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Le kohen bénit Israël avec amour

Pourquoi la bénédiction sacerdotale seule exige l'amour, et ce que le tsadik se distingue du juste.

6 min

Rav Rony Akrich

Ensuite : Haggaï et Zacharie : la pureté intérieure avant le Temple, 6 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Frère Chalom, René Acry, je suis à Jérusalem pour la télévision du Maroc. Nous avions parlé dernièrement de ce Kohen, fonctionnaire de l'Éternel. Eh bien, voici le rôle que joue aussi le Kohen lors de sa bénédiction au peuple d'Israël, où il est dit, dans la fin de cette bénédiction: « L'évarère est un mot israël béarava ».

Ce à quoi nos sages nous disent, bien entendu: « Béni sois-tu, Hachem notre Dieu, qui nous a ordonné de bénir son peuple Israël par amour. » Il y a là une très nette différence, vous le sentez, avec toutes les autres bracha, qui ne mentionnent nullement la nécessité d'un amour quelconque à l'égard des créatures d'Israël.

Pourquoi est-ce ainsi chez le Kohen ? C'est parce que le Kohen, en tant que fonctionnaire de l'Éternel, a non seulement le droit et le devoir, bien sûr, de bénir Israël, mais de le faire avec amour. Le Zohar hakadosh nous prévient plutôt que, s'il y avait jamais une inimitié, c'est-à-dire, comment dire, une divergence entre le Kohen et les hommes, où les hommes ne supporteraient pas le Kohen, ou bien le Kohen ne supporterait pas les hommes, eh bien s'il régnait une telle inimitié entre le Kohen et les fidèles, il ne serait pas autorisé à prononcer cette bracha.

Une autre raison sera donnée par Rabbi Moché Isserlès, auteur des glossés du monde ashkénaze sur le Choulhan Arou'h de Rabbi Yossef Caro: la birkat Kohanim, en exil, ne pourra pas être prononcée en dehors des jours de fête et du Chabbat. Car nous étions tellement enjoués, remplis de cette joie du fait du Chabbat ou du fait de la fête, que la bracha par amour pouvait être énoncée. Alors que dans les jours communs durant cet exil, nous souffrions suffisamment pour que l'amour ne puisse pas nous enjouer et nous permettre de bénir le peuple. C'est la raison pour laquelle nous avons ce psaume de David Amélière, qui dit: « Béchou vachem sion aïdou ké holmim az imalès rochidou ».

Lorsque l'Éternel nous ramènera à Sion, nous serons comme dans un rêve, mais à ce moment-là, nous saurons tous sourire, toute joie, joie nécessaire à la plénitude, à la pleine révélation de ce que veut dire l'amour.

Vous avez entendu, bien sûr, ce que le Zohar hakadosh dit. En général, les décisionnaires ne prennent garde aux propos du Zohar qu'exceptionnellement, concernant la législation. Et bien là, nous retrouvons ce propos du Zohar dans la Mishnah Moura. Dans son commentaire sur la fin du traité de Makot, le Maharal de Prague donne une définition de ce qu'il appelle l'homme de bonté, c'est-à-dire cet homme qui doit bénir Israël avec amour.

Il dit que c'est un homme lié à la collectivité, c'est-à-dire à l'ensemble, et non pas un être égoïste ni renfermé. Plus la stature d'un homme grandit, plus l'intérêt qu'il porte à sa propre personne doit diminuer, selon la morale, mais certainement selon nos psychologues également. Et plus que jamais, l'intérêt qu'il porte à la nation, au peuple, à la collectivité, doit s'en trouver grandi. L'homme de bonté est donc celui qui s'oublie lui-même et se soucie des autres.

Il est foncièrement, comme le dit le traité de Berakhot dans cet extrait que je vais vous lire: on affirme qu'un homme mort souffre de ce qu'on lui fait dans la tombe. Comment cela est-il possible, dit la Guemara ? Puisque selon une autre citation talmudique, les morts ne ressentent plus rien. Alors la Guemara dit: le mort ressent sa propre douleur, mais il est insensible à la douceur des autres. C'est là la différence entre le tsadik et le juste. Le juste est appelé vivant, et le racha est appelé méchant, mais, comment dire, est appelé mort de son vivant, parce qu'il s'habitue sans cesse. Et là, il y a une riche route, une méchanceté, en quelque sorte, entre guillemets.

Alors que le tsadik est celui qui ne s'apitoie pas simplement sur ses problèmes, car il est certain qu'il en a, mais qui prend en considération, bien entendu, la peine de l'autre, car en fin de compte, c'est l'amour. Qu'est-ce que serait l'amour, si ce n'est la capacité de souffrir la peine de l'autre, ou la joie de l'autre, sans que celui-ci ait besoin de me dire qu'il a de la peine ou qu'il a une joie quelconque en lui ? Cette capacité à ressentir la peine et la joie chez mon autre, mon alter ego, c'est fait de l'homme.

Ce qu'on attend de lui, d'être aussi, sans être le Kohen, le fonctionnaire de l'Éternel dans ce monde, c'est l'espérance d'une humanité. Chalom, chalom, à très bientôt.

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