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Khashmal : le secret de l'électricité dans l'éducation

Le Rav Aboulafia explique trois gestes, se taire, couper et renouveler sa parole, pour relier l'enfant à sa volonté.

16 min

Dr. Michael Aboulafia

Ensuite : Quand l'enfant chute : la crise comme renaissance, 17 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Du char céleste, qui était composé d'un principe qui s'appelle Hachmal. En hébreu, Hachmal, du mot Hachmal. C'est deux mots. Les sages de la Kabbale et de la Hassidout ont parlé d'un principe qui s'appelle Hachmalmal. Hachmalmal, trois mots. Le premier, Hach, vient dire apprendre à se taire. Le deuxième, mal, vient dire apprendre à couper les mots auxquels nous avons été habitués jusqu'à maintenant. Le troisième, mal, pour dire: viens, essaye de renouveler ta façon de parler.

Parce que le problème dans l'éducation, c'est que souvent, on se retrouve à redire les mêmes choses aux mêmes enfants, et puis on se rend compte, ou on ne se rend pas compte, mais l'enfant n'écoute plus, il n'écoute pas, il n'a jamais écouté, et ça ne l'aide pas beaucoup. Dans cette génération, cette nouvelle génération, nos enfants ont besoin que l'on soit plus yétiratim, plus créatifs, et que l'on apprenne à renouveler notre façon de parler.

En vérité, même Alia, par exemple, quand quelqu'un est monté en Israël et a décidé de vivre en Israël, cela lui demande de couper, pour remonter, de couper avec un certain passé, pour pouvoir s'élever vers un autre futur. Et donc, le simple fait d'éduquer un enfant, dit le Baal Chem Tov, l'un des maîtres de la Hassidout, c'est d'aider à élever un enfant, c'est le faire rentrer en Erets Israël. De le faire rentrer en Israël, c'est-à-dire de le relier à sa véritable volonté. Erets, en hébreu, c'est le mot terre, mais ça vient du mot volonté. Volonté du Aleph, volonté de Hachem, volonté de Dieu. Et donc, éduquer un enfant, c'est le relier à sa volonté qui est inscrite en lui, donc la volonté de Dieu qui l'éclaire de l'intérieur.

Et donc, quand on va devoir appliquer ce principe de Hach, mal, mal, on va devoir d'abord redéfinir le but de l'éducation. Le but de l'éducation n'est pas d'élever un enfant dans le sens de le dresser, mais au contraire de le relier à sa véritable profondeur, à sa véritable volonté. C'est pourquoi on va agir d'après trois principes. Le premier, un principe de silence, de savoir ne pas réagir, de savoir ne pas être dans l'hystérie. Hystérie vient du mot latin, grec, qui vient du mot utérus, c'est-à-dire être

un ustensile, un réceptacle pour l'enfant, qui va pouvoir le recevoir. Hystérie, c'est cette même personne qui n'arrive pas à recevoir, qui n'arrive pas à être un réceptacle, qui n'arrive pas à être au bon endroit vis-à-vis de l'enfant. En hébreu, hystérie vient du mot estheria. Dieu est caché, il n'y a plus de Dieu, je ne crois plus en Dieu, et donc je suis agité, je deviens fou, je perds les pédales, comme on dit en français un peu populaire.

Donc en fait, notre véritable travail est de savoir d'abord faire un travail de silence. Les versets de la Michna de Pirkei Avot, des Principes des Pères, nous enseignent que le sage dit: toute ma vie j'ai grandi parmi les sages, mais je n'ai pas trouvé mieux pour mon corps que le silence. Lo matsati lagouf tov ela mishtika. Le principe de silence est bien sûr dépendant de notre capacité à pouvoir parler aussi. Ce n'est pas d'être tout le temps en silence, mais parfois de savoir se taire, de savoir être avec l'enfant, de savoir le vivre, de savoir ne pas savoir, de savoir ne pas être dans la chlita, dans la maîtrise de ce qui se passe, de laisser la réalité parfois nous emporter.

Un petit peu comme un surfeur qui va dans les vagues et qui apprend à son corps à aller avec la vague, à monter, à descendre, sans essayer de dresser la vague, sans essayer de mater la vague. Mais au contraire, il va faire en sorte que ses muscles suivent le mouvement de la vague, et c'est sa manière de maîtriser sa glisse. Un petit peu pareil dans l'éducation. On va d'abord apprendre à assouplir, on va d'abord apprendre à se mettre en adéquation avec la vague, en diapason avec la vague. Et donc on va apprendre d'abord à se taire. La première étape est une parole qui n'a plus de parole, un endroit où il n'y a plus la possibilité de parler. Et donc on va entrer dans un mouvement qui s'appelle la Hokhma en hébreu, la sagesse. Il n'y a pas de sagesse s'il n'y a pas cette même capacité, parfois, de savoir que je ne sais pas.

La deuxième étape s'appelle mal. En hébreu, ça vient du mot mila, « couper ». Couper avec ce que je pensais qui était vrai. Couper avec toutes les théories, tous les fondements que j'avais construits. Et je suis capable maintenant de me régénérer. C'est écrit dans la Guemara, dans le Talmud: de tous mes maîtres j'ai grandi, mais de mes élèves plus que de tous mes maîtres. Mon élève, mon enfant, va venir me faire grandir. Il va m'aider à trouver d'autres mots que les mots que j'avais l'habitude de recevoir.

Vous savez que la première mitsva, qui n'est pas vraiment un commandement, le premier commandement qui a été donné à Abraham Avinou, qui n'est pas vraiment un commandement, c'est Lekh lekha mibeitekha. Sors de ta maison. Sors des principes de ta maison. Sors de ce qui a été pour toi toute ta vie, les principes pour lesquels on t'a élevé. Apprends à être toi-même. Apprends à révéler cette véritable volonté qu'il y a en toi, cette véritable parole qu'il y a en toi. Donc la deuxième dynamique va être une dynamique de mal, de savoir ne pas parler, de savoir ne pas dire les choses que tu es habitué à dire.

La deuxième, donc, c'est mal, c'est-à-dire faire couper ces mêmes choses que je dis sans arrêt, qui ne servent à rien. L'enfant s'agite à la table de Chabbat, et je lui dis: si tu ne te calmes pas, je vais t'envoyer dans ta chambre. Ça n'aide pas. Et si je l'envoie dans sa chambre, ça n'aide pas. Donc je vais devoir passer à un autre niveau de langage: « Mon chéri, qu'est-ce qui se passe ? Je ne te reconnais pas. Qu'est-ce que tu as ? » Je vais essayer de retrouver l'enfant d'un autre point de vue, d'un côté plus profond, d'un point de vue plus essentiel. Et là-bas, je vais essayer de le faire monter.

Mais la troisième étape est l'étape la plus importante. La troisième étape s'appelle mal, qui veut dire mila. On va être créatif. On va essayer de retrouver une autre façon de discuter avec l'enfant. Cette capacité de faire Hach, mal, mal, Hachmal, qui va nous permettre de retrouver l'électricité, le courant qui nous lie à l'enfant, c'est celle qui va être capable de faire cet arrêt-là de Hach, ce renouvellement de mal, mal.

Le Rav Kook, qui était le premier grand rabbin d'Israël, nous enseigne un enseignement très important. Il écrit: la chose qui humilie le plus la Torah, c'est la perte de la pensée libre et pure. Comme on est capable de tuer le monde intérieur de la Nechama, avec des pratiques qui sont basses, des pratiques qui …

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