Le feu et la flamme : chercher le hametz dans son cœur
Pourquoi chaque miette compte à Pessa'h, et comment le Rabbi de Karlin relie la veille des Cosaques à la liberté intérieure.
Rav Rony Akrich
Ensuite : La fenêtre et le rideau : la liberté intérieure à Pessah, 6 min
Début du cours (texte)
Lire le début du cours
Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
À nos chers téléspectateurs, shalom, je suis heureux de vous retrouver. Le mois du printemps s'appelle en hébreu le mois de Nisan. Tout a déjà plus ou moins bourgeonné, les fleurs sortent, les premiers fruits apparaissent, il y a un véritable renouveau de la nature. Ce renouveau de la nature est chez nos Sages entendu comme une libération, une renaissance.
Parce que dans cette renaissance, il y a bien entendu le mot « naître de nouveau », mais dans « naître de nouveau », nous retrouvons le mot « liberté ». Pour que cette liberté soit possible, regardez comment, au moment de Pessa'h, les choses sont ainsi faites. Nous devrions, jeudi soir par exemple, aller dans la maison rechercher l'infiniment petit, le pirou, miette de pain à la lumière de la bougie, pour essayer, bien entendu, de nous en débarrasser.
Mais cela va bien plus loin, disent nos Sages, surtout dans la Hassidout. Ils disent, mes chers frères et mes chères sœurs, ô combien chacune de ces petites miettes viendrait gêner le bon déroulement des choses. Comment, en fin de compte, chaque petite miette pourrait, d'une certaine manière, empêcher la pleine réalisation.
J'ai pensé, dans une adresse e-mail, que si l'on oublie ne serait-ce que le point, eh bien l'adresse ne peut pas parvenir à son destinataire, le message ne peut pas être transmis à son destinataire. Mais s'il s'agit de nous, et seulement de nous, alors regardez comment chaque point, chaque virgule, eh bien, est important ici.
Le Rabbi de Karlin disait ainsi: « Eikhata sore feta hametz ». « Comment est-ce que l'on brûle le hamets ? » Alors il répondait avec la flamme dans son cœur. Et voici ce qu'il disait à ses élèves: « Un jour, je me promenais près de la caserne des Cosaques et je les vis à l'extérieur en train de s'entraîner. Alors, à la fin de l'entraînement, je me rapprochais parce que j'avais remarqué qu'ils n'arrêtaient pas de prendre un de leurs compagnons en tête de « Turc », entre guillemets, et de le frapper et de l'admonester, etc.
Alors le Rabbi de Karlin dit: je me suis approché et j'ai demandé aux Cosaques, qui sont des hommes très forts et robustes, pour quelles raisons tant d'acharnement sur cet homme ? Et ils me répondirent: eh bien, celui-ci était de garde, il y a eu soir à l'entrée de la base militaire, et nous l'avons retrouvé ce matin congelé à son poste.
Alors je leur dis: mais c'est merveilleux, il devrait lui donner une médaille, puisqu'il est resté à son poste contre vents et marées, ou plutôt contre les givres et les glaces de l'hiver qui est le nôtre. Mais non, Rabbi, pas du tout.
Il faut que vous compreniez que si cet homme a gelé sur place, c'est qu'il ne voyait pas dans la mission qui lui a incombé le feu et la flamme de cette mission. Servir son peuple, servir son tsar, servir la garnison, ses frères qui veulent dormir en ayant l'esprit au repos parce qu'ils savent qu'un des leurs monte la garde et les préserve de tout dommage. Alors voilà pourquoi nous battons cet homme. »
Et le Rabbi de Karlin de dire ainsi: regardez, pour servir leur peuple, pour servir leurs amis, pour servir le tsar, ils étaient capables de nous faire entendre qu'il fallait être tout feu et toute flamme dans ce que nous faisions, afin de pouvoir prouver que notre émouna, notre confiance, notre fidélité, notre vérité étaient foncières.
Alors à nous, lorsque nous allons fêter Pessa'h, fêter cette liberté retrouvée, cette sortie d'Égypte, mais surtout cette liberté retrouvée, eh bien il faut que cela soit fait avec le feu et la flamme.
Car pour retrouver son foyer – en français, le foyer peut être un feu, mais le foyer, la maison, c'est cet endroit où il y a de la lumière et de la chaleur. Voilà, si nous allons vers cette lumière, vers cette chaleur, c'est parce qu'en nous-mêmes il y a de cette lumière et de cette chaleur qui nous empêchent véritablement de nous figer sur place, d'être comme congelés en quelque sorte, et bien au contraire, de continuer à illuminer et à rendre ce monde plus chaleureux.
À bientôt. Shalom.
Cours de Machon Meir
Dans la même série
De la recherche du hamets à la remise de la Torah : liberté, Omer et prémices.
- 1
Le feu et la flamme : chercher le hametz dans son cœurPourquoi chaque miette compte à Pessa'h, et comment le Rabbi de Karlin relie la veille des Cosaques à la liberté intérieure. - 2
La fenêtre et le rideau : la liberté intérieure à PessahUne histoire du Rabbi de Rofschitz sur la fenêtre, le rideau et l'amour de soi avant celui des autres. - 3
Le sang de l'agneau pascal et la sortie d'ÉgyptePourquoi le sang sur les linteaux exprime l'engagement total d'Israël envers l'alliance, et le sens du barbecue pascal. - 4
La liberté commence en soi : sortie d'Egypte et allianceLe Yerouchalmi de Rosh Hachana lit l'alliance de Yirmiyahou comme une exigence de liberté pour tous, et non pour soi seul. - 5
Sortir d'Égypte aujourd'hui : l'obscurité, la brisure et l'acheminementRav Yoël Ben-Haroche relie la recherche du hametz à l'introspection personnelle et à la sortie collective de nos retranchements. - 6
Pessah, la liberté et le retour à la royautéLe verre du Kidouch, le lavage des mains et la matsa brisée, lus comme des gestes de liberté et de renaissance.
— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?
Une question sur ce cours ?
La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.
Commentaires et questions au Rav