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La prière de Yitzhak et Rivka pour avoir un enfant

Pourquoi Hachem a exaucé la prière de Yitzhak et non celle de Rivka, et pourquoi les patriarches furent stériles.

17 min

Rav David Partouche

Ensuite : Toledot : la bénédiction de Yitzhak reçue par Yaakov, 8 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Shalom à tous. Aujourd'hui, nous allons étudier la prière de Yitzhak et de Rivka. Nous allons parler d'un passage de la Genèse, Bereshit, au chapitre 25. Je vais lire les pessoukim, les différents versets, et nous allons les traduire et les expliquer à la lumière de nos sages, qui ont enseigné dans le traité Berakhot, l'explication de ces quelques versets. Commençons tout de suite. Nous sommes au 25e chapitre du livre de la Genèse.

Au 19e verset, il est dit: « Voici les engendrements d'Yitzhak, fils d'Abraham. Abraham a engendré Yitzhak. » Au 20e verset: « Et il advint, lorsque Yitzhak était âgé de 40 ans, qu'il prit pour femme Rivka, qui était Rebecca en français. C'était la fille de Betouel, l'Araméen de la ville de Padan Aram, la sœur de Lavan. » Yitzhak prit donc Rivka pour femme.

Au passouk 21: « Yitzhak pria en présence de sa femme, parce qu'elle était stérile. Hachem répondit à sa prière, et Rivka conçut. Ils eurent non pas un enfant, mais deux enfants, les jumeaux Yaakov et Essav, qui étaient dans le ventre de Rivka. » Nous voyons là un cas très simple: Yitzhak a prié le Saint, béni soit-Il, en présence de sa femme, et Hachem a répondu à sa prière.

La Guemara, dans le traité Yevamot, celui qui traite du lévirat, la fameuse loi du yibboum, dit la chose suivante. Il est écrit qu'Yitzhak a prié en présence de sa femme. Qu'est-ce que cela veut dire, « en présence de sa femme » ? Que sa femme priait aussi. De là, les hakhamim disent: si Yitzhak et Rivka priaient pour avoir un enfant, c'est qu'ils étaient stériles. C'est ce que dit la Guemara. Akar veut dire stérile. Akar veut dire aussi déraciner, arracher. En hébreu, ikar signifie l'essentiel de l'être, et ici il s'agit de l'essentiel qui donne la possibilité de donner la vie. Donc Yitzhak et Rivka étaient tous deux stériles.

La Guemara dit: « Si tu dis qu'Yitzhak était stérile, Rivka aussi était stérile, il y aura un problème dans la suite du verset. » Pourquoi ? Parce que dans la suite du verset, nous voyons très bien qu'Hachem a répondu à lui seul. Il n'a pas répondu à la prière de Rivka d'avoir un enfant, mais à la prière d'Yitzhak. La Guemara demande: si les deux étaient stériles, on aurait dû écrire dans le verset qu'Hachem a répondu aux deux, à Yitzhak et à Rivka, puisque les deux étaient stériles et que les deux ont prié. Et Hachem a répondu aux deux prières. La Guemara continue et explique pourquoi il est écrit uniquement qu'Hachem lui a répondu, à Yitzhak, et non à Rivka. Voyons la suite.

La prière exaucée, demandée, faite par un tsadik, fils d'un tsadik, un juste fils d'un juste, ne peut se comparer à la prière d'un tsadik fils d'un rasha, fils d'un méchant, fils d'une mauvaise personne. Yitzhak était le fils d'Abraham. Abraham était tsadik, Yitzhak était tsadik. Nous avons ici le cas d'un tsadik fils de tsadik. La prière d'un tsadik fils de tsadik, dit la Guemara, est plus grande et plus facilement exaucée que la prière d'un tsadik fils d'un rasha.

Qui est le tsadik dans ce cas-là ? Rivka est une tsadikette, mais elle est fille d'un rasha, car Betouel était un rasha. De là, nous apprenons que la prière de Rivka n'a pas été exaucée, mais que celle d'Yitzhak l'a été, parce que la prière est plus grande lorsqu'elle émane d'un tsadik fils de tsadik.

