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Shmuel à Mitspa, la pierre de secours

Le repentir du peuple à Mitspa, la victoire sur les Philistins et l'échec de la judicature héréditaire de Shmuel.

6 min

Rav Rony Akrich

Ensuite : Yehoudi, Ivri : d'où vient le mot juif, 6 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Shalom à tous, heureux de vous retrouver. Nous continuons nos lectures bibliques, ou bien littéraires seulement, concernant l'épopée de nos Hébreux à travers le temps. Je reprends l'histoire biblique du peuple d'Israël, du professeur, qui va nous entretenir aujourd'hui, et je vous y emmène rencontrer ce moment épique de l'histoire de Shmuel, Samuel en français, mais Shmuel en hébreu, et de sa judicature, étant donné que Shmuel est le dernier des juges d'Israël que nous rencontrons, donc dans le livre des Juges.

Dès que Shmuel va sentir le revirement religieux du peuple, il considère que le moment est venu pour lui d'entrer en scène. Il exige d'abord non seulement une velléité de redressement, mais des mesures radicales concernant le peuple d'Israël: que chacun détruise d'abord les idoles qu'il peut avoir chez lui, celles que l'on rencontrait au quotidien.

convoque une assemblée générale du peuple à Mitspa, qui se trouve d'ailleurs dans le territoire de Binyamin. Là, une imposante cérémonie va se dérouler. Après des libations d'eau, le peuple entier s'impose une journée de jeûne et de repentir. Puis l'assemblée reconnaît Shmuel comme juge, une manière de l'introniser, si vous voulez.

Et puis soudain, une attaque philistine survient à ce même moment. Le peuple n'osant plus rien entreprendre sans être sûr au préalable de la bienveillance divine, demande à Shmuel d'implorer l'Éternel. Pendant que Shmuel offre un sacrifice, les Philistins font irruption, mais un orage subit, où les Hébreux voient l'intervention de l'Éternel, affole les Philistins qui s'enfuient. Les Hébreux les poursuivent de Mitspa jusqu'à Bet-Kar. Cette fois, c'est en Philistie qu'est la panique et le deuil, et non pas dans le terroir d'Israël.

La victoire de Mitspa est exactement la revanche de la défaite au lieu de bataille d'Israël et Even HaEzer. À cet endroit, on avait cru, je ne sais pas si vous connaissez, mais nous en parlerons une autre fois, par un automatisme, celui d'avoir ramené l'Arche Sainte sur le champ de bataille, comme si, pensait-on, la présence de l'Arche Sainte allait leur offrir la victoire, alors que l'Éternel n'offrait la victoire qu'à ceux qui, comme hommes hébreux et soldats hébreux, étaient capables d'avoir un comportement vertueux vis-à-vis de l'Éternel.

À Mitspa, le peuple comprend qu'une simple émouna sincère, écrit le professeur Neher, sans Arche et sans objet du culte, appelle le secours de Dieu. Le sacrifice offert par Shmuel est là, toutefois, pour maintenir sa place au rite dans l'efficience de la émouna, mais d'un rite souple, qui n'est pas lié par des formes inamovibles, puisque c'est loin du sanctuaire que Shmuel, qui n'est pas un Kohen, n'est pas légalement habilité à offrir un sacrifice, et bien que cet engagement de ce moment soit une forme de sacrifice à l'Éternel.

Par une espèce de dérision, le lieu de la défaite de jadis était appelé Even HaEzer, la pierre du secours, entendez bien. Maintenant, sciemment, Shmuel devient, et devant le peuple, victorieux, auprès de Mitspa, où il installe une pierre qu'il appelle Even HaEzer, la pierre de secours.

Alors, on entend bien, bien sûr, deux sortes de secours. Il y avait cette pierre de secours où les enfants d'Israël avaient pensé que l'Arche Sainte viendrait à leur rescousse, ce qui n'était pas le cas. Et puis la deuxième, celle où l'Alliance établit la reconnaissance avec le prophète, et où, véritablement, la pierre devient une pierre d'achoppement, achoppement de ce secours tant attendu pour le devenir d'Israël.

À la suite de la victoire de Mitspa, les Hébreux reprennent aux Philistins, qui sont sur la côte méditerranéenne, à l'est de Hachkelon et au sud de Hachkelon, sans toutefois atteindre toutes les villes de la côte. Les Philistins battus se tiendront tranquilles pendant de nombreuses années. Ils ne se remettront en branle qu'à la fin du règne de Shaoul. Et puis Shmuel s'installe à Ramas, sa ville natale, où il élève même un autel.

Mais il comprend que, pour exercer un pouvoir efficace, il lui faut voyager, prendre un contact direct avec les hommes, être sur place. Ainsi, chaque année, entreprend-il des tournées à travers les différentes villes et les différentes tribus. Quand, se sentant devenir vieux, il n'a plus la force d'accomplir de grandes randonnées, il confie à ses fils Yoël et Avia le gouvernement des régions lointaines du sud, et installe leur résidence à Beer-Chéva.

Mais que voulez-vous ? Souvent, les fils ne ressemblent pas au père, et ils ne suivent pas, en tout cas ici, les traces de leur père. Aussi faible à certains égards qu'Éli, dont il a pourtant pu mesurer l'erreur, Shmuel confie à ses fils indignes des tâches importantes. Il a du moins la lucidité de comprendre l'échec de sa tentative de judicature héréditaire, comme si le pouvoir d'être juste passait de père en fils.

Quand les anciens viennent se plaindre de ses fils et lui demander un roi qui ne soit pas de sa famille, Shmuel n'insiste pas. S'il se rebiffe, ce n'est pas tant devant le refus qu'on fait de ses fils, mais devant l'idée d'un gouvernement royal. Voilà un sujet qui nous intéressera très prochainement.

Shalom, depuis Yerouchalaïm, Meir TV, les.

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