Chavouot, la naissance de l'âme d'Israël
Pourquoi Chavouot clôt Pessah : le corps d'Israël naît en Égypte, son âme est donnée au Sinaï.
Rav David Partouche
Ensuite : Le deuil de Jérusalem selon Rabbi Yehochoua, 8 min
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Nous approchons de la fête de Chavouot, et nous devons essayer de comprendre ce qui s'est passé le jour de Chavouot. Chavouot est appelée dans la Torah la fête de Hatséret. Hatséret, qu'est-ce que c'est ? Hatséret signifie la fête de clôture. Elle vient clôturer quelle fête ? Elle vient en fait clôturer la fête de Pessa'h. Pessa'h, le 15 Nissan, marque le début de la sortie d'Égypte, et la dernière étape de cette sortie d'Égypte va être Hatséret, va être Chavouot.
La fête de Chavouot, que nous allons bientôt célébrer, nous allons comprendre quel est le rapport entre la fête de Pessa'h et la fête de Chavouot. La fête de Pessa'h, c'est la naissance du peuple d'Israël, et Chavouot, c'est aussi la naissance du peuple d'Israël. Quelle est la différence ? Lorsque nous sommes sortis d'Égypte, qu'est-ce qui est né ? Ce qui est né du peuple d'Israël, c'est son corps. C'est le corps du peuple d'Israël qui est né. Et à Chavouot, c'est l'âme du peuple d'Israël qui est descendue sur terre, dans ce corps-là.
Fêter à Pessa'h la naissance du peuple d'Israël, c'est comme fêter la naissance d'un enfant. C'est un enfant qui était dans le ventre de sa mère. Comme nous l'enseigne le Maharal de Prague, en expliquant le verset qui dit « une nation dans les entrailles d'une autre nation », il dit: nous ressemblions à cet enfant, à cet embryon qui est dans le ventre de sa mère. Nous étions totalement engloutis en Égypte. C'était la situation des enfants d'Israël en Égypte: nous étions une nation dans une nation.
Non, nous étions plus que cela. Nous n'étions rien au sein d'une nation. Qu'est-ce que cela veut dire, nous n'étions rien ? Nous étions un embryon, oui. Mais il y a un enseignement qui dit que l'embryon est considéré comme une partie de la mère. Excusez-moi pour l'exemple, mais si on le prend dans le monde animal, on peut comprendre. Si nous avons une vache, à l'intérieur de laquelle elle porte un veau, qui va bientôt naître, mais que le shohet décide de procéder à la shehita de cette vache…
Lorsqu'il procède à la shehita de cette vache et qu'il trouve le veau à l'intérieur de la mère, la Gemara se pose la question dans le traité Houline: peut-on manger le veau mort, dont la mort a été causée par l'abattage, sans shehita ou avec une shehita ? Et la Gemara répond: si le veau est vivant, alors on peut le tuer de n'importe quelle façon, et on n'a pas besoin de lui faire la shehita.
Comment est-ce possible ? La Gemara répond: la shehita de la mère a permis la consommation du veau. Bien sûr, on ne va pas manger le veau vivant, mais la Torah nous permet de lui ôter la vie de n'importe quelle façon, de façon à ne pas le faire souffrir, sans qu'on soit obligé de lui faire la shehita. Pourquoi ? Parce que le veau, dans le ventre de sa mère, tant qu'il est dans le ventre de sa mère, est considéré comme une partie intégrante de la mère, c'est-à-dire comme un morceau de la mère. Et c'était notre situation en Égypte.
En Égypte, nous n'étions pas une nation. Nous n'étions pas un peuple. Nous n'étions rien du tout. Nous étions à l'image de ce veau dans le ventre de sa mère. Et lorsque HaKadosh Baroukh Hou nous a fait sortir d'Égypte, il a ouvert les eaux, les eaux se sont séparées, nous sommes partis, et l'enfant est né. Et qu'est-ce qui est né ? Au moment où nous sommes sortis, nous sommes devenus une nation. Qui a créé cette nation ? HaKadosh Baroukh Hou lui-même.
