Le bandit de Berditchev et la techouva sincère
Le rav Lévi Yitsh'ak de Berditchev voit la techouva dans l'aveu des fautes, puis la techouva selon la guémara de Kiddouchin.
Rav David Partouche
Ensuite : Pourquoi le peuple a-t-il quitté la montagne de Hachem, 7 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Nous avons vu que la techouva est le retour d'Hachem vers nous. C'est lorsque Hachem revient vers nous. Et pour qu'Hachem puisse revenir vers nous, il faut que nous nous retournions vers nous-mêmes. Il y a deux mouvements. Un mouvement qui ne dépend pas de nous: Hachem veut tout le temps se dévoiler en nous, veut tout le temps se rattacher à nous, veut tout le temps être en accord avec nous.
Et nous, nous avons cette possibilité de laisser passer le Dieu en nous, de retrouver notre véritable vie, notre véritable nature. C'est ce qu'exprime la techouva d'Am Israël. Maintenant, ceci est une chose de base, fondamentale dans la Torah et dans le judaïsme. Mais on voudrait savoir comment cela se passe véritablement. Comment moi, j'arrive à revenir vers cet état authentique, cette véritable nature ? Il faut savoir la chose suivante.
D'abord, pour comprendre cela, je vais vous raconter, au niveau des idées, de quelle façon nous pouvons considérer une personne qui fait techouva. À quel moment peut-on dire à cette personne: tu es sur la bonne voie, tu es en train de faire techouva ? Pour raconter une histoire hassidique, rabbi Lévi Yitzhak de Berditchev, qui était un grand tsadik, plus qu'un tsadik, était hassid et enseignait la bonté d'Am Israël.
Il enseignait beaucoup de bien sur l'âme juive. Il raconte l'histoire suivante. Alors qu'il était au mois d'Eloul, mois propice à la techouva, il se promenait avec son élève dans les rues de la ville de Berditchev. Tout à coup, un orage énorme éclata, la pluie tomba, et ils durent courir se protéger sous le porche d'un immeuble.
Et ils attendent que la pluie cesse. En même temps, ils entendent beaucoup de voix, de bruit, dans les caves de l'immeuble. À ce moment, rabbi Lévi Yitzhak dit à son élève: va voir ce qui se passe là-bas. Comment se fait-il que les gens se soient réunis ? L'élève va donc voir. Au bout de dix minutes, il revient avec un visage paniqué, et il dit au Rav: « Rav, il faut à tout prix que je vous raconte ce que j'ai vu. » Le Rav lui dit: « Raconte, raconte, mon fils. »
Et l'élève dit à rabbi Lévi Yitzhak de Berditchev: dans la cave se trouvent tous les bandits juifs de la ville de Berditchev. Le Rav dit: ce n'est pas possible. « Oui, ils sont tous là. » Et le Rav demande: mais qu'est-ce qu'ils font ? Ils sont en train de se réunir pour une réunion de fin d'année, et ils ont mis une estrade au milieu. Chacun monte. Le Rav demande encore: qu'est-ce qu'ils font ? Chacun monte sur cette estrade, et chaque bandit commence à dire: cette année, j'ai volé un âne, deux cent mille roubles, j'ai volé des bijoux, etc. Et chacun raconte.
Les méfaits, les forfaits qu'il a commis pendant toute cette période. Et tout le monde applaudit. Au moment où il entend cela, le Rav demande à son élève: c'est vraiment ça qu'ils font ? Et l'élève répond: oui ! Rabbi Lévi Yitzhak de Berditchev, pris d'un élan d'enthousiasme, court à la Beth Hakneset, y entre, ouvre l'Aron et s'écrie: moi, Lévi Yitzhak de Berditchev, fils de, je n'ai pas encore commencé la techouva d'Eloul, et voilà que tous les bandits de Berditchev sont en train, à ce moment-là, de faire techouva !
Là, on ne comprend plus rien. On aime les hassidim, on aime les sipourim, les histoires hassidiques, mais attends, de quoi tu parles ? Les bandits de Berditchev ne sont pas en train de faire techouva, rabbi Lévi Yitzhak. Tu te trompes. Ils sont en train de se vanter des méfaits qu'ils ont commis durant toute l'année. Et rabbi Lévi Yitzhak de Berditchev nous sourit et nous dit: non. Vous ne connaissez pas la nature d'Am Israël. Si vous connaissiez la nature d'Am Israël, vous auriez vu comme moi j'ai vu, comme moi j'ai compris, qu'au moment même où un bandit juif, un bandit d'Israël,
dit devant tout le monde: j'ai fait ça, j'ai fait ça, j'ai fait ça, on ne peut pas faire taire la vérité. Quelle est la vérité ? C'est qu'au fond de lui, même s'il n'entend pas, ou peut-être qu'il entend, il y a cette voix qui dit: ce n'est pas bien, ce que j'ai fait n'est pas bien, je ne suis pas fier de moi. Cette sensation qui est au fond de lui, c'est le de tes cheveux. C'est le commencement du processus.
Rabbi Lévi Yitzhak de Berditchev nous enseigne ici un point essentiel de la techouva. Certaines personnes disent qu'on ne peut faire techouva qu'à partir du moment où l'on arrête totalement toutes les mises, les avérot, les fautes. C'est vrai, d'accord. Mais il faut savoir que la techouva, je parle du processus de la techouva, commence à partir du moment où il y a une harata.
Qu'est-ce que c'est, une harata ? C'est un regret. Je sens: aïe, je me sens mal avec ça. Je sens que ce que j'ai fait n'est pas bien. À partir de ce moment-là, la techouva est en train de faire son effet. On sent qu'on n'est pas soi-même, que cet acte ne reflète pas notre véritable individu, notre véritable personne. À ce moment-là, cela s'appelle la techouva.
La Guemara, dans le traité de Kidouchin, traite du fait qu'un homme, avant de se marier avec une femme, doit faire ce qui s'appelle la houppa et les kidouchin. La houppa, c'est le fait de la mettre sous le talit, et elle devient sa femme. Mais avant cela, il faut faire les kidouchin. Qu'est-ce que les kidouchin ? C'est une institution des hakhamim: l'homme donne une bague à sa femme en lui disant: tu m'es consacrée selon la religion de Moïse et d'Israël. À ce moment-là, elle devient fiancée. Qu'est-ce que cela veut dire, fiancée ? Elle est réservée à lui.
Ensuite, il doit accomplir le second acte, la mettre sous la houppa, pour qu'elle devienne véritablement sa femme. Il y a deux étapes dans le mariage. Première étape: elle est fiancée, et au même moment elle devient interdite aux autres hommes, elle lui est réservée. Deuxième étape: elle devient véritablement sa femme, ils peuvent vivre ensemble. La Guemara raconte une histoire assez exceptionnelle. On sait qu'à l'époque de la Michna, tant qu'il y avait des tribunaux, on pouvait se fiancer à une personne sous condition. Par exemple, quelqu'un dira: tu m'es consacrée comme la loi de Moïse et d'Israël, à condition que tu sois riche et que tu aies une dot de plus de deux cent mille shekels. À ce moment-là, on vérifie. Si la condition est réalisée, elle est fiancée. Si elle ne l'est pas, elle ne l'est pas.
Et la Guemara pose la question. Imaginez le cas suivant: un homme se présente devant sa future femme et lui dit la phrase: tu m'es consacrée selon la loi de Moïse et d'Israël, à condition que je sois un tsadik parfait. Or, imaginez que cet homme-là soit un …
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