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Les noun renversés de Behaalotekha et le sens du texte

Pourquoi la Torah encadre deux versets de deux noun inversés, et ce que ce passage dit de la liberté d'interprétation.

1 h 05

Rav Élie Kling

Ensuite : Chelah Lekha : les explorateurs et la faute de Moché, 1 h 19

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Alors, on va donc parler des noun inversés, et en fait il s'agit de la paracha de la semaine prochaine, celle qu'on va lire dans six jours: Behaalotekha. C'est une paracha tournante dans l'histoire du livre de Bamidbar, puisque, finalement, les Hébreux, qui étaient depuis un an, et même un peu plus, au pied du Sinaï, vont lever le camp. C'est-à-dire qu'ils vont partir. Ça fait à peu près un an qu'ils sont là-bas. Ils ont eu le temps de recevoir la Torah, ils ont eu le temps de construire le Mishkan, ils ont eu le temps de se compter, de s'organiser par drapeau, par chef, par tribu, etc. Et là, le moment est venu de partir.

Le texte de la paracha, qui nous raconte ce moment, bien précis, historique, où les Hébreux quittent le Sinaï, il est écrit comme ça dans le verset. Je vous le dis. Vayomer Moshe LeHovav ben Reouel. Je lis quelques versets avant celui que vous avez en face des yeux, mais c'est pas grave. Et Yoann, tu peux garder celui-là également à l'écran. Vayomer Moshe LeHovav ben Reouel, Amid Yani, Chotel Moshe, Nosim, Manach, Nolamakom. C'est-à-dire que Moshe va voir son beau-père,

Yitro, qui s'appelle aussi Hovav, et il lui dit: allez, c'est le moment, on va partir. Et là, bizarrement, Yitro dit: ah bah non, si c'est pour aller en Israël, franchement, non, non, non, non, non, moi je préfère retourner chez moi. C'est très curieux, parce que Yitro, c'est quand même le bonhomme qui a laissé tomber. Vous savez qu'il avait un grand job là-bas, en tant que prêtre de Midian, il était très prestigieux. Il a tout laissé tomber par amour du peuple, etc. Et puis, tout d'un coup, au moment où Moshe lui dit: maintenant on part vers Israël, il dit: ah bon, si c'est comme ça… Il dit: je vais retourner dans mon pays et dans ma patrie. Dans mon pays et dans ma patrie. Ce qui rappelle évidemment Avraham, qui lui a fait le chemin inverse.

Il y a toute une discussion entre Moshe et Yitro: « Tu ne vas pas nous laisser comme ça, on a besoin de toi, t'as besoin de nous, tout ça. » Et Yitro, finalement, ne répond pas, donc on sait pas trop: est-ce qu'il est rentré là-bas, est-ce qu'il est pas rentré là-bas ? C'est très curieux, mais ce n'est pas le sujet de notre étude de ce soir. En tout cas, une fois que tout ça est terminé, Yoann, tu peux nous remettre les psoukim. Le texte dit la chose suivante: Vayissaou meHarHachem, ils ont quitté Har Hachem. Har Hachem, c'est évidemment la montagne de Hachem, c'est-à-dire le Sinaï. Ils ont donc quitté le Sinaï.

Derekh shelocha yamim, véha'aron berit Hachem noseaa lifneihem. Il y avait donc évidemment l'Aron, l'Arche sainte, qui partait en avant. Derekh shelocha yamim: ils sont partis pendant trois jours, pour chercher, à la recherche d'un endroit, une prochaine étape, un endroit où camper. Ils ont marché pendant trois jours et ils ont cherché quelque chose. Et puis, là, tout d'un coup. Mais alors, tout d'un coup…

Il y a dans le texte de la Torah un noun inversé. Le noun, il n'est pas dans le texte que nous montre ici Yoann, parce que dans l'édition que Yoann a prise… Ah si, si, on voit une sorte de… Oui, oui, d'accord. Évitez les samekh, là. Le samekh, ça veut simplement dire que la paracha est pétouha, c'est-à-dire qu'il y a un petit espace de quelques lettres entre le mot précédent et le mot suivant, pesouka. Quant au lamed qu'on a écrit avant Vayehi binsoa haaron, ça, c'est le numéro du verset. Celui-là également ne figure pas, bien sûr, dans la Torah. Et en fait, qu'est-ce qu'on voit dans la Torah ? On voit juste le noun. Vous voyez ici, entre les deux samekh, il y a un noun à l'envers, et ce noun figure en effet dans le Sefer Torah.

