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La faute des explorateurs et le courage de monter en Israël

Pourquoi les explorateurs ont craint d'entrer en Erets Israël, et ce que leur faute enseigne sur l'Aliya aujourd'hui.

8 min

Rav David Partouche

Ensuite : Pourquoi la Torah se transmet à deux, en parlant, 5 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Shalom à tous et Chabbat shalom. Nous allons voir ensemble la paracha de cette semaine, la paracha de Chelah Lekha, la fameuse paracha sur la faute des explorateurs. Les explorateurs se disent en hébreu Ha-Meraglim, Ha-Meraguel. C'est une personne qui espionne, qui va explorer. Et lorsque nous avons envoyé les Meraglim, Hakadosh Baroukh Hou les appelle les Meraglim, les explorateurs.

Ce qui est étonnant, c'est que le mot Meraguel vient du mot regel. Regel, cela veut dire les jambes, pour marcher. On marche avec nos raglaïm, avec nos jambes. Ça a donné aussi le mot français « régulier ». Ce sont des choses qui se répètent régulièrement, regel. Il y a les trois fêtes, les trois fêtes de pèlerinage, parce qu'on marche avec les jambes. Mais aussi, on a l'habitude, trois fois par an, de se joindre, de rejoindre Yerouchalaïm.

Quel rapport avec la faute des explorateurs ? La faute des explorateurs est la faute d'avoir des problèmes au niveau des jambes. Quel problème au niveau des jambes ? Les jambes, c'est ce qui permet de réaliser tout ce que tu as dans ton esprit. Tes valeurs, tes projets, les jambes vont te permettre de les réaliser. À tel point qu'on le voit tous les matins. Le matin, il y a une bracha, pas sur les jambes, mais sur les chaussures, qui rappelle justement les pieds et les jambes qui permettent de réaliser les choses.

Une bracha sur les chaussures a été instituée. Tous les matins, nous récitons cette bénédiction, Acher assa li kol tsorki, qui a fait pour moi, pour mes besoins, tout ce dont j'ai besoin. Cette bracha a davantage été instituée pour les chaussures. Pourquoi ? Parce que la Torah voit la vie d'une façon très simple. Tous tes besoins sont prêts.

Il m'a fait pour moi tous mes besoins. Qu'est-ce que j'ai besoin de faire ? De mettre mes chaussures et d'aller prendre, cueillir, tout ce que Hakadosh Baroukh Hou m'a réservé. Et pour pouvoir aller cueillir tout ce que Hakadosh Baroukh Hou m'a réservé, il faut que je mette mes chaussures. Par mes jambes, je dois passer à l'action. Je dois réaliser les idéaux, je dois réaliser le projet de ma vie grâce à mes jambes.

Les explorateurs, c'est exactement ça, le problème. Les explorateurs avaient ce problème de ne pas vouloir réaliser le projet que Hakadosh Baroukh Hou avait mis dans le peuple d'Israël. Dans le Sefer Devarim, dans le livre de Devarim, Moshe Rabbeinu rappelle la faute des explorateurs. Et il leur dit que Hakadosh Baroukh Hou lui-même avait dit au peuple d'Israël: « Rav lakhem, vous êtes trop restés à la montagne du Sinaï. Vous vouliez trop rester dans le désert du Sinaï. » Pourquoi ?

Parce que dans le désert du Sinaï, tout allait bien. On était nourris, abrités, on s'occupait, on étudiait la Torah toute la journée. On n'était pas dans le monde de la réalisation. Lorsque l'homme se trouvait dans le désert, lorsque le peuple d'Israël se trouvait dans le désert, il était un peu en gestation. Il était quarante ans dans le guéguère, quarante ans dans le ventre de sa mère, il était en gestation. Lorsque le peuple d'Israël est sorti d'Égypte,

il ne doit pas rester en gestation. Lorsque le peuple d'Israël reçoit la Torah, le but, c'est, après être né à Pessa'h et avoir reçu la Torah à Chavou'ot, de réaliser la Torah en Erets Israël à Souккot. Or, le peuple d'Israël avait du mal à passer à l'acte. Le peuple d'Israël avait un problème dans ses jambes: réaliser le projet d'Israël d'être une nation sur sa terre. Le Zohar dit, au sujet de ce qu'on récite:

