Vayera : le divin qui rend visite, et l'homme qui accueille
Pourquoi la Torah dit « Il est apparu » sans nommer Abraham, et ce que le chesed divin exige de nous.
Rav David Partouche
Ensuite : La vie de Sarah et l'achat du caveau des Patriarches, 8 min
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Chabbat shalom à tous. Nous allons, Bézrat Hachem, lire la paracha de Vayéra. Elle commence par les mots suivants: Vayéra élav Hachem, « Hachem est apparu à lui », Béèlone Mamré, à l'endroit qui s'appelle Elone Mamré, pas très loin d'Hébron. Vehou yochev petah ha'ohel, et lui, il est assis à l'entrée de la tente, kéhom hayom, lors de la chaleur la plus forte de la journée. Il a levé ses yeux, et voici trois hommes, nitsavim alav, qui se présentent à lui. Il a couru vers eux depuis l'ouverture de la tente, et il s'est prosterné vers la terre.
Alors on aurait pu commencer la paracha en posant une devinette: de qui parle-t-on ? Vayéra élav Hachem, Hachem est apparu à lui. Et lui, il est assis à l'entrée de la tente. Et lui, il a levé ses yeux. De qui on parle ? Tous les enfants répondent: c'est sûr, d'Avraham Avinu. Parce que dans la paracha d'avant, on sait qu'Avraham Avinu a fait la brit mila.
Donc c'est la suite. Il fallait être là la semaine dernière, Chabbat d'avant. La Torah ne le dit pas, mais on sait qu'il s'agit d'Avraham Avinu. On parle à la troisième personne du singulier: lui, il. Pourquoi ? Lorsqu'on parle dans la Torah à la troisième personne du singulier, cela veut dire que cette personne s'efface. Ce n'est plus Avraham Avinu, c'est lui. La particularité d'Avraham Avinu s'efface. Pourquoi ? Parce qu'il se passe quelque chose de grand dans les premiers psoukim de la paracha.
En effet, on parle d'Avraham Avinu le troisième jour de la brit mila, c'est le moment le plus difficile, où la souffrance est la plus dure, après avoir passé la brit mila. Et le Saint, béni soit-Il, pour ne pas entraîner Avraham Avinu à faire des efforts outre mesure, a fait que le soleil frappe très fort, et qu'aucun passant, aucun voyageur, n'apparaisse à l'horizon de la tente d'Avraham Avinu.
Et le Saint, béni soit-Il, en profite, puisque le tsadik est au repos: Vayéra élav Hachem, Hachem est apparu à lui. À qui, lui ? À Avraham. À ce moment-là, Rachi dit: regardez Rachi, il est apparu à lui pour rendre visite aux malades. Pourquoi Rachi est-il obligé de nous dire cela ? Parce que ce n'est pas écrit. On ne sait pas pourquoi il est apparu. D'habitude, à chaque fois que le Saint, béni soit-Il, apparaît, il dit quelque chose. Là, il y a simplement: il est apparu, c'est tout.
Et ensuite, tout tourne autour d'Avraham Avinu. Il était assis, il a vu les voyageurs, les trois hommes, il a couru à leur rencontre. On ne sait pas pourquoi le Saint, béni soit-Il, est venu. Rachi nous dévoile: il est venu sans parler, uniquement pour faire bikour holim. Maintenant, réfléchissons deux minutes. Le Saint, béni soit-Il, vient chez toi pour faire bikour holim. Si c'était un grand tsadik qui venait chez toi pour faire bikour holim, qu'est-ce que tu ferais ? Tu serais heureux, tu l'accueillerais, tu parlerais avec lui.
Là, Avraham Avinu ne fait rien du tout. La seule chose qu'il fait, c'est lever les yeux, et il voit. C'est-à-dire qu'il se met dans une situation où une personne te parle, et toi, tu essaies de regarder ailleurs. Est-ce qu'il y a quelque chose d'autre à faire ? C'est incompréhensible, une chose comme ça. Je ne comprends pas. Il vient te rendre visite, et toi, tu cherches. Tu cherches quoi ?
