L'argument de la révélation collective, Rav Yehouda Halevi
Comment le roi des Khazars répond au piège du roi d'Inde : Dieu se fait connaître comme Celui qui a fait sortir Israël d'Égypte.
Rav David Partouche
Ensuite : L'âme d'Israël, au-delà des règnes de la nature, 1 h 02
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Bonjour.
Nous en sommes à la réponse, à la question du Khaver après l'exemple qui a été donné au sujet du roi d'Inde. Il lui dit: de quelle manière vas-tu parler de ce roi d'Inde que tu n'as jamais vu, que tu n'as jamais rencontré, mais de qui tu as reçu des médicaments, des prodiges, des miracles, des potions magiques qui t'ont aidé dans tes guerres, etc. ?
Le roi des Khazars répond: par les mêmes choses avec lesquelles j'ai vécu. C'est-à-dire que je ne pourrais parler que de ce que j'ai vécu grâce au roi d'Inde.
Et qu'est-ce que répond le Khaver ? Il dit: « Café. » Est-ce que vous voyez là ? Il dit: « C'est exactement la même chose que je t'ai répondue lorsque tu m'as posé la question. Toi, roi des Khazars, tu m'as demandé en quel dieu je crois, quelle est ma croyance, quelle est ma émouna ? Et j'ai répondu: le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob. »
Et tu m'as critiqué sur ça. Tu m'as dit: « Mais comment ? D'habitude, on me dit: le Dieu créateur, celui qui a créé le monde. Pourquoi me parles-tu d'un dieu qui se réserve à ta famille ? Le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, qui t'a fait sortir d'Égypte, toi et ton peuple, qui t'a nourri dans le désert… Tu aurais dû répondre d'une manière beaucoup plus générale. »
Pourquoi ? D'une manière très personnelle, très familiale. Et il lui dit: c'est de cette manière aussi que Moïse a parlé avec Pharaon lorsqu'il lui a présenté Dieu.
Quand Moïse se présente devant Pharaon, il ne lui dit pas: le Dieu créateur, le créateur du monde m'envoie. Il ne dit pas cela. Il dit: le Dieu des Hébreux m'a envoyé vers toi, toi Pharaon. C'est-à-dire que j'ai eu un dévoilement du Dieu des Hébreux, et je suis là parce que j'ai vécu ce dévoilement. Ce n'est pas par une philosophie que j'ai appris qu'il y avait un créateur, ou que je pense qu'il y a un créateur. Non, c'est un dévoilement, une expérience vécue avec le divin.
Qu'est-ce que le Dieu des Hébreux ? C'est le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob. Parce que toutes les nations connaissaient Abraham, connaissaient avec nous l'histoire d'Isaac et de Jacob, et savaient qu'ils avaient une relation avec le divin, et que ce même Dieu les a dirigés, et qu'il a fait des miracles.
Et bien entendu, Moïse, lorsqu'il se présente devant Pharaon, dit: le Créateur du ciel et de la terre m'a envoyé vers toi. Il ne dit même pas « mon créateur » ou « ton créateur ». Mais ce n'est pas seulement cela.
Lorsque Dieu lui-même se présente pour la première fois en public devant le peuple d'Israël, le jour de Chavouot, lors des Dix Commandements, la première parole qu'il prononce est: « Je suis l'Éternel ton Dieu qui t'ai fait sortir d'Égypte. » C'est ce même Dieu qui s'est présenté au peuple d'Israël tout entier.
Il n'a pas dit: « Je suis le créateur du monde et votre créateur à vous, je vous ai créés. »
Et c'est ainsi, dit Rabbi Yehouda Halevi, de la même manière que Moïse, que je me suis présenté à toi et que j'ai répondu lorsque tu m'as posé cette question sur ma émouna, sur ma croyance. Je t'ai répondu à partir de ce que je suis, obligé. Mais pas seulement moi, tout Israël. Parce que cette chose-là, la sortie d'Égypte, le désert, l'entrée en Terre d'Israël, tout cela, ce sont des choses que leurs yeux ont vues.
Et ensuite, il y a eu la transmission, qui a continué de génération en génération. Et cette transmission-là remplace la vue de l'œil. Il faudrait expliquer tout cela.
Qu'est-ce que l'on voit ici ? On voit que Rabbi Yehouda Halevi va répondre au roi des Khazars après lui avoir tendu un piège. Quel est le piège ? Le piège était l'exemple du roi d'Inde. Pourquoi est-ce un piège ?
Parce qu'il est sorti du sujet de l'homme et du créateur, de l'homme qui invente Dieu, et il a raconté une histoire: comment toi tu vis la vie. Si on te raconte, à propos d'un roi que tu n'as jamais vu, que tu n'as pas pu rencontrer, est-ce que tu vas croire qu'il existe ? Ce qui veut dire, je traduis: est-ce que la créature témoigne du créateur ? C'est cela, le union.
Parce que quel était l'exemple ? Si tu rencontres des gens d'Inde qui sont droits dans leurs affaires, qui se comportent bien, etc., est-ce que tu vas croire que cela vient de leur roi ? Que c'est lui qui les a faits, qui les a éduqués dans le droit chemin, et qu'ils ont un roi extraordinaire ? Le roi des Khazars dit: non, peut-être oui, peut-être que c'est grâce à leur roi, peut-être que c'est grâce à eux-mêmes, peut-être que c'est les deux. Ou peut-être qu'il n'y a pas de roi, le roi est méchant, mais eux sont bons.
En fait, quelle était la question ? Est-ce que parce que tu vois un ordre dans ce monde, dans la créature, il faut forcément qu'il y ait un seul qui a ordonné cela, qui a créé tout cela ? Est-ce que la créature nous enseigne sur le créateur ?
Si on lui avait posé cette question, le roi des Khazars aurait répondu: oui, forcément, la créature nous prouve qu'il y a un créateur. Or Rabbi Yehouda Halevi ne veut pas cela. Pourquoi ? Parce qu'il ne veut pas parler d'Yiv Seret, parce que cela serait resté au niveau intellectuel, que tu arrives à une conclusion: la créature renseigne sur le créateur, il n'y a pas de créature sans créateur, il n'y a pas d'horloge sans horloger.
Mais il veut lui dire de quelle manière tu accepterais une chose que tu n'as pas encore vue. Il dit: non, je n'accepterais pas tant que je n'ai pas vécu une relation avec elle. C'est pour cela qu'il lui amène l'histoire du roi d'Inde. Le roi d'Inde ne va pas y croire tant qu'il n'a pas reçu des choses qui viennent directement du palais, directement du roi d'Inde.
À ce moment-là, il va dire: je suis khayav, je suis obligé de le remercier, parce que j'ai vécu les cadeaux qu'il m'a donnés, j'ai vécu le bienfait qu'il m'a fait, et je peux parler de cette relation. Bien.
Donc qu'est-ce qu'il veut lui apprendre ? Il veut lui apprendre exactement ce que Moïse notre maître veut apprendre à Pharaon, et ce que le Kadoch Baroukh Hou lui-même veut apprendre au peuple d'Israël. Pourquoi ? Parce que lorsque le Kadoch Baroukh Hou se dévoile au peuple d'Israël et dit: « Je suis l'Éternel qui t'ai fait sortir d'Égypte », on ne parle pas, dans la Torah, de l'émouna comme d'une chose théorique, mais d'une chose qui a été vécue.
Et nous avons commencé à donner une définition: le mot émouna désigne une des facultés, une des capacités de comprendre les choses qui …
Cours de la chaîne YouTube d'Orot veKelim
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