Le Zohar nous dit que seulement lorsqu'il est dans son pays, il est une nation. Le peuple d'Israël n'est pas une religion. Le peuple d'Israël n'est pas une suite d'individus, un rassemblement d'individus, mais une nation. Une nation, à l'image de l'âme d'un homme qui a besoin d'un corps d'homme pour se réaliser. L'âme d'une nation a besoin d'un peuple, d'un territoire, d'une royauté pour se réaliser pleinement.

Et le passage du désert à l'entrée en Israël nécessitait ce courage de devenir. Ce courage de devenir une nation pleine et entière sur sa terre. Et c'est ça, le problème des Meraglim. Les Meraglim avaient peur. Ils avaient peur, des peurs spirituelles, des peurs aussi matérielles. Est-ce que le peuple d'Israël était assez grand pour pouvoir réussir la réalisation de ce projet ?

L'auteur du Choulhan Aroukh, il y a 500 ans, s'est posé la question: pourquoi Moshe a-t-il accepté ? Car on n'avait aucune obligation d'envoyer des explorateurs. Hakadosh Baroukh Hou ne l'avait pas demandé. Moshe accepte d'envoyer des explorateurs parce que le peuple lui a demandé d'envoyer des explorateurs. Rabbi Yossef Karo a posé cette question, et le Maguid Mécharim, le Maguid de Rabbi Yossef Karo, qui venait lui parler la nuit dans ses rêves, lui répond que Moshe Rabbeinu avait eu tellement confiance dans la terre des Résistreines,

qui pensaient que lorsque les Meraglim, les explorateurs, seraient envoyés en Israël, alors ils prendraient conscience de la beauté, de la grandeur du projet, de la beauté du pays. Ils voudraient rentrer en Erets Israël. Et ce n'est pas ce qui s'est passé. Les Meraglim ont été totalement fermés à la beauté d'Erets Israël. Pourquoi ? Parce que lorsqu'ils sont allés visiter Erets Israël, ils avaient déjà décidé, depuis bien longtemps, qu'Israël, nous n'y rentrerons pas.

Nous ne voulons pas y rester, nous voulons rester dans le désert. D'autant plus que la faute des explorateurs, ce ne sont pas des petites gens, ce sont de grandes personnes, ce sont les grands Meraglim, ce sont les grands de la génération. Comment des gens aussi grands dans la Torah, qui approfondissent la Torah, eux-mêmes ne veulent pas rentrer en Israël ? Et là, on apprend une chose importante: plus une personne devient grande dans la Torah, plus une personne a un yetser hara très fort

par rapport à Israël. Alors que, parfois, autour de nous, on voit le peuple simple. Pour lui, c'est tout à fait évident de monter en Israël. Monter en Israël, faire l'Aliya, c'est une chose évidente. Or, parfois, on s'étonne que des grands talmidé ha-hakhamim hésitent. Faire l'Aliya, tout est compliqué. Est-ce que c'est le moment ? Est-ce que ce n'est pas le moment ? Ça, on l'apprend des explorateurs. Les explorateurs, c'étaient de grands ba'alé Torah.

Et dafka parce qu'ils étaient grands dans la Torah, ils avaient ce yetser hara, cette faiblesse, cette faille, par rapport à Erets Israël, et ils pouvaient fauter, et c'est ce qu'ils ont fait. Et de nos jours, on répare la faute des explorateurs, des explorateurs qui voulaient empêcher les Juifs d'entrer à Erets Israël.

Pour reconstruire notre État, notre pays, notre nation. Aujourd'hui, le peuple d'Israël ne cesse de monter. Même les grands rabbanim ne cessent de monter. Les plus grands rabbanim aujourd'hui se trouvent en arrière d'Israël. Et grâce à cela, on voit d'année en année, de jour en jour, de minute en minute, s'estomper la terrible faute des explorateurs. Chabbat shalom.

Cours de Machon Meir

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