Tu cherches des voyageurs, c'est ça que tu cherches. Avraham Avinu sait que lorsqu'il lève les yeux au-dessus de la tente, à l'horizon, c'est pour chercher des voyageurs. C'est ce qu'il fait toute la semaine: les faire entrer dans sa maison, faire du chesed. Je ne comprends pas. Hachem est là, et toi, tu oses détourner ton regard ? Tu oses faire comme s'il n'était pas là ? Comment est-ce possible ? La réponse.
Le Saint, béni soit-Il, qu'est-ce qu'il est en train de faire ? Il se dévoile dans la vertu qui s'appelle le chesed, la bonté. Lorsqu'il se dévoile dans la vertu qui s'appelle le chesed, alors Avraham Avinu le perçoit en tant que chesed, le reçoit en tant que chesed, et vit avec lui une relation de chesed. Mais de quelle façon peux-tu vivre une relation de chesed avec lui ? En étant toi-même chesed. C'est le grand principe de Véhalakhta bidrakhav: nous devons suivre les voies de dévoilement du Saint, béni soit-Il, c'est-à-dire du divin. Si le divin a un rapport avec moi de chesed, pour conserver ce rapport, moi aussi je dois être chesed.
Et de quelle façon je réalise le divin, la rencontre avec le divin qui vient vers moi en tant que chesed ? Il faut que moi aussi je fasse du chesed. Il n'est pas le spectateur ébahi qui dit: « Waouh, Hachem, tu es là ! », parce que ça ne se passe pas comme ça. Le divin, c'est une réalisation de vie, une réalisation d'existence. Plus Avraham Avinu rencontre le divin en tant que celui qui apporte le bien, celui qui, dans ce cas-là, Hachem, rend visite aux malades, plus il veut faire du bien aux malades. Quels malades ? Ceux qui sont tout seuls dehors, sous le soleil, parce qu'ils sont malades. Tu as compris le principe ?
C'est-à-dire que lorsque le Saint, béni soit-Il, se dévoile, nous devons le poursuivre. Ce n'est pas de nous vers le divin, c'est du divin vers nous. Ça, c'est la rencontre avec le divin. Et donc, automatiquement, ce n'est plus Avraham Avinu. Qui est Vehou ? On commence comme ça: Hachem est apparu à lui. Il était dans une position, Avraham Avinu, où il s'annule. Élav, à lui. Il n'est pas écrit « Avraham ». Il s'annule face à toi, Hachem. Et Vehou yochev, qui est assis ? On peut penser qu'au début, le sujet, c'est qui ? C'est le Saint, béni soit-Il. Il est apparu à lui. Et il est assis. Mais qui est assis ? Avraham a vu, il est dans une situation où il devient passeur du divin, il peut te dévoiler. Vayéra est là, et là, il poursuit le divin sur cette terre.
C'est le grand principe de Véhalakhta bidrakhav, qu'il faut suivre ses voies. De la même façon que le Saint, béni soit-Il, est miséricordieux et se dévoile dans la miséricorde, nous devons poursuivre la miséricorde, et c'est ainsi que nous sommes avec le Saint, béni soit-Il. C'est pour cela que nos sages, Chazal, disent que les Avot, nos pères, les patriarches, étaient merkava, étaient un carrosse du divin. Qu'est-ce que cela veut dire, un carrosse du divin ? Un carrosse, c'est prendre une personne d'un point A et l'emmener au point B. C'est ce qui s'est passé avec Avraham Avinu. Avraham Avinu a pris le chesed du Saint, béni soit-Il, la bonté du Saint, béni soit-Il, qui relevait du domaine divin, du domaine métaphysique, et il l'a emmené sur cette terre, concrètement, en faisant du.
Et lorsque les gens voyaient cela par Avraham Avinu, ils voyaient en fait le divin. Bézrat Hachem, que nous méritions, Chénizkeh, d'avoir …
Cours de Machon Meir
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