Le rôle de l'homme dans la Création
Le récit de Béréchit en trois temps : monde parfait, monde brisé, monde en perfectionnement, et la place de l'homme entre haut et bas.
Rav Oury Cherki
Ensuite : Divergences politiques et unité selon le Rav Kook, 2 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Vous connaissez le premier chapitre de Bereshit. Je propose de le diviser en trois parties. La première partie, c'est le premier verset. La deuxième partie, c'est le deuxième verset. Et la troisième partie, c'est depuis le verset guimel jusqu'au verset lamed-alef. Vous avez remarqué que ce sont des parties inégales.
Verset 1, verset 2, et après vous avez une flopée de versets, depuis Guimel jusqu'au Lamed-Alef. Pourquoi cette division ? Parce que, si on regarde de manière superficielle et objective, on voit que le texte se divise effectivement en trois parties. La dernière fois, on avait vu d'abord le premier verset, et vous n'avez pas tous été d'accord. Quand on dit Bereshit bara Elohim et hachamayim ve'et ha'aretz, ça suppose un monde parfait.
Or, le verset Bet nous montre un monde brisé, dans lequel il est dit: « La terre était, de l'obscurité sur la face de l'abîme. Un souffle divin planait sur la face des eaux. »
Donc, il y a ici une différence fondamentale entre le monde idéal et le monde réel. C'est ce qu'on appelle en philosophie la différence entre la vérité et la réalité. En vérité, le monde est un monde parfait. En réalité, il est un monde imparfait. Ça, c'est donc pour comprendre les deux premières parties. Et puis la troisième partie, qui va du verset Guimel jusqu'au Lamed-Alef, c'est une partie qui nous parle d'un monde en perfectionnement, en évolution.
C'est un peu comme si quelqu'un rentrait dans un endroit complètement chamboulé. Il dit d'abord: allumons une torche pour voir ce qui se passe. Que la lumière soit. Après, il se dit: tiens, c'est mouillé ici, alors il va débarrasser un peu le plancher pour qu'il y ait un peu de plancher sec.
Après, il se dit: il y a de la lumière, c'est sec, qu'est-ce qu'on fait ? On va mettre des plantes, et on va également mettre des lustres, donc de la lumière permanente. Et puis, une fois qu'on aura mis des lustres, on va mettre un aquarium pour les poissons, une cage pour les oiseaux. Et puis, une fois qu'on aura fait tout ça, on va mettre un fauteuil pour que quelqu'un puisse y habiter. C'est à peu près comme ça que la Torah nous présente la création du monde dans la troisième partie: que la lumière soit, après il y a un firmament, que l'eau s'en aille pour laisser voir la terre sèche, et puis après, les plantes qui poussent. Ensuite les luminaires, c'est-à-dire le soleil et la lune, puis les poissons et les oiseaux, et puis les animaux terrestres et l'homme. D'accord ? C'est à peu près comme ça que ça arrive.
Ça veut donc dire qu'en fait, la Torah nous présente un monde qui passe par trois phases: un monde parfait, un monde imparfait, un monde en perfectionnement. Ça va jusqu'à présent ? Vous avez compris ? Bon, très bien.
Maintenant, vous avez certainement, dans votre vie, été sujets à des interrogations. Je parle ici de ce qu'on fait à l'école, l'interro. Si la réponse est bonne, que fait le prof ? Non, il fait un signe. Quel est le signe ?
C'est ça, une sorte de petit V, n'est-ce pas ? Vous avez remarqué qu'il y a une différence entre la partie gauche du V et la partie droite du V. La partie gauche est courte, la partie droite monte à l'infini. Mais au milieu, il y a une chute. C'est exactement ça qui se passe dans la création du monde. Ça commence bien, après ça va mal, et après ça va très bien. D'accord ?
Des profs d'école ont des origines métaphysiques. Maintenant, si j'essaie de comprendre un peu mieux ce que signifie le signe en question, si je le résume comme étant un seul mouvement, c'est quoi ce mouvement ? La techouva, un retour. Ça revient à l'origine. C'est pour ça que Hachamim nous ont dit que la techouva a existé avant la création du monde. Tout se passe comme si le bon Dieu voulait quelque chose à l'extérieur de lui, mais qui revienne à lui.
C'est le mouvement de la techouva. Ça va jusqu'à présent ? On avait étudié ça la dernière fois ?
— Non.
— Oui, on avait fait ça la dernière fois. Oui ou pas ? La semaine dernière ?
— Non.
— Ah, l'année dernière ! L'année dernière, c'est autre chose. Donc, je ne comprends pas. Si vous avez étudié ça l'année dernière, pourquoi venez-vous à ce cours ? Au mois de Eloul, quand on avait parlé de la techouva, effectivement. D'accord.
Et donc la techouva est placée dès le départ comme étant efficace, c'est-à-dire comme étant capable de réparer les errements. C'est comme si, par exemple, quelqu'un qui a voulu se suicider mais qui fait techouva va voir le rabbin et lui dit: « Monsieur le rabbin, je me suis pendu. » Le rabbin lui dit: « Repends-toi. » Et donc c'est ça, la techouva. C'était d'ailleurs une vanne stupide, mais j'aime bien vous faire rire de temps en temps.
Donc vous avez ici tout un mouvement qui est ce qu'on appelle le retour. Là, c'est la première analyse que nous faisons du texte.
D'ailleurs, cette chute du monde, qui passe du verset Alef au verset Bet, on la retrouve chez les kabbalistes. Ça s'appelle Shevirat HaKelim, c'est-à-dire la brisure des réceptacles. On dit la brisure des vases, mais c'est la brisure des réceptacles. Ça veut dire qu'il y a eu un moment de l'histoire, un moment de la création, un flux intense de lumière infinie qui ne pouvait pas être intégré par la création. Donc, ça a entraîné la chute. C'est ça, le tout, ça va vous accrocher, etc. Jusque-là, première analyse. Nous allons passer maintenant à une autre analyse.
Qui est ce qu'on appelle la structure des jours de la création. La Torah nous présente la création comme si c'était des jours. Ce ne sont pas des jours, mais peu importe. C'est comme si c'était des jours. Ce n'est pas dans le temps. Bon, passons, disons, au verset Guimel: Vayomer Elohim yehi or. Elohim dit que la lumière soit. Ou plus précisément, qu'il y ait de la lumière, si on veut bien traduire. Qu'il y ait de la lumière. C'est quoi, ce genre de phrase ? Quel genre de phrase, qu'il y ait de la lumière ?
— Le vocatif ?
— Non, c'est comme un impératif, effectivement. Mais un impératif qui représente quoi ? Un souhait, un projet. Donc, quand la Torah dit yehi or, c'est un projet. Je continue le verset. Qu'est-ce qu'il y a dans la suite du verset ?
— Vayehi or.
— Et la lumière fut. C'est quoi, ce genre de phrase ?
— La réalisation.
— Donc vous avez déjà deux premières phases: la première, le projet; la deuxième, la réalisation. Verset Dalet: Vayar Elohim et ha'or ki tov. Elohim vit que la lumière était bonne. Il sépara la lumière de l'obscurité. Ce genre de phrase, c'est quoi ?
— Il a vu que c'était bon.
— C'est quoi, ce genre de phrase ?
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