Haggaï et Zacharie : la pureté intérieure avant le Temple
Les prophètes du retour rappellent que le Temple dépend de la justice et de la vérité du peuple, non du seul rite.
Rav Rony Akrich
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Chers amis, bonjour, je suis heureux de vous retrouver. Aujourd'hui, une petite leçon biblique, en tout cas: partons à la rencontre de ceux que nous appelons les prophètes du retour, à l'époque qui précède la reconstruction du Second Temple.
Le texte biblique ne nous fournit aucune indication bibliographique sur ces deux prophètes que sont Haggai et Zacharie. Eux prophétisèrent à Jérusalem après le retour.
Étaient-ils eux-mêmes d'anciens exilés rentrés de Babylone avec le groupe conduit par Zorobabel et le Kohen Yehoshoua ? Ou bien étaient-ils nés en terre de Palestine, comme on l'appelait ? Et leurs ancêtres avaient-ils fait partie de la minorité que Nabuchadnezzar, Nabuchodonosor, avait laissée en Judée après la chute de l'État ? Quoi qu'il en soit.
Ce sont ces deux hommes qui ont certainement le mieux compris et exprimé les graves problèmes du retour. Ni la prophétie de Haggai ni celle de Zecharia ne se réduisent à un appel à l'union de toutes les forces en vue de la reconstruction du Temple. Certes, cet appel occupe une grande place dans leur message, et nous venons de voir qu'il fut pratiquement, relativement perçu. Mais d'autres leçons furent données par Haggai et Zecharia. Elle les situe d'emblée dans la lignée des grands prophètes scripturaires. L'exigence fondamentale de spiritualité qui caractérise toute la prophétie biblique est admirablement exprimée, dit le professeur André Neher:
« Par Haggai et aussi par Zecharia, la formulation devenait d'autant plus urgente que les Judéens, Yehoudim, pouvaient facilement céder à la tentation de ne voir dans le Temple qu'une maison, dans sa reconstruction qu'un acte matériel, et plus encore de considérer que le Temple en lui-même résumait le tout de la vie religieuse d'Israël. »
C'est tellement contemporain, me permettrais-je de rajouter. Le Temple, rappelle-t-il, n'a de valeur que s'il est porté par un peuple au cœur pur. Il ne peut, lui, simple édifice de pierre, communiquer sa sainteté aux hommes qui l'entourent et le servent. Mais eux, les hommes, risquent par leurs pensées et leurs actions impures de le souiller.
La purification intérieure et spirituelle du peuple est donc indispensable à l'existence du Temple. Il faut nous le rappeler, bien sûr. Celui-ci ne sera vraiment saint que s'il est le lieu, il devient en tout cas le lieu central d'un peuple saint. Zecharia développe les mêmes notions à propos du ritualisme, du culte,
qui, dès la reprise des sacrifices, recommençait à être considéré comme une fin en soi, avec des accents comparables à ceux d'Amos, de Ychaya, de Yirmiyahou. Les prophètes du retour rappellent la nécessaire illumination du rite ou du culte, comme je le disais, par l'action morale. La justice, la vérité, la paix, l'amour du prochain sont les assises de la religion juive — non, de la nation d'Israël. Un rite juxtaposé à l'injustice, à la haine et aux mensonges n'est qu'un blasphème. Il faut savoir se le dire et se le répéter.
Il est intéressant de remarquer que Haggai provoque lui-même l'occasion de délivrer son message spirituel par une question adroitement posée aux prêtres. Il leur fait avouer qu'ils ignorent, ou feignent d'ignorer, la portée véritable des notions de sainteté et de pureté.
L'occasion contraire se présente à Zecharia d'une manière inattendue pour lui. On vient le consulter, ainsi que les prêtres, pour savoir s'il faut jeûner, du verbe jeûner, pratiqué durant l'exil en souvenir des journées tragiques de l'an 586, c'est-à-dire de l'époque de la destruction du premier Temple, et si ce jeûne devait être maintenu. Pendant que les prêtres se taisent, hésitent, Zecharia est inspiré par l'esprit divin. Et sa longue et dramatique prophétie constitue un violent reproche à l'égard des solliciteurs.
Poser la question sur le seul rite, c'est, selon Zecharia, montrer que l'on méconnaît le fond même du problème. Ce n'est pas du changement matériel constitué par la réédification du Temple que peut automatiquement résulter une modification des rites. Celle-ci dépend de la révolution intérieure et morale. Voici ce qu'il faut faire: parlez l'un avec l'autre en vérité. Pratiquez des jugements de vérité et de paix dans vos tribunaux. Ne méditez pas le mal d'autrui dans votre cœur, n'aimez pas le parjure.
Les quatre jeûnes sont des jours de joie et d'allégresse pour la maison de Yehouda, à condition toutefois que vous aimiez, entendez bien, que vous aimiez sincèrement, profondément, la vérité et la paix.
Depuis Jérusalem, en train de se reconstruire, c'est ce que nous souhaitons de mieux à l'ensemble de nos concitoyens, de nos téléspectateurs. Et depuis Jérusalem, je vous dis à très bientôt.
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