Yehoudi, Ivri : d'où vient le mot juif
Le terme yehoudi apparaît chez Yirmiyahu, et le retour à l'hébreu marque la fin de l'exil de la fraction.
Rav Rony Akrich
Ensuite : Le livre de Ruth, une voie de relèvement pour Israël, 17 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Shalom à vous tous, on est contents de vous retrouver comme d'habitude. Il y a quelque chose qui m'interpelle continuellement. Je vois encore et toujours, dans la manière que nous avons d'exprimer notre identité, qu'il est nécessaire de nous interpeller, de nous appeler à travers cette dénomination de « Je suis juif ». Et pourtant il y a quelque chose qui a changé.
Il y a quelque chose qui a changé, parce que nous nous sommes rassemblés, que nous avons retrouvé la terre de nos ancêtres, et donc le pays, que nous voilà redevenus la nation d'Israël. Mais alors, qui était l'hébreu ? Une grande question, à cette période où nous commémorons, bien sûr, la mémoire de notre cher maître arabe, Yehuda Léon Ashkenazi, que les gens connaissent sous le surnom de « Totem de Manitou ».
Mais foncièrement, c'est une question qui doit nous intéresser au premier plan. Le juif en hébreu, c'est Yehoudi. Yehoudi vient du mot Yehouda. Yehouda est une des douze tribus d'Israël. C'est-à-dire qu'en fin de compte, lorsque je parle de Yehouda, je ne parle que d'un point de vue arithmétique, d'une fraction, c'est-à-dire du un douzième. Alors, dans ce sens-là, Yehoudi, qui est lié étymologiquement à ce mot de Yehouda, eh bien, serait le reflet de ce que nous ne sommes pas encore, c'est-à-dire de cette inconnue, du nombre entier perdu.
D'ailleurs, le mot Yehoudi, le terme, l'appellation de Yehoudi, à quel moment apparaît-elle dans le livre des livres, c'est-à-dire le Tanakh, la Bible ? Elle n'apparaît pas dans la Méguilat Esther, non, non.
Je sais que c'est la réponse que vous auriez voulu me donner. Bien avant la Méguilat Esther, le mot Yehoudi apparaît dans les écrits du prophète Yirmiyahu. Et qui plus est, en fin de carrière du prophète Yirmiyahu, c'est-à-dire au moment où le Temple va être détruit, c'est-à-dire au moment où la nation d'Israël va perdre ses supports essentiels, c'est-à-dire la langue, l'histoire, et la terre, parce qu'Israël va être exilé.
Alors, les habitants de la Judée deviennent les Yehoudim, ils deviennent les Juifs, c'est-à-dire ceux qui n'ont plus de langue, qui n'ont plus d'histoire, qui n'ont plus de terre, qui n'ont plus que la Torah, cette culture enseignante, afin de leur permettre de pouvoir se préserver pour y revenir un jour. Est-ce que nous n'avons pas nombre de signes que nos sages nous ont donnés, en nous disant de ne pas oublier, au moment le plus heureux de notre existence, le jour du mariage, de dire: « L'an prochain à
Jérusalem », et de briser un verre, parce que Jérusalem n'est pas reconstruite ? Au moment de Pessah, au moment des fêtes, dans les prières qui sont les nôtres, il s'agit de nous rappeler ostensiblement et perpétuellement que l'état de fraction n'est pas une finalité, que la finalité … et d'aspirer au retour au nombre entier de ceux qui, grâce à la réappellation du nom d'Israël, nous permettra de retrouver celui qui s'appelait l'hébreu: Avraham l'Ivri, Yossef, qui est Ishivri, Yona dans la cale du bateau, qui répond: « Je
suis un hébreu, l'Hébreu ».
Tellement, tellement substantiel ! Quand vous connaîtrez la racine, Ayin, Beth, Resh, qui veut dire avar, « passer », « au vert traversé », ou « barre le fœtus ». Oui, l'être hébreu est ainsi polysémique, car c'est en tirant les leçons du passé qu'il est capable de traverser toutes les méandres de l'histoire et de pouvoir y renaître comme un phénix de ses cendres.
Et je crois qu'il n'y a pas de preuve plus évidente que ce que nous représentons aujourd'hui dans le concert des nations, pour prouver véritablement que les leçons du passé ont commencé à être tirées, que nous avons ainsi décidé de continuer à traverser l'histoire, mais en redevenant la nation d'Israël. Et ceci est prouvé par le fait, après ce que nous avons traversé durant la Shoah, que nous sommes renés de nos cendres.
À très bientôt.
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