On pourrait s'écrier: pourquoi ces différences ? Pourquoi le Saint, béni soit-Il, accepte-t-il de faire des différences: « Moi, je suis né d'un tsadik, toi, tu es né d'un rasha, donc j'ai plus de mérite » ? La Torah ferait-elle une discrimination de ce genre ? Non. Il faut savoir la chose suivante: lorsque l'enfant naît, de par sa nature d'enfant, d'être sorti de quelqu'un, il a une certaine tendance. Quelle est la tendance naturelle d'un enfant ? C'est d'aller à l'encontre de son père. C'est naturel. La tendance est: « Je vais à l'encontre de mon père. » Pourquoi ? Parce que tant que mon père est présent, je n'ai pas de vie propre, pas d'indépendance, pas d'existence à moi. Je suis défini seulement en fonction de mon père. Il y aura donc une tendance à vouloir être différent pour pouvoir s'affirmer.

C'est ce qu'on voit quand les enfants grandissent: l'époque du « non, non, je ne veux pas, je ne veux pas », vers deux ans, ou parfois un peu plus tôt. Lorsqu'ils commencent à parler, ils disent lo, lo, lo, non, non, non. Pourquoi ? Justement pour affirmer leur personnalité. En grandissant, lorsqu'ils deviennent grands, ils vont affirmer leur personnalité, leur particularité, leur mission, en se définissant par la négative.

Lorsqu'un tsadik est né d'un tsadik, on voit qu'il a eu énormément de mérite. Pourquoi ? Parce que, malgré que son père était tsadik, il est resté tsadik, au même niveau que son père. Il y a là quelque chose d'assez important. Son père étant tsadik, il aurait pu facilement ne pas l'être, comme il aurait pu cesser de suivre son père. Lui, il a assuré la continuité de son père. Pour cet effort particulier, il y a un mérite particulier.

Sachez que tous les mérites que nous avons dans la Torah dépendent de l'effort fourni, du travail accompli pour mériter. En hébreu, on dit zekhout, le mérite. Ce mot vient de zakh, qui veut dire limpide, pur, quelque chose qui a été nettoyé, rendu propre. Ce n'est pas un mérite qui tombe comme ça, sans raison. Il y a eu un travail, peut-être de lui, peut-être de ses parents, peut-être de ses ancêtres, un travail de tsidkout, de nettoyage, de purification. Ça, c'est le mérite. Et l'on voit qu'Yitzhak a eu un énorme mérite, un zekhout, celui d'être resté tsadik malgré son père. Bessèder. Voici la première partie de la Guemara.

Voici la deuxième partie de la Guemara: Amar Rabbi Yitzhak. Rabbi Yitzhak dit. Il est intéressant de remarquer que, dans la Guemara, alors qu'on parle du problème d'Yitzhak et de Rivka, c'est Rabbi Yitzhak, un amora, un maître du Talmud, qui intervient et explique les versets concernant Yitzhak.

Rabbi Yitzhak pose une question: comment se fait-il que nos pères, Abraham, Yitzhak et Yaakov, aient été stériles ? Abraham était stérile avec Sarah, notre mère. Yitzhak, nous venons de le voir, était stérile avec Rivka, notre mère. Yaakov était stérile avec celle qu'il voulait épouser depuis le départ, Rachel. Il n'était pas stérile avec Léa, il était stérile avec Rachel. Pourquoi nos pères, Abraham, Yitzhak et Yaakov, étaient-ils stériles ?

La réponse est très dure: tu veux savoir pourquoi nos pères étaient stériles ? Parce que le Saint, béni soit-Il, désire les prières des tsadikim. Le Saint, béni soit-Il, veut tellement entendre la prière du tsadik qu'il entraîne la stérilité chez ce tsadik. C'est pour cela qu'Abraham était stérile avec Sarah, afin qu'il prie pour avoir un enfant. C'est pour cela qu'Yitzhak était stérile avec Rivka, afin qu'il prie pour avoir un enfant. C'est pour …

Cours de Machon Meir

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