La vie de Sarah et l'achat du caveau des Patriarches
Pourquoi « chayé » est au pluriel, et comment l'achat de Mearat HaMakhpéla ouvre la possession de la terre d'Israël.
Rav David Partouche
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Chabbat chalom à tous. Cette semaine, nous allons lire la paracha de Chayé Sarah. La paracha de Chayé Sarah est la paracha de la mort de Sarah. On l'appelle Chayé Sarah, comme le début de la paracha. La paracha commence par Vayihyou et non par Vayomer. Vayihyou ne se traduit pas par « et » simplement parce qu'il y a un vav. C'est le vav qui transforme le futur en passé: Yihyou, « ils seront », Vayihyou, « ils ont été ».
Sarah, je sais, Sarah. Chayé, ça veut dire quoi en hébreu ? Chayé est sur la même construction que Béné Israël. Et Béné Israël, qu'est-ce que c'est ? C'est très simple. Béné Israël est un état construit, c'est-à-dire une forme qui se place à la place de Banim Shel Israël, les enfants d'Israël. À la place de Banim Shel, on dit Béné. Béné Israël, ce sont les enfants d'Israël.
De la même façon, à la place de dire Hayim Shel Sarah, on dit Chayé Sarah. Hayim Shel Sarah, la vie de Sarah, se dit Chayé Sarah. Nous avons donc Banim qui devient Béné, et Hayim qui devient Chayé. Qu'est-ce qu'on découvre tout de suite ? Que le mot Hayim est au pluriel.
Le mot qui veut dire « vie » en hébreu, Hayim, est au pluriel. Hayim ne s'écrit pas comme Haï. Haï, c'est une personne vivante, un être vivant, et cela n'a rien à voir avec le mot « vie », Hayim, comme dans Ha Hayim. Or, pourquoi, dans la langue hébraïque, le mot « vie » est-il au pluriel ? Dans toutes les autres langues, c'est différent. En anglais, par exemple, « la vie » se dit the life. C'est un mot singulier. En français, « la vie » est un mot singulier, et si l'on vérifie, dans toutes les autres langues où l'on parle de la vie, ce mot est au singulier. Or, en hébreu, le mot « vie » est un pluriel. La question se pose: pourquoi ? Il y a une signification.
Dans les autres langues, quand on parle de langue, on parle en fait de la façon de penser, de la culture. La langue est l'expression de la culture, de l'État, de la nation dans laquelle je me trouve. Dans la conscience des autres cultures, on fait la différence entre la vie et la mort. Il y a la vie, et il y a la mort, c'est tout. Quand on dit vie, on dit qu'il n'est pas mort, et quand on dit mort, il n'est pas en vie.
Tandis que dans la Torah, quand on parle de Hayim, on parle d'un pluriel, ce qui veut dire qu'il y a une infinité de vies, ou une infinité de dévoilements de vies, ou une infinité de niveaux de vie. C'est ce que veut dire la paracha. On ne parle pas de la mort. Dans les tsadikim, on parle de la vie, de la réalisation de Sarah dans ce monde.
Hayim, quels sont les différents niveaux de vie que l'on a ? Au début, on est comme un corps. Quand l'enfant, Birla, est dans le ventre de sa mère, c'est un embryon, il est considéré comme un gouffre. Quand il va naître, il est plus gros, il crie, il bouge, il fait beaucoup d'actions: il mange, il tête, il pleure, etc. C'est une autre réalisation de la vie, mais ce n'est pas encore la vie.
L'enfant va grandir, il va développer ce qui s'appelle l'âme vitale, le nefesh. Il va encore grandir, il va arriver à l'âge de la Bar Mitsva, il va développer ce qui s'appelle le roua'h, l'esprit. Il va encore grandir, à l'âge de vingt ans, il va recevoir la néchama.
Cela commence à se réaliser dans la Hayim, la vie. Ce n'est pas juste qu'il est vivant, mais de quelle façon est-il vivant ? Est-ce qu'il est vivant seulement au niveau du corps, du guf ? Est-ce qu'il est seulement au niveau du nefesh, l'âme vitale ? Est-ce qu'il est seulement au niveau du roua'h, de l'esprit ? Ou est-ce qu'il arrive au niveau de la néchama, de l'âme ? Et c'est ce que Sarah a fait. Lorsqu'on parle de la vie de Sarah, on parle de la vie qui était totalement pleine. Elle est arrivée au niveau de la néchama. Dans sa vie, elle a réalisé la néchama.
On peut savoir d'où l'on sait cela, et c'est très simple. Lors de la mort, il va y avoir un; on va enterrer, et il est écrit qu'elle est morte. Vatamout Sarah: il est écrit que Sarah est morte, donc elle est morte. Mais même lors de sa mort, elle continue d'agir pour le peuple d'Israël.
Dévoiler le niveau de la néchama, c'est en fait continuer à agir pour le peuple d'Israël. De quelle façon ? Grâce à elle, on va faire la première acquisition sur la terre d'Israël. Depuis la promesse que HaKadosh Baroukh Hou avait donnée à Avraham, Avraham n'avait pas acquis de territoire d'Erets Israël. Ici, dans la paracha de la mort de Sarah, de la vie de Sarah, Chayé Sarah, on parle de ce qu'Avraham Avinou va acquérir: la Ma'arat HaMakhpéla, le caveau des Patriarches, à côté d'Hévron, qui est à Kiryat Arba.
Et là-bas, il va enterrer Sarah. Ce sera le premier acte d'acquisition de la terre d'Israël. Les Hakhamim comparent cet acte au premier acte du mariage. Lorsqu'on se marie, le premier acte du mariage, c'est donner une tabaat, une bague. Et lorsqu'on donne la bague, on dit: tu es sanctifiée pour moi, tu es réservée pour moi, tu es attachée à moi selon la loi de Moché et d'Israël.
Donc le hatan, le marié, donne la bague à la kala. Et le Rambam nous enseigne que la kala, dans ce cas-là, c'est Erets Israël, et que le marié, c'est Avraham Avinou, au nom de tout Israël. Grâce à Sarah, avec Avraham Avinou, lors de sa mort, a commencé la réalisation du mariage éternel entre, d'un côté, la kala, qui est la terre d'Erets Israël, et de l'autre, le peuple d'Israël.
Le hatan, qui est le marié, est en train de réaliser leur rencontre grâce à l'acquisition d'Avraham Avinou, chez les Hittites, de la Ma'arat HaMakhpéla, le caveau des Patriarches. Et il est étonnant, ou pas du tout étonnant, de voir que le traité de la Guémara, qui traite de la façon d'acquérir une femme, est le traité Kidouchin. Dans ce même traité, on nous parle de la façon dont Avraham Avinou a fait l'acquisition de la Ma'arat HaMakhpéla, pour nous faire bien comprendre qu'il ne faut pas se tromper: la femme du peuple d'Israël, c'est la terre d'Erets Israël.
Et cela a pu se dévoiler par Sarah. Sarah, c'est la princesse. Et elle a pu nous dévoiler où se trouve la véritable royauté d'Israël, ici, sur cette terre.
Chabbat chalom.
Cours de Machon Meir
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