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Moïse, Samuel et la question du pouvoir en Israël

Korah, la demande d'un roi au temps de Samuel et ce que le pouvoir doit être selon la Torah.

16 min

Rav Rony Akrich

Ensuite : Abraham, Josué, David, Mordekhaï : les quatre monnaies, 7 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Chers amis, bonjour. Nous sommes heureux de vous retrouver depuis Jérusalem pour Meir TV avec le Rav Yoël Benaroche. Salam, Yoël. Nous allons essayer de vous entretenir de ce que nous lirons et étudierons Chabbat: deux personnages, l'un dans la paracha, Moshé, et l'autre dans la Haftara, celui de Chmouel. Voilà de quoi nous allons nous entretenir. Yoël, dans la paracha, Korah vient avec ses amis.

Une revendication très importante: « Moshé, tu ne peux pas régner sur nous, nul ne peut régner sur nous, nous sommes tous égaux. » En dehors de ce qu'il peut y avoir derrière la tête, je te l'accorde, il y a comme une volonté de donner le pouvoir à tous, c'est-à-dire au peuple: les soubresauts de la démocratie. Étonnamment, et tu as certainement fait attention à cela, dans la Haftara, les enfants d'Israël viennent voir Chmouel et lui demandent un roi.

Chmouel ne veut pas de règne, ne veut pas de roi, et les enfants d'Israël, quelques années plus tard, bien au contraire, demandent un roi. Alors, entre la démocratie, la royauté demandée par les enfants d'Israël, où est-ce que nous nous situons véritablement, et quel est peut-être le pouvoir auquel nous devons aspirer ? Il y a ici beaucoup de questions, tu as posé beaucoup de choses. Il faut d'abord rappeler que Korah se trompe

lorsqu'il dit: « D'ailleurs, en hébreu, ce n'est pas possible. On devrait dire: puisque tu me parles de Edah, de l'assemblée d'Israël, parle-moi au singulier. » L'assemblée d'Israël est d'un degré de sainteté. Mais ce que Korah dit, c'est qu'il change de genre, c'est-à-dire qu'il y a un singulier qui passe au pluriel. Et il dit en réalité que tous les hommes sont saints. Et ceci est faux. Il y a une sainteté globale de la nation d'Israël, et elle devrait transpirer à travers les détails de ce que nous sommes, mais ceci dépend de chacun de nous. Donc il y a ici une tromperie, comme si Korah voulait en réalité mettre tout le monde à égalité, mais quelque chose se cache à l'intérieur: il veut se placer lui-même en tant que roi.

C'est ce que j'ai voulu te faire entendre. C'est-à-dire qu'en dehors du fait que Korah a, comme nous disons populairement, une idée derrière la tête, le fait que l'assemblée et un grand nombre d'Hébreux rejoignent les rangs de cet homme est peut-être aussi ce que j'ai voulu faire entendre précédemment. Qu'est-ce ? Eh bien, que les enfants d'Israël aspirent justement à ce modèle de pouvoir dont j'ai prononcé le nom, qui sont les soubresauts de la démocratie. Si Korah, comme tu le dis, et c'est tout à fait acceptable, et d'ailleurs reconnu par nos sages, il y a peut-être dans la masse qui le suit, qui s'interroge et qui interroge Moshé, une inspiration justement à ce que leur voix puisse être entendue, puisque « Kol ha'Edah kula kedusha », c'est ainsi que cela aurait dû être dit.

Et si toute l'assemblée cède et se sent, et donc respire la vie, elle voudrait peut-être qu'en tant que nation elle puisse avoir le droit à sa pleine expression. — Je suis tout à fait d'accord avec toi, à condition de dire que tous les gens qui sont venus contrarier Moshé Rabbénou et son degré soient faits d'une seule et même chair.

Or, la Guemara nous dit: « Korah va'adato », c'est-à-dire que dans l'assemblée même de ceux qui étaient contre, il y avait des disputes intérieures. Chacun est venu avec une autre revendication: les uns ont parlé de sainteté, les autres d'un intérêt personnel, les autres veulent du pouvoir. Une démocratie, c'est effectivement l'une des étapes de ce que l'idéal de la Torah nous enseigne. Bien sûr, nous ne venons pas dire que c'est la finalité.

Et alors, le revirement est tout à fait étonnant, quelques générations plus tard, avec ces enfants d'Israël qui tout d'un coup viennent et demandent un roi. Tu te rappelles, Chmouel a une réaction exacerbée: « Comment, vous demandez un roi alors que l'Éternel est le Roi des rois ? » — Mais excuse-moi, dans la Torah,

dans les livres de la Torah, non pas des Prophètes ou des Ketouvim, il y a quand même... je ne sais pas s'il s'agit d'une injonction, une mitsva, ou bien d'une recommandation, ou bien d'une proposition. — Mais écoute, le but final, c'est le roi, le roi Machiah. Le Machiah est un homme. Dieu ne peut pas régner sur terre

si ce n'est qu'au travers d'un roi d'Israël, qui doit être fidèle par sa nature aux lois divines. Ça veut dire que le roi d'Israël n'est pas un élément indépendant de la divinité suprême. Il n'est que le représentant. C'est-à-dire que si tu outrepasses les lois, si le roi d'Israël en position dit « laisse tomber, c'est pas grave », il n'a pas le droit de le faire, parce qu'en réalité il ne s'agit pas de son royaume, mais de la réflexion du royaume céleste sur terre à travers lui.

Enfin, dans le Sefer Chmouel, il y a quand même un regard assez pragmatique. Ils ont peur des Ammonites qui commencent à les agresser, ils en ont assez des Philistins qui leur talonnent l'existence à longueur d'année, et ils comprennent que la judicature, c'est-à-dire le pouvoir tribal régi individuellement au sein de la nation d'Israël, et donc un manque d'unité totale, porte ici à faux et les entraîne vers les catacombes de l'histoire. Alors il demande un roi. C'est très pragmatique de demander un roi. Et je dis que lorsque nous demandons le roi, de la même manière aujourd'hui, ce roi, pour moi aujourd'hui, c'est le pouvoir politique actuel. Quel est le pouvoir ? Ne l'appelons pas le roi.

Ne l'appelons pas. Essayons de comprendre ce que cherchaient les gens avec Korah, mais de manière contraire à ce qu'ils demandent ici. Quel est le pouvoir auquel nous aspirons ? Je pense qu'il faut d'abord faire encore une fois un dikdouk, une précision. Si les enfants d'Israël avaient demandé un roi, naturellement, ça aurait été bien. Mais ils ont rajouté une définition: sim. C'est-à-dire, on veut un roi comme les autres nations. — Mais d'accord, Chmouel ne reprend pas cela. — D'accord. Ce qui dérange Chmouel, c'est la demande de

roi. Mais le « comme tous les goyim », qu'ils ont dit qu'ils voulaient, n'est pas repris dans le texte. — Tout à fait. Chmouel, ce qui le dérange: vous voulez un roi ? Dans le texte, non. Mais chez nos sages, oui. Dans la Torah orale, il y a une précision: pourquoi demandez-vous un roi comme les autres nations ? Or vous, vous êtes les représentants du Roi céleste, parce que vous avez une mission sur terre. Donc il y a ici un problème au niveau de la représentation

de ce roi. Si c'est un roi qui est là pour gérer un État, c'est une chose. Mais si c'est un roi tel qu'il devrait l'être, le roi d'Israël qui représente et répercute la volonté divine sur terre, c'est une autre histoire.

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Ce cours fait aussi partie de la série « Rav Rony Akrich, en direct du Machon Meir ».

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