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Le sang de l'agneau pascal et la sortie d'Égypte

Pourquoi le sang sur les linteaux exprime l'engagement total d'Israël envers l'alliance, et le sens du barbecue pascal.

7 min

Rav Rony Akrich

Ensuite : La liberté commence en soi : sortie d'Egypte et alliance, 6 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

## Introduction à la paracha

Chers amis, bonjour, heureux de vous retrouver sur la chaîne de Machon Meir. Juste une petite étude concernant la paracha de Béchala'h, où il y a surtout, bien entendu, un limoud d'une leçon extraordinaire qui traverse le temps et l'espace de l'homme et qui, hier comme aujourd'hui, est encore nécessaire à la pensée, à la réflexion de l'homme. Je vous rappelle les faits.

Les enfants d'Israël se mirent en route à la sortie d'Égypte, ils arrivèrent devant la mer, des gens, je vous le rappelle, je l'avais déjà dit, et ils se retrouvent véritablement pris en étau entre les Égyptiens qui les poursuivent et la mer qui se trouve devant eux. Vous voyez, après avoir vu tout ce qu'ils ont vu comme miracles, ils ont encore une fois des plaintes, des complaintes.

« Est-ce qu'il n'y avait pas suffisamment de cimetières en Égypte pour que nous venions mourir dans ce désert ? Pourquoi nous as-tu fait cela ? Nous faire sortir de l'Égypte ? »

Essayez d'imaginer un seul instant qu'une personne sortie des méandres du chaos dramatique de la Shoah vienne et dise: « Pourquoi vous nous avez fait sortir de là où nous étions ? Monter sur le bateau Exodus, traîner sur les vagues de la mer, être amenés à Port-de-Bouc et continuer cette putréfaction sur le rafiot en question, c'est tout ce que vous aviez à nous proposer ? » Bien sûr, chacun de vous, aujourd'hui,

« Direz-moi enfin, vous n'avez pas de vision, de projection concernant l'histoire. » Vous les entendez, sorties de l'Égypte. Et là, nous avons affaire, vous vous rappelez, à la crème. La crème, c'est-à-dire ceux qui sont le cinquième qui est sorti, ceux qui n'ont pas été détruits.

Pendant la plaie de l'obscurité, comme nous le dit Rachi, pendant la plaie de l'obscurité, il y eut deux fois trois jours, ceux concernant les Égyptiens, ceux concernant les enfants d'Israël. Alors que leur était proposée la possibilité d'être libérés, d'être rédimés, de pouvoir se sortir de l'étau concentrationnaire, ils refusèrent l'obscurité, les enveloppa et les fit disparaître.

Le cinquième en question, oh, véritablement, comme on dit en hébreu, c'est la cerise sur le gâteau, comme on dit en français. Et même concernant cette cerise sur le gâteau, que fait l'Éternel ? Il dit à Moshé, le 10 du mois, le nouveau mois, Nisan, puisque la première mitsva concernant le peuple d'Israël, la première mitsva de la Torah, c'est la mitsva de la Néoménie, de Rosh Hodesh.

Eh bien, il dit à Moshé: regarde, tu vas leur dire d'aller chercher l'agneau chez l'Égyptien. Et cet agneau, il faudra qu'ils le prennent au nez et à la barbe des Égyptiens, alors que l'animal est un animal idéal. Essayez de faire le parallèle avec la vache en Inde. Si jamais vous touchiez une vache en Inde, quelle serait votre situation ?

Imaginez donc, à l'époque de l'Antiquité, ce que vous risquiez en venant prendre l'agneau. D'ailleurs, ils avaient tellement d'agneaux qu'on aurait été obligés de donner un nom à cet agneau pour pouvoir le choisir. On l'a appelé Pascal. Et donc, ils ont été chercher l'agneau. C'était pour rire, bien entendu. Ils ont été chercher l'agneau et ils l'ont ramené chez eux pendant trois nuits. Et la quatrième nuit,

l'Éternel va demander de le sacrifier. Mais imaginez: pendant les quatre jours, les Égyptiens entendent les bêlements de l'agneau, et ils passent devant comme si Israël se moquait d'eux. Et le quatrième jour, eh bien, ils vont sacrifier l'animal, prendre le sang et peindre les linteaux des portes. Oui, vous me direz, c'est assez macabre. Et nos sages de dire, lorsque nous disons dans la fila: « Bedamay, chahir, bedamay, chahir », « par ton sang nous vivrons ».

Alors, ce n'est pas bien sûr que nous sommes des adeptes, que nous idéalisons, que nous idolâtrons la notion de barbarie du sang qui doit couler. Non, bien entendu, non. Il y a là une métaphore essentielle qui veut dire d'abord et avant tout que le dam mila, que le sang que nous versons

– les gouttes de sang que nous versons lors de la Brit Mila et le sang que nous avons versé avec cet agneau – étaient, d'une certaine façon, la volonté qu'avait Israël de faire valoir que lui, Israël, non pas à travers un tiers, mais lui-même, Israël, était prêt au sacrifice suprême, au don de lui-même.

Afin d'assumer et d'assurer l'alliance à laquelle il avait lui-même concédé sa pleine et entière personne, son devenir totalement. Et les enfants d'Israël doivent prendre cet agneau le quatrième jour. Ils le sacrifient, le sang sur les linteaux. Et l'animal, qu'est-ce qu'ils font avec l'animal ? Jamais vous n'imagineriez: un barbecue. Un barbecue !

Et ce barbecue, à signifier en quelque sorte, puisque c'est quelques heures auparavant que nous allions sortir, comme le Rav Kook appelle ce moment le printemps de la liberté. Et les enfants d'Israël font ce que nous appelons en Israël al haesh, barbecue. Un pilote avait une fois dit que survoler l'État d'Israël le jour de Yom Haatsmaout, c'est être enfumé et n'avoir aucune vision. Et c'est quand même intéressant.

Je vous amène à ma réflexion, bien entendu. C'est quand même intéressant que l'Israélien moderne ait trouvé à faire un parallèle avec l'hébreu ancien. C'est-à-dire, encore une fois, faire à la hache ce barbecue avait un sens beaucoup plus transcendant que la simple barbaque qui grillait sur le grill et dont on allait déguster quelques morceaux. Ce n'est pas la finalité.

La finalité, c'est que les senteurs, les relents de ce barbecue étaient capables d'embaumer l'air ambiant, l'air environnant, et qu'il était capable, comme d'autres parfums, de nous enivrer. Et ici, l'enivrement, eh bien, c'était ni plus ni moins la liberté retrouvée. Un parallèle intéressant,

auquel on pourrait ne pas penser, mais je voulais vous faire partager mes folies réfléchissantes. À très bientôt, depuis Jérusalem, pour Machon Meir et sa télévision.

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