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Toledot : la bénédiction de Yitzhak reçue par Yaakov

Pourquoi Yaakov n'a pas volé la bénédiction : le Sfat Emet explique la bénédiction pure, sans intention personnelle.

8 min

Rav David Partouche

Ensuite : Yaakov et la peur d'Essav, 1 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Chabbat chalom. Cette semaine, nous allons lire la paracha de Toledot. Attention, la paracha de Toledot fait énormément peur. Pourquoi ? Parce qu'on y reçoit la bracha que Yitzhak donne à Yaakov, c'est-à-dire Yaakov qui va devenir Israël. Donc nous avons la bracha de Yitzhak, qui va être donnée par Yitzhak à son fils Yaakov. Oui, mais comment ? Et là, les yeux tombent. Non, mais tu comprends… De quoi ? De quoi as-tu peur ?

Non, mais tu comprends, on était obligés. On était obligés de voler la bracha d'Essav. Dans la tête des personnes, on avait l'impression que la bracha devait revenir à Essav. Et Yaakov, parce que Rivka, sa mère, a voulu protéger son fils et a compris qu'Essav était un fils, mais que ce n'était pas un fils apte à recevoir la bracha que Yitzhak devait donner, a été mis en avant. Et donc on a mis Essav de côté.

Par un stratagème conçu par sa mère et réalisé par Yaakov, Yaakov va, de façon cachée et mensongère, voler la bracha de Yitzhak. Alors, je peux vous rassurer: tout cela est faux. Nous n'avons rien volé, et j'explique de quoi je veux parler. À la fin de la paracha, si vous lisez, vous verrez que lorsque Yaakov doit fuir pour ne pas se faire tuer par Essav,

il se présente devant Yitzhak. D'abord, on voit Yitzhak: il ne dit rien, il ne s'énerve pas, il ne va pas critiquer Yaakov. Mieux que ça, il va lui donner une bénédiction. Quelle bénédiction ? Birkat El Shaddaï, Birkat Avraham. On regarde à la fin de la paracha, au chapitre 28 du livre de la Genèse. Au chapitre 28, Yitzhak donne la bracha d'Avraham à Yaakov. Qu'est-ce que c'est que cette bracha ? On lui a déjà donné la bracha avant ? Non, il y a deux brachot.

Pour Yitzhak, c'était évident que la bracha d'Avraham, qui est la bénédiction de la spiritualité, la bénédiction du projet d'Israël, la bénédiction d'être le porteur du message spirituel d'Israël, revenait à Yaakov. Mais que pensait Yitzhak ? Yitzhak pensait que la bracha, la bénédiction matérielle de la construction du pays, de la construction de la nation au niveau matériel, devait revenir à Essav, parce qu'il allait construire. Qu'est-ce qu'il pensait ?

De la même façon qu'on trouve plus tard dans l'histoire, avec Issachar, qui s'occupe de la Torah, et Zevouloun, qui s'occupe des affaires, du commerce, de l'argent: ils ont décidé de faire un contrat, un étudie la Torah, l'autre fait les affaires, et ils partagent l'argent. Ils disent que ça va être la même chose. Yaakov et Essav vont être ensemble pour construire l'État d'Israël, la nation d'Israël, la nation juive. Or Rivka a bien vu qu'Essav était incapable, du fait qu'il soit l'aîné, du fait qu'il soit rachat, de recevoir la royauté, c'est-à-dire le ton donné par Yaakov. Parce que Yaakov, c'est lui qui allait donner le ton au niveau de la spiritualité, de la manière dont cela doit se faire, de ce que sont les valeurs portées par cet État. Elle était donc obligée de séparer Essav. Mais que Yaakov construise le peuple d'Israël, c'était évident, même pour Yitzhak.

Alors qu'a fait Yaakov ? Il a seulement reçu les brachot matérielles à la place d'Essav. Mais pourquoi cela a-t-il dû se passer de cette façon ?

Le Sfat Emet l'explique, et le de Gour l'explique d'une façon extraordinaire. Il dit la chose suivante: si un père bénit son fils, moi, David, je vais bénir mon fils Yonatan. Quand je bénis mon fils, je bénis, parce que je connais cet enfant, je sais comment il est. Alors je dirige un peu, et il y a comme une affaire personnelle dans cette bénédiction. C'est ce qui serait arrivé si Yitzhak avait su qu'il était en train de bénir Yaakov. Il aurait eu des pensées personnelles, des influences personnelles, des choses personnelles, parce qu'il connaît son petit Yaakov.

Mais à partir du moment où toutes ces pensées personnelles de Yitzhak, qui auraient pu troubler les ondes, les fréquences divines de la bénédiction, n'étaient pas portées sur Yaakov, elles étaient portées sur Essav, parce que dans la tête de Yitzhak, il pensait qu'il était en train de bénir Essav. Que dit donc le Sfat Emet ? La bénédiction que Yaakov a reçue était pure, pure de toute pensée humaine, même celle du tsadik, une pensée humaine qui aurait pu dévier les ondes, les fréquences divines de la bénédiction. Par conséquent, Kadosh Baruch Hou a fait que la bracha de Yaakov lui soit donnée sans que Yitzhak sache qu'il était en train de bénir Yaakov, pour qu'il n'y ait pas, comme on dit en hébreu, un intérêt personnel.

On peut comparer cela à une chose que nous avons connue. Certaines personnes se sont posé la question: comment est-ce possible ? L'État d'Israël s'est fait par des personnes non religieuses, souvent même contre la Torah, etc. Si c'est véritablement la libération et la volonté d'Hachem, comment Hachem a-t-il pu faire une chose pareille ? D'abord, premier conseil: demander à Kadosh Baruch Hou. Le mieux est d'aller voir Kadosh Baruch Hou et de lui demander: pourquoi, Hachem, as-tu décidé que cela passe par ces gens-là ?

Mais si tu prends ce Sfat Emet, tu peux comprendre. Si ceux qui avaient créé l'État d'Israël avaient été des personnes religieuses, de Gour, comme on l'aurait espéré, qui construisent l'État d'Israël, on aurait demandé aux personnes: qu'est-ce que tu es en train de faire ? Je suis en train de faire l'État juif de Kdoucha, du Am Israël, mi-Torah, poussé par la Torah et du divin, etc. Mais tout cela aurait été en fonction de la manière dont lui perçoit le divin, de la manière dont lui perçoit la volonté d'Hachem. Il aurait mis toute la kdoucha, toute l'action divine, en passant par lui, selon lui, selon ses mesures.

Or cela est passé par des personnes totalement non religieuses, parfois même anti-religieuses. Donc tout ce qui s'est fait au niveau des pensées divines, au niveau des pensées de sainteté, n'a été entamé par personne, parce que personne n'y pensait. C'est passé sans brouillard, sans grisaille, c'est passé pleinement et entièrement comme Hachem le voulait. C'est pour cela que, lorsque Yitzhak va bénir Yaakov, il pense que c'est Essav, et qu'en fait c'est Yaakov, de façon à ce que Yaakov reçoive 100 % de la bracha directement d'Hachem. Et Yitzhak s'est considéré comme un passeur total: il n'a pas pris part aux bénédictions de Yaakov.

Chabbat chalom.

Cours de Machon Meir

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