La liberté commence en soi : sortie d'Egypte et alliance
Le Yerouchalmi de Rosh Hachana lit l'alliance de Yirmiyahou comme une exigence de liberté pour tous, et non pour soi seul.
Rav Rony Akrich
Ensuite : Sortir d'Égypte aujourd'hui : l'obscurité, la brisure et l'acheminement, 18 min
Début du cours (texte)
Lire le début du cours
Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Nos chers téléspectateurs, shalom, Rony Acry, heureux de vous retrouver. Nous parlions de liberté la dernière fois, mais où commence cette liberté, bien entendu ? Certes, je vous l'accorde, pour libérer Israël de l'Égypte pharaonique, esclavagiste et annihilatrice, si ce n'est génocidaire, comme nous l'avons dit, il faut mettre en garde Pharaon, remettre en question non seulement le système de Pharaon, mais Pharaon lui-même.
Il est certain, nous dit le Talmud de Yerouchalmi, dans le traité de Roch Hachana, que les enfants d'Israël, les Hébreux, veulent être libres, puisque dans ce qui est écrit chez le prophète Yirmiyahou, je vous lis: « Ko amar Adonaï Elohei Israël, Anokhi karati brit », « ainsi parla l'Éternel, Dieu d'Israël: j'ai établi une alliance ».
J'ai établi une alliance. Quelle alliance a-t-il établie ? Dans Yirmiyahou, l'alliance établie ici est que l'homme ne peut pas rester esclave. Non seulement esclave, mais aussi l'esclave de l'autre, comme je l'avais dit précédemment: l'objet de l'autre.
Et donc il est clair ici, dans l'expression du Talmud de Yerouchalmi, que l'alliance précisant cette libération le fut au moment de la sortie d'Égypte. Une alliance où, au moment où les hommes sortaient vers la liberté, cette déclaration tonitruante, probante, affirme que jamais, en aucun cas, il ne serait acceptable
que les hommes sortent vers la liberté et qu'une partie de l'humanité reste enfermée, emprisonnée, esclavagisée. Car la liberté, dans ce message de l'Éternel aux enfants d'Israël, est la seule source foncière de toute délivrance. On ne pourra pas, bien sûr, demander à Pharaon de délivrer, de faire sortir des prisons de Ramsès et de Luxor, si ce n'est tout prisonnier qui voudra se sortir de sa propre prison.
Le processus de délivrance, comme de bien entendu, commence d'abord, d'abord et avant tout, il commence chez nous, en nous, par nous, et jamais autrement. Comme pour l'individu, comme pour le collectif, comme pour le particulier, comme pour l'ensemble, tous doivent s'engager, initier, être tout ou partie de leur histoire, s'investir en leur âme et conscience, mais aussi dans leur corps et de tous leurs membres, dans cette histoire, parce que porteurs de cette liberté.
Elle ne peut être l'étendard de notre histoire que parce que cette liberté fait foncièrement partie de mon existence, de ma manière d'être, de mon vécu d'individu. Ces seront une éducation progressive, parce que oui, les hommes ne sont pas si prêts qu'on pourrait le penser de la liberté. Les hommes ont besoin d'être éduqués à la liberté.
C'est une éducation essentielle à cette notion de liberté, non seulement pour Israël, mais tout autant pour l'Égypte. Non seulement aujourd'hui, à l'heure où je parle, pour l'Israël contemporain, mais aussi pour les nations qui sont remises en question par des pouvoirs, par des forces barbares, hégémoniques, assassines et criminelles. Il nous faut apprendre de cette leçon.
L'éveil d'en haut, disent nos sages, ne sera conséquent, ou inversement proportionnel, qu'à notre éveil ici-bas. Et dans un inversement proportionnel, c'est le Zohar. Demandez à l'Éternel d'intervenir, alors que l'Éternel est omniprésent et omniscient, si ce n'est omnipotent.
Il est clair que la chose sera d'autant plus vérifiable qu'elle se sera vérifiée chez chacun de nous. Chacun de nous doit renforcer, encourager le peuple et son unité. Pour notre terre, pour notre Torah, pour notre peuple, le concept d'Israël reste une trilogie ineffable, indélébile, indissociable.
Et cela ne pourra être pour nous, comme pour l'humanité dont nous sommes les témoins, ou du moins l'espérance, que si nous sommes capables nous-mêmes d'être l'espoir de notre propre devenir, lorsque nous comprenons l'unité foncière entre ce peuple, cette terre et cette Torah en Israël.
À très bientôt. Salam.
Cours de Machon Meir
Dans la même série
De la recherche du hamets à la remise de la Torah : liberté, Omer et prémices.
- 1
Le feu et la flamme : chercher le hametz dans son cœurPourquoi chaque miette compte à Pessa'h, et comment le Rabbi de Karlin relie la veille des Cosaques à la liberté intérieure. - 2
La fenêtre et le rideau : la liberté intérieure à PessahUne histoire du Rabbi de Rofschitz sur la fenêtre, le rideau et l'amour de soi avant celui des autres. - 3
Le sang de l'agneau pascal et la sortie d'ÉgyptePourquoi le sang sur les linteaux exprime l'engagement total d'Israël envers l'alliance, et le sens du barbecue pascal. - 4
La liberté commence en soi : sortie d'Egypte et allianceLe Yerouchalmi de Rosh Hachana lit l'alliance de Yirmiyahou comme une exigence de liberté pour tous, et non pour soi seul. - 5
Sortir d'Égypte aujourd'hui : l'obscurité, la brisure et l'acheminementRav Yoël Ben-Haroche relie la recherche du hametz à l'introspection personnelle et à la sortie collective de nos retranchements. - 6
Pessah, la liberté et le retour à la royautéLe verre du Kidouch, le lavage des mains et la matsa brisée, lus comme des gestes de liberté et de renaissance. - 7
Du compte de l'Omer : de la sortie d'Égypte au don de la TorahPourquoi compter 49 jours entre Pessah et Chavouot, et ce que chaque degré doit réparer. - 8
De Pessah à Chavouot : des animaux à l'humainPourquoi les sept semaines de l'omer préparent le passage de l'orge au blé, de l'image animale à l'image divine. - 9
Les prémices de Chavouot, entre Torah et Erets IsraëlComment l'offrande des prémices relie le don de la Torah, le retour sur la terre et le rôle du Kohen.
— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?
Une question sur ce cours ?
La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.
Commentaires et questions au Rav