Le Messie selon Maïmonide : ni miracles, ni prodiges
Maïmonide (Hilkhot Melakhim, ch. 11-12) : le Messie se reconnaît à ses actes, non à des signes, et l'échec de Bar Kokhba est l'exemple.
Rav Rony Akrich
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Shalom, depuis Jérusalem, je suis content de vous retrouver. Nous allons lire un livre de Yad HaHazaka du Rambam, Maïmonide, la main forte. Alors pour ceux que ça intéresse, c'est le livre numéro 14. Qu'il ne te vienne pas à l'esprit que le roi Messie fera des miracles, ou créera des choses nouvelles, ou ressuscitera les morts, comme les fous se le racontent. Il ne faut attendre rien de semblable.
Rabbi Akiva, un de nos plus grands savants en Mishna, fut l'écuyer de Bar Kokhba. Lui et ses savants contemporains tinrent celui-ci pour le Messie, jusqu'au jour où il fut tué par ses péchés, bien sûr. Et seulement alors, ils reconnurent qu'il n'était point le vrai Messie. Je vous rappelle que Lag BaOmer, le 33e jour du Omer, est la fin de cette épidémie qui décima les soldats de Bar Kokhba.
Ces sages ne lui avaient demandé ni signe ni miracle pour le déclarer Messie. Mais un principe important, c'est que notre Torah, ses préceptes et ses commandements sont pour l'éternité. On ne peut rien y ajouter, on ne peut rien en retrancher. Qui fait cela, d'ailleurs, ou introduit dans la Torah un sens différent, ou veut l'interpréter pour la changer, celui-là doit être traité comme un imposteur.
Le Rambam dit même: un criminel et un contempteur de la loi. S'il se lève donc un roi de la race de David qui tourne son esprit vers la Torah et qui, comme son ancêtre David, pratique les commandements de la loi, non seulement écrite mais orale, s'il donne occasion à tout Israël de vivre selon la Torah et de la fortifier, il peut être tenu pour le Messie si son activité
prend un cours heureux, s'il est vainqueur des nations voisines par la guerre, rebâtit le Temple et ramène les dispersés d'Israël, alors il n'y a plus de doute. Ce sera le Messie véritable. Mais s'il n'a pas été accompagné par la fortune, s'il est tombé au combat, ce n'était pas lui.
Ce n'était pas celui que nous annoncent les promesses, mais il était pareil à tous les autres rois pieux de la maison de David. Dieu leur a envoyé, donc, pour éprouver des hommes en grand nombre, comme il est dit dans le Sefer Daniel: et du parti des sages, certains tomberont pour qu'ils soient éprouvés, triés, purifiés, en attendant le moment final, car il ne tardera encore jusqu'à l'époque fixée.
Quant à cet homme qui se donne ou qui s'est donné pour tel, mais qui dans la suite subit justement la peine de mort, y a-t-il plus grande erreur ? Tous les prophètes avaient dit que le Messie rachèterait Israël et l'affranchirait de ses souffrances, qu'il rassemblerait les dispersés et qu'il les fortifierait dans l'observance des commandements, tandis que cet homme a contribué à ce qu'Israël, en tant que nation,
fût anéanti par l'épée, dispersé et humilié. Il a provoqué un changement de la loi et a induit le monde dans l'erreur d'adorer quelque chose en dehors du vrai Dieu. Cependant, aucune pensée humaine ne peut saisir les desseins du Créateur, car ses voies ne sont point les nôtres, comme nous le savons. Je sens que cet homme et les autres fondateurs de religions qui l'ont suivi ont contribué
à aplanir le chemin pour le Messie véritable, qui doit instituer le culte du Dieu unique pour tous les peuples de la terre, comme il est dit: alors je gratifierai les peuples d'un idiome épuré, pour que tous ils invoquent le nom de l'Éternel et l'adorent d'un cœur unanime. Grâce à ces religions nouvelles,
le monde entier, dit le Rambam, s'est rempli de l'idée d'un rédempteur messie et des paroles de la loi et des commandements. Ces paroles se sont répandues jusqu'aux îles lointaines et parmi de nombreux peuples qui n'ont aucune civilisation. Tous s'occupent maintenant des paroles de la Torah et de la question de sa validité. Les uns affirment que ces commandements sont vrais,
mais n'ont plus de valeur. Les autres leur attribuent un sens secret et disent que leur contenu s'est déjà réalisé. Mais quand viendra le vrai Messie ? Tous se convertiront et reconnaîtront leurs erreurs. Ainsi s'exprime Maïmonide, le Rambam, dans le Yad HaHazaka, au livre numéro 14, chapitre 6. À très bientôt. Shalom.
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