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Haftara de Parah : la purification nationale selon Yehezkel

Ézéchiel 36 : l'exil comme profanation du Nom, et le retour en Erets Israël comme réparation du corps national.

22 min

Rav Rony Akrich

Ensuite : Le livre de Ruth, une voie de relèvement pour Israël, 17 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Rony: Chers amis, bonjour. Nous sommes heureux de vous retrouver sur la télévision de Machon Meir. Et quel plaisir aujourd'hui, si ce n'est celui de recevoir mon ami, le Rav Yosef Betchouchan. Yosef, salam.

— Salam, Rony.

Rony: Nous sommes d'autant plus heureux qu'aujourd'hui le sujet va nous intéresser à tous, non pas un tant soit peu, mais énormément, car nous allons parler de la haftara du Chabbat de Para'h, qui vient cette semaine nous entretenir du chapitre de Yéhezkel, le chapitre 36, où il sera question de sanctification, de réparation de la souillure, de l'impureté. Et mon cher Yosef, ce verset que j'ai préparé devant moi: « Je sanctifierai mon grand nom qui a été profané parmi les nations, que vous-mêmes avez outragé parmi elles. Et les nations sauront que je suis l'Éternel. » C'est au chapitre 36, verset 23.

Rony: L'haftara que nous allons lire ne concerne pas simplement la purification de l'individu, comme on aurait pu le penser religieusement, mais celle de la nation entière. C'est-à-dire que la fin de l'exil signifierait une forme, mais formelle celle-ci, de purification, de tahara.

Rony: J'aimerais à ce propos t'entendre, parce que personnellement, ce que je viens de te dire m'interpelle énormément. En fin de compte, je ne peux pas lire Yéhezkel autrement qu'en étant presque dans la vision du prophète, où cette vision est collective, nationale, mais pas du tout individuelle. Si on revient un petit peu en arrière, les versets décrivent le peuple d'Israël qui va en décadence morale totale.

Et donc Dieu n'a pas d'autre issue pour le remettre sur pied que de l'envoyer en exil. C'est un remède virulent. Mais il s'avère que ce remède virulent pour le peuple d'Israël porte préjudice à Dieu lui-même. Car du fait que les enfants d'Israël sont dispersés, cela crée un hilloul Hachem, une profanation du Nom de Dieu. Qu'est-ce que ça veut dire, profanation du Nom de Dieu ? Comme il est dit: « Ils ont profané Mon saint Nom. »

On aurait pu penser à une profanation du Nom de Dieu par le fait qu'ils n'ont pas accompli les mitsvot, qu'ils n'ont pas mangé casher, qu'ils n'ont pas mis leurs tefillin. Mais ce n'est pas de cela qu'il est question, comme le prophète lui-même s'explique. Tu peux garder ça pour tout à l'heure, parce que je pense que par la suite...

Rony: La question qui m'intéressait de ton côté, c'est de dire que lorsque nous parlons de purification, on a toujours l'impression, dans le langage religieux, de la personne au singulier qui doit être purifiée. Et en lisant Yéhezkel, comme la plupart de nos prophètes, on a l'impression, ou plutôt on apprend qu'en fin de compte, cette purification concerne d'abord et avant tout ce qui intéresse Dieu. Bien sûr, la purification de l'individu compte, mais le Tanakh dans son ensemble traite de cette purification nationale.

Rony: Et c'est cela que je voudrais que tu abordes dans ce début de Yéhezkel, avant que nous revenions à ce que tu voulais dire précédemment: cette relation au Clal Israël dont il est question.

Rav Yosef Betchouchan: C'est tout à fait évident. Le chapitre ne parle que de la dimension nationale, pour celui qui sait lire le texte normalement. Et de quoi s'agit-il quand on parle de purification ? C'est exactement ce que j'avais entamé, et tu m'as coupé la parole, mais ce n'est pas grave.

Le peuple d'Israël a été exilé, et il n'y avait pas le choix. Pour reconstruire en lui une conception plus profonde, plus spirituelle, il avait besoin d'être exilé de sa terre, de toute approche matérielle. Mais du fait qu'il est exilé, les peuples de la terre montrent du doigt le peuple d'Israël. Ils disent: voilà donc le peuple de Dieu, il a été écarté de sa terre. Et cela crée un athéisme dans l'humanité entière. Car ce sacré bon Dieu, qui se prend pour le maître du monde, n'est même pas fichu de garder ses enfants à la maison.

Aujourd'hui, on est à l'approche des élections. Imaginez qu'un des candidats qui voudraient être Premier ministre dise: « Je suis capable de gérer la nation », et qu'on analyse ce qui se passe chez lui à la maison. Il a un enfant qui traîne dans les poubelles, un autre qui est drogué, et un autre qui a quitté la maison depuis bien longtemps. On va lui dire: « Mon pote, tu prétends gérer la nation, et tu n'es même pas fichu de gérer tes enfants. »

Donc tu te prends pour le bon Dieu, le maître du monde, et tu n'es même pas fichu de gérer ton propre peuple. Cette situation même est une profanation du Nom de Dieu. C'est vrai que Dieu n'avait pas le choix pour nous purifier de nos fautes les plus graves, comme l'idolâtrie et le meurtre, comme c'est précisé, que de nous exiler. Mais en nous aimant tellement, il est prêt à se porter préjudice à lui-même par ce remède virulent.

Non, jusqu'à un certain temps, jusqu'à ce qu'on en arrive à une situation où, entre guillemets, Dieu ne peut plus supporter cette honte et cette profanation. « Je vais sanctifier Mon saint Nom que vous avez profané parmi les peuples. » Par le fait même que les peuples disent: voilà donc le peuple de Dieu qui a été exilé.

Rony: Quand tu parles de profanation, et je pense qu'il est intéressant pour nos téléspectateurs de le signifier, bien avant l'événement que tu évoques ici, qui se passe en exil, bien avant, lorsque nous étions en Israël, voilà que les enfants d'Israël vont agir de manière inacceptable. Et ce qui est intéressant, et j'aimerais ton avis là-dessus aussi, bien entendu, c'est que nous avons la nette impression que l'inacceptable, que ce soit au Premier Temple, qui nous concerne, puisque Yéhezkel, rappelons-le pour ceux qui ne le savent pas, est un prophète qui a été oint prophétiquement en dehors d'Erets Israël, mais qui a prophétisé en dehors d'Erets Israël, à la même époque que Yirmeyahou, qui est en Judée à ce moment-là. Il se trouve qu'il prophétise à peine plus d'une dizaine d'années avant la destruction du Premier Temple.

Mais comme je le disais à l'instant, nous avons la nette impression que ce qui va générer l'exil, le déracinement total, comme tu l'as dit, par la débauche, par l'idolâtrie, par le meurtre, en fin de compte, à chaque fois, ne penses-tu pas que l'Éternel a un regard plus probant concernant l'identité morale d'Israël que l'approche seulement cultuelle de la Torah ?

Rony: Est-ce que dans ce que nous voyons au Premier et au Second Temple, comme je le dis maintenant, l'Éternel a un regard, comme les prophètes d'ailleurs, qui viendront remettre continuellement Israël en cause sur cette appréciation morale, c'est-à-dire sur leur manière d'être, sur leur conduite ?

Rav Yosef Betchouchan: Comme le dit le texte, ils l'ont souillé par leur conduite et par leurs œuvres. Il y a une métaphore, celle de la femme impure. Mais peu importe, il y a une conduite, une œuvre. L'Éternel tient d'abord à voir chez ses enfants cette stature, …

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Ce cours fait aussi partie de la série « Rav Rony Akrich, en direct du Machon Meir ».

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