Il y a une création d'une nation par Hachem lui-même. Ce n'est pas une organisation humaine qui s'est rassemblée et qui a décidé de faire un peuple. C'est Hachem lui-même qui, en nous faisant sortir d'Égypte, nous a donné la vie. Mais cette vie n'était qu'une vie matérielle. Nous étions au 49e degré d'impureté. Au niveau spirituel, le peuple d'Israël, cette nation juive, était au plus bas. Et il allait se préparer, un jour, deux jours, trois jours, jusqu'au 49e jour: 49 jours de préparation
pour être capable de recevoir ce qui allait se passer le cinquantième jour. Que va-t-il se passer le cinquantième jour ? Le jour de Chavouot. HaKadosh Baroukh Hou va faire descendre l'âme du peuple d'Israël. Et d'où savons-nous cela ? Parce que le jour de Chavouot est appelé Ḥag Matan Torah, la fête du don de la Torah. Or si on vérifie, a-t-on véritablement reçu la Torah ? On a entendu les dix paroles. Ou plutôt, exactement, on a entendu les deux premières paroles
de la bouche de HaKadosh Baroukh Hou lui-même: les deux premières paroles, les deux premiers commandements. Et les huit autres, c'est HaKadosh Baroukh Hou qui les a dites à Moïse pour qu'il les transmette au peuple d'Israël. Cela s'est passé le jour de Chavouot. Peut-on dire qu'on a reçu toute la Torah ? La Torah, on la recevra beaucoup plus tard. Alors, que veut dire que Chavouot est le jour où on nous a donné la Torah ? Et là, le Rav nous enseigne:
On ne nous a pas donné la Torah écrite, ni toute la Torah. Ce qu'on nous a donné, c'est notre âme, l'âme d'Israël. Et quel est le rapport entre l'âme d'Israël et la Torah ? Voilà la réponse. L'âme d'Israël et la Torah. L'âme d'Israël et la Torah. Ce qui sera mis par écrit beaucoup plus tard, c'est-à-dire au jour de Kippour, trois mois plus tard, lorsque nous recevrons les tables de la Loi, il y aura écrit: « Chamor et-Yom HaChabbat », préserve le jour du Chabbat. On mettra par écrit sur des pierres ce qui était inscrit dans notre âme, ce qui était inscrit dans le corps de la nation d'Israël. La Torah écrite, ou toute la Torah qui se trouve dans les livres, vient uniquement mettre par écrit, dévoiler ce qui existe à l'intérieur de nous, ce qui est inscrit dans notre âme. Cette âme, elle est Torah.
C'est l'âme d'Israël. C'est ce que nous avons reçu le jour de Chavouot. De la même façon que lorsque HaKadosh Baroukh Hou a insufflé un souffle de vie à l'homme pour lui donner la vie, en soufflant dans ses narines un souffle de vie, c'est ce que HaKadosh Baroukh Hou a fait lorsqu'il a parlé à Bné Israël et qu'il a donné les dix commandements. Qu'a-t-il fait ? Il a insufflé ces paroles en nous. Ces paroles nous ont faits. Ces commandements nous ont faits.
L'âme qui est venue en nous était l'âme la plus adaptée: c'était l'âme de la Torah. Qu'est-ce que cela veut dire ? Cela veut dire que la Torah n'appartient qu'aux Juifs, aux Bné Israël, en effet. Le fameux Midrash dit qu'HaKadosh Baroukh Hou, avant de donner la Torah, est venu proposer [...] aux autres peuples: voulez-vous recevoir la Torah ? Il a demandé aux Bné Ishmaël: voulez-vous recevoir la Torah ? Et les Bné Ishmaël ont dit: qu'est-il …
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