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La révolution face à la prophétie d'Israël

Rav Rumi Akrich et Yoël Benaroche opposent la révolution, qui coupe le passé, à la prophétie qui relie passé, présent et avenir.

14 min

Rav Rony Akrich

Ensuite : Le verre, la poche et la colère chez nos sages, 6 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Chers amis, bonjour, heureux de vous retrouver dans cette émission de Meir TV, en tête-à-tête avec mon très cher ami. Salam. Salam, mon cher ami. Nous sommes heureux de vous retrouver. Aujourd'hui, nous allons essayer de lier, comme d'habitude, bien entendu, la pensée hébraïque avec l'événement qui nous concerne. Alors, Yoël.

Ce matin, j'ai reçu une information. Ce matin, parce que nous sommes le 14 juillet aujourd'hui, pour ceux qui ne le savent pas, selon le calendrier grégorien, pas selon le calendrier hébraïque.

J'ai reçu une information me disant que, hier soir, la France avait offert un banquet à Tel Aviv, bien entendu, pas à Jérusalem, à Tel Aviv, où se sont précipités des centaines d'invités honorables et honorants pour venir manger. Moi, j'appelle cela, au buffet du roi. Alors, j'ai trouvé cette situation qui venait, bien entendu, commémorer la révolution française, ou comme on dit en hébreu, Yom HaBastilia. Je ne suis pas certain que les gens savent véritablement de quoi ils parlent lorsqu'ils parlent du jour de la Bastille ou de la révolution française. Personnellement, je trouve très facétieux d'aller participer à ce genre de banquet, mais c'est mon opinion personnelle. La question qui s'éveille en moi, mais tu peux réagir aussi à ce que j'ai dit, c'est que les enfants d'Israël sont prophètes, fils de prophètes.

C'est-à-dire que si je considère le propos talmudique selon lequel nous sommes prophètes, fils de prophètes, nous sommes à l'antinomie de la révolution et des révolutionnaires. Pourquoi ? La révolution annihile le passé, c'est-à-dire que le passé n'existe plus, pour un futur qui n'est que dans l'utopie, dans le rêve de la raison politique. La symbiose des deux fait que le présent, que ce soit la révolution française ou bolchevique, et Claude Hican, ça veut dire « boiteux ». D'ailleurs, la preuve, c'est qu'après Thermidor, la révolution disparaîtra, et que, 70 ans après la révolution bolchevique, l'URSS s'est écroulée, bien entendu. Pour la simple raison que le passé est éliminé, dans un futur utopiste, et que, dans la symbiose des deux, on croit que le présent peut vivre à travers cela.

Les prophètes, fils de prophètes, le navi est celui qui a tiré les leçons du passé, pour un futur qui lui est révélé. Dans la symbiose des deux, il est capable d'enseigner à l'homme, parce qu'il est conscient de ce que fut hier, avec ses défauts et ses qualités. Quelle est la finalité à travers cela ? Ici, elle est révélée divinement, et fait que notre présent ne fut jamais claudiquant. La preuve: ce que dira Nietzsche dans Par-delà le bien et le mal, que les empires ont été de grands empires et ont disparu, mais qu'Israël est encore et toujours omniprésent. Ou Jean-Baptiste Vico au XVIIe siècle, que Israël est inclassable dans les normes et les valeurs de la classification de l'histoire: Israël est méta-historique.

Alors, je ne suis pas pour la révolution, je ne suis pas pour le banquet, parce que j'ai l'impression de collaborer, un mot que j'utilise à bon escient, mais je suis fils de prophète. Mon opinion est très simple, elle va un petit peu dans le sens de ce que tu viens de développer, tout simplement parce que nous avons une règle dans le judaïsme: pour avoir un avenir, et savoir vers où nous nous dirigeons, il faut en réalité se servir de toute l'acquisition de notre passé. Or, la prophétie, et tu l'as dit tout à l'heure, ce n'est pas seulement que nous sommes des prophètes, fils de prophètes, mais toute la Torah entière est une prophétie. Car si elle n'en était pas une, nous serions une religion. Nous ne sommes pas une religion, parce que nous n'avons rien inventé.

Nous n'avons pas commencé quelque chose. Nous recevons de l'Infini, béni soit-Il, et nous diffusons, à nous-mêmes et au monde entier, la révélation du Très-Haut. Le prophète est celui qui est capable de prendre le passé et de le transformer en futur en passant par le présent. C'est pour cela que la prophétie, en réalité, n'est écrite que si… Et je cite le terme de la Guemara: si la prophétie n'est pas habillable dans le passé, dans le présent et dans le futur, elle n'en est pas une. Or, une révolution coupe avec toute l'histoire du passé, comme si nos pères n'avaient rien à nous enseigner. Et la vie commence par mon apparition, moi-même, aujourd'hui. Ça veut dire que je ne me sers pas du passé; je suis en réalité issu de quelque chose qui est seulement du présent, donc je n'ai ni passé ni avenir.

Et nous voyons aujourd'hui qu'avec toute cette grandeur, la France, et pas seulement elle, sont en train, tous les pays d'Europe, de perdre littéralement leur identité. Je dis à nos frères qui sont en train de quitter la France pour monter en Israël: vous ne quittez plus la France. Ce n'est plus la France que vous quittez, car la France a perdu son identité première. Elle a perdu son essence. Elle ressemble à quelque chose d'autre. Donc, vous n'avez rien à regretter.

Parce que, bien sûr, je veux nous emmener aussi sur l'actualité du temps hébraïque, c'est-à-dire de cette période que nous vivons entre le 17 Tammouz et le 9 Av. Concernant ces rapports entre la révolution et la prophétie, je vois à quel point la prophétie nous a menés, bien entendu, pas seulement vers un espoir du retour, mais aussi vers la réalité du retour, en particulier ce retour que nous vivons aujourd'hui. Mais concernant ce pourquoi nous nous meurtrissons durant ces trois semaines, à travers la liturgie, à travers la

poésie, à travers les jeûnes, etc., je me rends compte que les conséquences de cette destruction du Temple dont nous avons parlé la semaine dernière, et où nous avons précisé à bon escient que nous ne voulions pas nous meurtrir pour la destruction du Temple, mais pour les causes qui ont amené à la destruction du Temple, c'est-à-dire à ces hommes qui ont fait preuve d'une insoutenable légèreté, d'une insuffisance probante.

Et dans cela, je viens et je dis, à travers ce qu'écrit le Rav Kook dans le processus des idées, au cinquième chapitre, concernant cette période du premier et du deuxième Temple, au moment où les enfants d'Israël ont perdu la dimension historique, la dimension linguistique, la dimension territoriale, et qu'ils ne se sont retrouvés qu'avec cette dimension culturelle, qui va devenir culturelle, et là se fait jour ce que l'on va appeler la religion, c'est-à-dire la dat. Alors que le Rav explique que, tant que nous étions sur le terroir, avec notre langue, avec notre histoire, avec notre culture, nous étions les représentants, les témoins, comme dit Yéshayahou, de l'idéal divin.

J'aimerais bien t'entendre à ce propos, parce que moi, bien entendu, j'ai beaucoup à dire, beaucoup plus que cette émission-là, mais ici nous sommes présents afin de pouvoir en discuter. Est-ce que la religion n'est que le pâle reflet de l'idéal divin ?

— La religion, en réalité, c'est la conclusion de quelque chose qui a quitté sa base. C'est-à-dire que lorsque nous avons quitté notre état naturel, notre terre, notre …

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