dans un mot. Quand il y a un déluge, on doit entrer dans les mots. Cela veut dire qu'on doit approfondir notre verbe, le verbe divin, la Torah. Entrer dans les mots, c'est trouver un équilibre. Car les mots sont formés, d'une manière générale, de racines de trois lettres.
L'arche de Noé, elle aussi, est formée de trois niveaux. Ces trois niveaux représentent ce que le Zohar nomme le monde de la réparation. Dès que nous sommes face à une correction, à un tikkoun, un tikkoun veut dire que la lumière et le contenant se respectent mutuellement, et là il y a une notion de tikkoun.
Et cette notion de tikkoun, c'est pénétrer à l'intérieur de la racine des choses. En hébreu, ce qu'on n'entend pas en français: le langage se dit aussi Lachon ou bien Safa. La différence, c'est que la Lachon, c'est l'intérieur, comme la langue, alors que Safa, ce sont les lèvres, c'est l'extérieur.
Ce qui veut dire que lorsque j'utilise le terme Lachon en hébreu, je veux parler de l'essence de la nation qui parle cette langue. Et lorsque je parle de Safa, il y a une expression en hébreu, c'est-à-dire que c'est quelque chose d'assez superficiel, comme le bord de mer. Donc il y a quelque chose de très intéressant.
Parfois on va utiliser le terme de Lachon pour connaître l'identité d'une certaine nation. Si j'approfondis le français, je peux savoir de quelle nature est la nation française. Car la langue, c'est l'identité de la nation. Mais si je ne sais pas parler et que je ne parle que d'une manière superficielle, je suis dans la Safa et non plus dans la Lachon, dans le superficiel.
Quels sont les engendrements de Noa'h ? Simplement, on aurait dû dire Chem, Ham et Yaffet, ce sont trois enfants. Alors que la Torah nous dit: voici les descendants de Noa'h, comme s'il était lui-même descendant de lui-même. En profondeur, nous sommes là face à quelqu'un qui a découvert son être. C'est-à-dire que Noa'h a découvert Noa'h.
D'ailleurs, on le dit. C'est-à-dire qu'il s'est trouvé exactement lui-même, comme dans un miroir. Vous prenez le mot Khen, c'est Noa'h à l'envers. Donc, lorsqu'il se regarde dans un miroir, il se trouve. Donc Noa'h vit selon son identité. C'est pour ça qu'il est appelé tsadik. Il est entier.
On va essayer de s'occuper un petit peu de ce mot qui gêne un peu: pourquoi dit-on qu'il était tsadik « dans ces générations » ? Il n'est pas écrit « dans ces générations ». Combien ? On n'en sait rien. Noa'h marchait, et en hébreu cela veut dire « avec ». Donc Noa'h était un tsadik d'Elohim. Il nous manque un tsadik de Yod-Hé-Vav-Hé, du tétragramme. D'accord ? Ça veut dire que Noa'h, c'est le tsadik du tétragramme lorsqu'il s'habille dans la nature. Moralité, il vit correctement sa vie, d'une manière équilibrée, on va dire, pour trouver grâce, au moins au niveau de la nature. Il ne contrarie pas la nature dans laquelle il vit.
Alors on va essayer de comprendre un petit peu plus en profondeur maintenant. Qu'est-ce qu'un tsadik selon la Torah ? C'est quelqu'un qui est capable de vivre selon les exigences de l'Absolu, béni soit-Il. Dans le bien comme dans le mal, c'est-à-dire s'éloigner du mal et se rapprocher du bien. Donc le mot tsadik vient du mot tsodek, c'est-à-dire il a raison, il est dans la raison, il n'est pas dans la déraison.
Donc Noa'h fait ce qui est agréable aux yeux de l'Éternel, et il s'éloigne, tant qu'il peut, de tout ce qui gêne Dieu de se dévoiler dans ce monde, comme Il l'a voulu au départ de sa création. Donc Noa'h, c'est le dernier souvenir, la dernière mémoire de l'humanité. Une nouvelle humanité va commencer avec Noa'h. Donc Noa'h, c'est qui ? Adam numéro 2. D'accord ? C'est Adam, Arichon numéro 2.
Donc il y a des tentatives divines, entre guillemets, des tentatives. Dieu sait très bien cette évolution, mais pour nous, c'est Adam numéro 2. Tout ce qu'il y avait jusqu'à maintenant est mis à l'écart. C'est fini. Donc Noa'h est considéré comme un homme tam, qui veut dire entier, dans ces générations-là, et selon les exigences demandées par l'Infini, béni soit-Il, dans ces générations-là, il était droit. On ne peut pas dire qu'il était tsadik absolu, la Torah elle-même ne le dit pas.
Bedorotav, ça veut dire qu'on ne s'attache pas seulement à une seule génération. Cela veut dire que Noa'h n'est pas seulement le tsadik par rapport à cette génération-là. Il est tsadik par rapport à une multitude de générations, je ne sais pas combien. Il y a combien de générations en réalité, d'une manière globale ? Dix. Bon, un homme, on ne sait pas combien de générations il peut vivre. À cette époque, peut-être oui, aujourd'hui moins.
Il a vécu 8 ans ? Non, on n'a pas vécu 8 ans. 600 ? Non. 600 ? Non, 900. Ça veut dire 600 quand il est entré dans la Teva, plus 50, 650, 950 ans. Voilà. 1000, c'est une totalité dans la Torah. C'est pour ça que je dis ça. Quand on dit 1000 dans la Torah, étant donné qu'il n'y a pas de chiffre plus grand que 1000, c'est l'absolu. S'il avait vécu 1000 ans, il aurait été considéré comme éternel. C'est pour ça que je chipote.
Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche
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