Orot veKelimאורות וכלים
Se connecter

Pourquoi les nations s'opposent à Israël

La cheminée du monde : Israël, sa mission de transcendance et l'origine de l'antisémitisme selon le Maharal.

49 min

Rav Oury Cherki

Ensuite : Surmonter les épreuves : la sagesse face au mal selon Maïmonide, 11 min

Début du cours (texte)

Lire le début du cours

Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Pourquoi est-ce que les Goéliens ne nous aiment pas ? Voilà, c'est ça la question. Pour tout vous dire, c'est une question très importante. Je n'ai pas beaucoup développé, je n'ai pas eu le temps de parler de toutes les choses. Je vais vous les lire. Mais allons voir de quoi il s'agit. Tout d'abord, essayons de comprendre ce que représente le peuple juif, ce qu'il fait dans le monde, et de quelle manière cela est supposé créer une certaine animosité.

Imaginez que vous entrez dans une salle où il y a une centaine de personnes qui discutent entre elles. Elles prennent un whisky, il y a des buffets, on fait des discussions, du small talk, tout ça. Et puis vous rentrez dans la salle et vous dites deux mots seulement: « et moi ». Ça fait trois mots en français, en hébreu ça fait deux. D'accord ? Qu'est-ce que ça crée ? Une différence. Et cette différence crée automatiquement soit de l'opposition, soit de l'adhésion. Ce qu'elle ne peut pas créer, c'est de l'indifférence, c'est-à-dire le fait même d'être porteur d'une mission particulière, d'une identité qui résiste à l'assimilation, etc.

Cela crée automatiquement une relation duelle, et celle-ci ne peut donc plus devenir ni de l'opposition, ni de l'adhésion, mais elle en reste à ces deux pôles. D'accord ? Il y a un grand principe en psychologie: si tu es capable de me haïr, c'est que tu es susceptible un jour de m'aimer, parce que l'amour et la haine sont les deux opposés d'une même tendance, d'une même approche. Il y a deux aspects de la même chose.

Ce qui est bien pire, c'est la différence qui dit qu'il n'existe pas. Le peuple d'Israël a une longue histoire de négation de son existence. La première fois que le peuple d'Israël est mentionné dans l'histoire en dehors de la Bible, c'est où ? Moshé, non ? En dehors de la Bible. Non, en dehors de la Bible. Où est-ce que pour la première fois...

— Dans un document extérieur ? Dans le Coran ?

— Qu'est-ce que tu as dit ? Dans le Coran. C'est-à-dire qu'avant l'affaire Dreyfus, personne n'a parlé de lui. C'est-à-dire qu'avant le Coran, personne n'a parlé de lui. Je veux savoir la première fois que nous apparaissons dans l'histoire en dehors de la Bible. C'est bien, dans l'archéologie.

C'est la première fois que le peuple d'Israël est mentionné dans un document extérieur au Tanakh. La stèle de Merneptah. Qu'est-ce qu'il dit, la stèle de Merneptah ? C'est la première fois que nous apparaissons, pour dire que nous existons.

Et c'est quelque chose de permanent: il y a quelque chose de gênant, dans l'humanité, face à l'existence même de ce peuple, qui fait qu'il y a une négation de cette existence. Alors vous avez parlé du christianisme et de l'islam, effectivement. Pour le christianisme, le peuple d'Israël a cessé d'exister avec la naissance de Jésus. C'était la dernière génération des enfants d'Israël. Par la suite, il y a ce qu'on appelle Israël de chair. Israël de la chair, ce sont les Juifs, qui sont les descendants biologiques des enfants d'Israël mentionnés dans la Bible, mais c'est une histoire qui a fini. Israël, c'est l'Église.

De même, dans le Coran, dont vous avez parlé, il y a également le même problème. Il y a une identité respectable qu'on appelle les Bani Israël, les enfants d'Israël, qui est considérée comme quelque chose de très noble dans le Coran. Et il y a Al-Yahoud. Al-Yahoud, ce sont les Juifs, qui sont méprisés. C'est-à-dire que l'État d'Israël appartient à l'histoire antique, c'est révolu; maintenant il ne reste que les Juifs, et ils n'ont pas de place.

De même, il y a eu au XIXe siècle, après la Deuxième Guerre mondiale et donc la Shoah, mais avant la fondation de l'État d'Israël, un philosophe français du nom de Jean-Paul Sartre, qui se présentait comme ami d'Israël. Il a écrit à l'époque un petit fascicule, en 1946 ou 1947, qui s'appelle Réflexions sur la question juive. Dans ce fascicule, il lutte contre l'antisémitisme. Il dit que les antisémites sont des salauds. Et pourquoi des salauds ? Parce qu'ils affirment que les Juifs sont différents des autres.

