Jérémie appelé dès l'enfance, selon André Neher
Une vocation annoncée au berceau, lue comme une blessure qui devient mission, à l'approche du 17 Tamouz.
Rav Rony Akrich
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Chers amis, bonjour, heureux de vous retrouver depuis les studios de Meir TV à Jérusalem. Et durant cette période des trois semaines, du 17 Tamouz jusqu'à zone fave, il est de bon ton, bien sûr, de vous entretenir à travers un livre écrit par notre maître André Neher, Zirono Livrachin, sur le prophète Jérémie. Jérémie est l'un de ces prêtres d'Anatote, l'un de ces hommes à la flamme vitale vacillante, et la première conscience qu'il dut avoir de sa propre personne était celle d'un enchaînement à une destinée fatale. Un destin de quatre siècles était déposé dans son berceau. De quelles angoisses, de quelles sourdes révoltes, de quelles cuisantes humiliations ces premiers rêves n'ont-ils pas dû être agités ?
Aussi bien la toute première parole confiée par Dieu à Jérémie confirme-t-elle ce climat de détermination ? Tout se passe comme si la révélation transcendante projetait à la surface une inquiétude psychologique enfouie dans les profondeurs subconscientes. Elle donnait à Jérémie la preuve de son authenticité en lui révélant non pas un être extérieur, mais l'intériorité la plus subjective de son moi. Le texte biblique nous dit, avant que:
« Je t'eusse formé dans le sein de ta mère, je te connaissais. Avant que tu fusses sorti de ses entrailles, je t'avais mis à part. »
Le procédé est curieusement psychanalytique. Il cherche en blessant à guérir. Qu'il y ait eu blessure d'abord, cela ne fait pas de doute. Nous aurons à revenir longuement sur l'aspect douloureux de la vocation prophétique telle que Jérémie l'a expérimentée, en des formes plus crispantes que celles d'aucune autre expérience prophétique.
Ici, à l'instant de l'éveil, le coup est particulièrement dur, puisqu'il oblige Jérémie à prendre conscience de sa condition déchaînée et à récupérer une situation fatale avec tout son contenu. Que l'on s'attache au fait que Jérémie en question est un enfant encore. C'est l'âge des ignorances, des insouciances, des oublis. On imagine d'ailleurs volontiers que ce soit en plein jeu puéril ou dans la fantaisie libre d'un rêve d'adolescent que le sombre rappel fait irruption.
Cet enfant ne savait pas, ou ne savait plus à ce moment, qu'il était différent des autres. Dieu le lui dit: prédestiné, consacré et dirigé, poussé par des lois qui agissent avant que je n'existe moi-même.
Tous les récits du père et du maître d'école, tous les gestes apeurés et les mots à mi-voix de la mère, tous les racontars et toutes les superstitions des servantes et des ouvriers, tous les cauchemars et toutes les appréhensions que l'insouciance enfantine avait refoulés, tous s'entassent en un nœud dur qui fait mal dans l'âme de l'adolescent. Et n'y aurait-il que ce détail terrible dans le destin d'Anatote ?
À savoir que les hommes qui le subissent sont condamnés à mourir avant l'âge. Ce détail fait que toutes les mères à Anatote, le village d'où est originaire Jérémie, tremblent pour leurs enfants. Ne suffirait-il pas à effaroucher le jeune Jérémie lorsqu'on lui rappelle ce destin, à faire naître en lui la peur ? Peur de mourir, peur de quitter ce monde superbe avant de l'avoir connu, peur des larmes que versera sa mère.
Et cette peur n'est-elle pas dans cette atroce onomatopée dans laquelle sont associés notre « a » de la souffrance et notre « a » de l'agonie, et qui est la toute première parole de Jérémie que la Bible est jugée digne de nous transmettre ? Cri de la victime innocente en face du tourmenteur implacable, puisque celui-là même qui introduisait un destin dans la conscience de Jérémie se présentait comme son auteur volontaire, et son artisan délibéré. Il écoutait: « C'est moi qui te connaissais, c'est moi qui t'avais mis à part. »
Les termes cependant ne pouvaient pas leurrer Jérémie. En réveillant en lui tant d'obscures et menaçantes images, il les illuminait du même coup d'une lueur familière et bienfaisante, dans laquelle Jérémie se reconnaissait tout autant.
Par une étrange technique d'éclairage, sans que rien ne soit modifié à la substance des choses qui affluaient en lui, les grimaces deviennent sourires, les douleurs exaltations, les répulsions invitent le destin vocation. Il suffisait de ces deux mots, connaître et mettre à part, pour provoquer en Jérémie un afflux de réminiscences diamétralement opposé à celui qu'amenait le rappel de la prédestination. Sans doute, il s'agissait là encore de destin, d'antériorité, d'une volonté différente de la mienne, d'insertion dans un ensemble dont je ne suis point l'ordonnateur. Mais le sens de toutes ces notions était comme retourné vers la lumière.
Au lieu de se débattre, impuissant, dans les pièges et dans les glus, on avait emporté sur des ailes d'aigle en un vol enivrant. Au lieu d'être poussé dans des déserts arides et brûlants, on était conduit auprès des sources jaillissantes, sur des routes sûres et droites. Au lieu d'être paralysé par les froids, on ressentait une envie superbe de lutter. Au lieu d'être maudit, on était béni. La douleur restait, mais elle avait dorénavant un sens.
Voilà pour ces quelques mots d'André Neher concernant le prophète Jérémie, qui nous accompagne durant toutes ces semaines dans les lectures des Haftarot que nous lisons après la lecture de la Torah. Je vous souhaite une bonne journée. Je vous dis shalom, shalom depuis Jérusalem, et puis depuis ces merveilleux studios de Meir TV, la yeshiva du Machon Meir, où nous enregistrons, grâce à Dieu,
l'ensemble de ces clips, de ces émissions. Et nous vous invitons, bien entendu, non seulement à continuer de les regarder, mais à les faire connaître, à les faire savoir. Et plus nous aurons de fans, eh bien, bien sûr, plus nous rigolerons, rigoler en tout cas, de ce sourire qui nous permet d'affirmer que la délivrance est en bon chemin. Shalom, shalom.
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Ce cours fait aussi partie de la série « Rav Rony Akrich, en direct du Machon Meir ».
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La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.
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