La techouva : revenir ou aller vers la Torah
Le sens du mot techouva, sa racine lachouv, et pourquoi on parle de techouva même pour qui n'a jamais été pratiquant.
Rav David Partouche
Ensuite : Anokhi : la Torah, journal intime du Créateur, 5 min
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Shalom à tous. Nous allons parler de la techouva. Lorsqu'on rencontre ce mot en hébreu, on a certains problèmes à le traduire en français. Comme disaient certaines grandes personnes, traduction égale trahison. Il est vrai que lorsqu'on essaie de comprendre un mot en hébreu, il faut essayer de comprendre sa racine, son origine. Le mot techouva vient de la racine chin-vav-bet, la lettre chin, la lettre vav et la lettre bet, qui veut dire chav.
Chav veut dire revenir. Lachouv veut dire revenir. Ani chav, je reviens. Mais vers où revenir ? On retrouve le mot chav, lachouv, qui a donné plus tard le mot techouva, dans plusieurs contextes. Par exemple, on trouve le mot lachouv, revenir, pour parler de l'endroit: revenir vers son endroit. Et HaKadosh Baroukh Hou va l'utiliser pour parler du retour des exilés: il nous ramènera jusqu'en Erets Israël. On utilise le terme lachouv, qui veut dire revenir.
Mais lorsqu'on parle aujourd'hui de la techouva, du retour, du lachouv, le fait de revenir, on a tendance à l'attacher, et on verra si c'est normal ou pas, à HaKadosh Baroukh Hou. On parle de personnes qui ont fait techouva, ou qui font techouva, c'est-à-dire qui retournent vers la religion, qui retournent vers la Torah. Mais la question qui se pose est la suivante.
Si une personne qui était religieuse, qui respectait les mitsvot, qui respectait la Torah, qui faisait sa tefila, qui respectait Chabbat et les fêtes, etc., qui était appelée, comme le disent les gens, religieuse, un beau jour a décidé, pour X raisons, de tout abandonner, alors je peux comprendre qu'on utilise, pour cette personne, si un beau jour elle décide de revenir vers la vie religieuse qu'elle menait auparavant, le terme techouva.
Pourquoi ? Parce qu'elle était à un certain niveau religieux, elle est sortie de ce niveau religieux, et elle retourne, elle fait une techouva, elle retourne à son point de départ qui était d'être religieuse. Mais imaginez-vous une personne, comme on le voit dans la société d'Israël aujourd'hui ou comme on le voit chez beaucoup de personnes juives aujourd'hui, à laquelle on dira qu'elle fait techouva.
Et on parlera de personnes qui n'ont jamais respecté les limites, jamais respecté la Torah, jamais respecté Chabbat. Et du jour au lendemain, il se passe un événement. On essaiera de comprendre d'où ça vient, pourquoi ça vient et comment ça se passe. Du jour au lendemain, ils décident de faire ce qu'on appelle la techouva, de retourner vers la Torah. Mais ils n'y étaient pas. Comment utiliser un terme de retour ? On utilise le terme de retour lorsqu'on était à un endroit, qu'on a quitté cet endroit et qu'on retourne vers cet endroit. Là, je pourrais dire qu'ils retournent.
Mais s'ils n'ont jamais été religieux, s'ils n'ont jamais respecté Chabbat, alors on aurait dû utiliser un terme du type « il va vers la Torah », « il va vers les mitsvot », « il va vers Chabbat », puisqu'il n'est jamais allé. On ne peut pas dire qu'il retourne vers la Torah, qu'il retourne vers les mitsvot, qu'il fait techouva. Alors que veut dire véritablement le terme techouva ? Certains ont voulu expliquer que la techouva, c'est le retour vers la situation originelle de l'homme, c'est-à-dire ce qu'il était.
Nous étions tous dans le ventre de notre mère, et nous étions, dit la Guemara, comme des tsadikim. On apprenait toute la Torah. Et lorsqu'on fait techouva, on retourne comme dans le ventre de sa mère, on est considéré comme des tsadikim, on revient vers la Torah de notre matrice, comme on l'a entendu dans la matrice de notre mère. Oui, mais il y a un problème. Si on parle de notre situation lorsqu'on était dans le ventre de notre mère, on n'existait pas.
On n'était pas. On n'était pas une réalité. On ne peut pas commencer à dire qu'une personne a considéré un être vivant lorsqu'il est dans le ventre de sa mère. Tant qu'il est dans le ventre de sa mère, les années ne comptent pas, les jours ne comptent pas. Il n'existe pas. Il n'est pas. C'est seulement lorsqu'il naîtra que l'on pourra parler d'une créature, d'une création, d'un être, d'un homme, d'un vivant. Mais tant qu'il est dans le ventre de sa mère, ça ne compte pas. Ce n'est pas considéré comme un être.
Alors que veut dire le mot techouva, vers où revenir ? Lorsqu'on se pose ce genre de questions, que ce soit la notion de techouva comme aujourd'hui, ou que ce soit d'autres notions comme la tefila, la prière, ou d'autres notions comme la Gueoula, la libération, ou encore anava, l'humilité, émouna, etc., les vertus, les différentes vertus qu'il faut acquérir, il faut se poser la question suivante.
Qu'est-ce que cela veut dire chez Lui ? Qui c'est, « Lui » ? On parle de HaKadosh Baroukh Hou, on parle du Saint, béni soit-Il, on parle de Hachem, la source de tout. Qu'est-ce que veut dire la techouva chez Lui ? Qu'est-ce que veut dire cette question ? Il y a un grand principe dans la Torah: nous sommes comparés à des branches. Nous sommes parfois comparés à un trou.
Elles ne viennent pas de nous. Les racines, les racines originelles, viennent de Lui. Et de la même façon que dans l'arbre, tout se trouve dans les racines, on ne peut pas trouver dans l'arbre quelque chose qui ne se trouvait pas dans les racines. On ne peut pas trouver un élément dans l'arbre dont la source ne se trouve pas dans les racines. Sinon, c'est un élément extérieur à l'arbre. Il ne fait pas partie de l'arbre. Il n'est pas la continuité des racines de l'arbre.
Or, l'arbre que nous voyons à l'extérieur commence sa vie de l'intérieur, commence sa vie de ses racines les plus profondes. Non seulement il tire toute sa vie, mais il tire toute sa nature, il tire tout son état, toute sa particularité. Tous les fruits qui vont sortir après se trouvent déjà en potentiel dans les racines. De la même façon, nous ne pouvons pas trouver chez nous quelque chose qui ne se trouve pas chez Lui. S'il y a quelque chose chez nous qui ne se trouve pas chez Lui, alors cela veut dire que ce n'est pas rattaché à Lui, que ce n'est pas la continuité de Lui.
Or, dans la Torah, le grand principe est le suivant: HaKadosh Baroukh Hou nous ordonne: tu dois suivre, tu suivras ces chemins. Et la Guemara pose la question: comment est-ce possible ? Comment peut-on suivre les chemins de HaKadosh Baroukh Hou ? Que veut dire suivre les chemins de HaKadosh Baroukh Hou ?
De la même façon qu'Il est miséricordieux, nous avons le devoir d'être nous-mêmes miséricordieux. Il faut savoir que le rapport que nous avons avec le divin n'est pas un rapport philosophique, n'est pas un rapport de théorie, de thèse. Le rapport que nous avons avec le divin est un rapport de vie, une rencontre de vie. De la même façon, entre un homme et une femme, le rapport qui existe entre eux n'est pas un rapport au-delà du rationnel, …
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