Or, c'est totalement faux. Non seulement les Juifs sont exactement comme tous les autres, mais en vérité ils sont une invention de l'antisémite. C'est-à-dire que si vous prenez un être humain sur Terre et que vous l'entourez d'une quinzaine d'antisémites, il sera juif. Donc l'identité juive est une fiction, elle n'existe pas, c'est une invention des antisémites. Donc les antisémites ont tort. Extraordinaire. Ça veut dire que pour défendre les Juifs, il faut dire qu'ils n'existent pas. D'une certaine manière, c'est pire que l'antisémitisme: c'est la négation de l'entité juive. Elle n'existe pas.

Il va même jusqu'à dire une phrase absolument énorme, et ça ne le dérange pas, en tant que grand philosophe: il dit que les Juifs sont un peuple sans histoire, bien qu'il soit le plus ancien du monde. D'accord ? Ça veut dire qu'ils n'existent pas. C'est la manière de nous aider.

Il y a un Juif israélien, Shlomo Sand, qui a écrit un livre devenu un best-seller mondial, parce que c'est un livre antisémite. Le titre est le suivant: Quand a été inventé le peuple juif ? Pour lui, le peuple juif est une invention, les Juifs ça n'existe pas, et la preuve qu'il avance, c'est qu'il y a des témoignages, au cours de toutes les générations, d'une quantité énorme de convertis de génération en génération. Donc quelque chose n'existe pas. Ce n'est pas très bien compris, parce que pour se convertir, il faut se convertir à quelque chose qui existe. Pour lui, ça n'existe pas.

De même, il y a un autre Juif israélien, très populaire aujourd'hui en Europe, dans toutes les bibliothèques: Yuval Noah Harari, qui a écrit un livre dans lequel il affirme, à rebours, que le peuple juif n'a eu quasiment aucune influence dans l'histoire. Il faut le faire. Et bien sûr, il répond immédiatement à l'objection éventuelle: qu'est-ce qu'on fait du christianisme et de l'islam ? Il dit: mais non. Le christianisme et l'islam sont nés du judaïsme, c'est vrai, mais de même que Newton, qui a découvert la loi de la gravitation, est né parce que sa maman lui a donné le jour, il n'y a rien à voir entre la loi de la gravitation et la mère de Newton.

— Comment peut-on dire que les Juifs ont eu leur histoire, alors que le Nouveau Testament, par exemple, et le Coran se basent sur l'Ancien Testament ?

Ta question est la suivante: comment peut-on dire que les Juifs n'ont pas d'influence alors qu'il y a le christianisme et l'islam ? Cette question a été posée par Yuval Harari lui-même, et il répond: de même que Newton a une influence énorme sur la physique puisqu'il a découvert la loi de la gravitation, cela ne veut pas dire que la mère de Newton, sans laquelle Newton n'aurait pas existé, a quelque chose à dire sur la loi de la gravitation.

Cours de Machon Meir

Dans la même série

114 cours du Rav Oury Cherki, en direct du Machon Meir (Jérusalem). Thèmes : Pensée juive, Techouva, Rambam, Maïmonide, Émouna.

  1. 23
    Bein Azmanim, le temps où l'on découvre ce qu'on a appris
    Pourquoi les vacances de la yeshiva sont un temps d'étude à part, où l'on se retrouve soi-même.
    3 min
  2. 24
    D. A T'IL BESOIN DE NOUS Rav Cherki
    1 min
  3. 25
    Le tekhelet et les franges du tsitsit
    Pourquoi le fil d'azur au coin du vêtement, sa rareté, sa redécouverte et les arguments archéologiques du Rav Cherki.
    16 min
  4. 26
    Les dix plaies, une révélation de Dieu à l'Égypte
    Le texte de Vaéra montre que les plaies s'adressent à l'Égypte, non à Israël, qui ne les subit pas.
    50 min
  5. 27
    Pourquoi les nations s'opposent à Israël
    La cheminée du monde : Israël, sa mission de transcendance et l'origine de l'antisémitisme selon le Maharal.
    En cours de lecture
  6. 28
    Surmonter les épreuves : la sagesse face au mal selon Maïmonide
    Pourquoi la souffrance reste douloureuse même quand elle a un sens, et comment garder l'émouna face au malheur.
    11 min
  7. 29
    Techouva, joie et rire selon le Kouzari et la Guémara
    Pourquoi la joie a sa place dans la techouva, et pourquoi le rire est réservé à la fin de l'exil.
    45 min
  8. 30
    Le Chalom Bayit, un idéal et non une simple nécessité
    La paix du foyer comme or intérieur, et la Chekhina présente entre les époux.
    2 min

— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?

Une question sur ce cours ?

La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.

Commentaires et questions au Rav