Ensuite, nous avons droit à deux versets: Vayehi binsoa haaron, vayomer Moshe, et deuxième verset, verset lamed 36. Et à la fin, vous avez un autre noun, un deuxième noun. Donc ce texte, qui comprend deux versets, se trouve encadré, entouré de deux noun à l'envers. Ce qui est très, très bizarre, parce que franchement, les noun à l'envers, ce n'est pas ce qu'il y a de plus fréquent dans le texte de la Torah. On comprend pas très bien ce qu'ils viennent faire là.

En tout cas, qu'est-ce que dit le texte qui est à l'intérieur, entre les deux noun ? Le texte dit: lorsque l'Aron, l'Arche sainte, devait commencer à marcher, Moshe devait dire: « Lève-toi, Hachem, et que tes ennemis se dispersent, que tes ennemis s'enfuient de devant toi. » Une sorte de tefila que l'on devait dire, une sorte de tefila de départ, quoi. On va partir maintenant; il faut partir de la manière la plus sûre possible. Ouvnoho yomar: ouvnoho, ça veut dire lorsque l'Aron en question se reposait, c'est-à-dire qu'on avait trouvé finalement un endroit.

Vous vous arrêtez. Ouvnoho yomar. À ce moment-là, il fallait, il faudrait dire, c'est toujours Moshe qui doit parler: il doit dire Chouva Hachem, revevot alfei Israël. Revenez, Hachem, parmi les dizaines, les milliers de Bné Israël, à l'intérieur, je suppose. Il y avait donc, en fait, deux choses que Moshe devait dire, deux phrases. Une phrase qu'il devait dire au moment où l'Aron partait, au moment où les Lévites portaient l'Aron, c'était Kouma Hachem, lève-toi, Hachem. Et une deuxième phrase, à l'opposé: lorsque l'Aron trouvait sa place, lorsque le Lévi s'arrêtait, Moshe devait dire Chouva Hachem. Bien. Fin du deuxième noun.

Ensuite, on nous raconte des histoires terribles, qui arrivent justement lors de ce premier voyage, la première fois qu'il quitte le Sinaï. Voilà ce que nous raconte le texte: une fois qu'ils sont partis, le peuple a commencé à se plaindre. C'est comme en hébreu aujourd'hui: le peuple a commencé à se plaindre. C'était mal vu, mais c'était mal vu par Dieu lui-même. C'est-à-dire que les oreilles de Hachem ont entendu quelque chose de pas bien. Et la vérité, on ne sait pas trop. Nous-mêmes, on ne sait pas trop, parce que ce n'est pas explicite. Mais ce n'est pas seulement nous qui ne savons pas: apparemment, Moshe non plus n'était pas au courant. C'est Dieu qui a entendu. En tout cas, les gens se sont plaints. On ne sait pas exactement de quoi ils se sont plaints, mais ils se sont plaints. Vayishma Hachem: c'est Dieu qui a entendu, c'est Dieu qui écoute.

Vayiḥar apo, il s'est énervé. Bata'ar bam ésh Hachem. Et comme il s'est énervé, figurez-vous qu'il y a un feu qui les a brûlés. Les gens qui se plaignaient, les ronchonneurs. C'est vrai, c'est agaçant, quoi, les gens qui se plaignent. Donc il y a un feu qui les brûle, très bien. Vatéhokhal biktsé hamahané. Et vers l'extrémité du mahané, ces gens-là, qui se trouvaient sans doute à la traîne, à la fin… Évidemment, quand tu te …

Cours de la chaîne YouTube du Rav Élie Kling

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