La création de l'homme et l'âme divine dans Béréchit
Pourquoi la Torah dit Naase Adam et non Nefesh Chaya : la nature ne peut produire la liberté humaine.
Rav Oury Cherki
Ensuite : Béréchit bara Elohim : le commencement de la Création, 36 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Shalom, bonjour à tous. Je crois que nous avons commencé le livre de Béréchit. Où en étions-nous ? Le deuxième pasouk, c'est tout ? Bon. Je voudrais étudier avec vous quelques éléments de la structure de l'œuvre de la création. Évidemment, l'œuvre de la création ne s'enseigne pas en public.
Pourtant, il y a des éléments qui doivent être mis en évidence. La preuve, c'est que la Torah a tout de même écrit l'œuvre de la création. Cela veut dire qu'il y a des choses que nous pouvons en retirer, même dans une étude superficielle. Vous vous rappelez que nous avions fait un petit V la dernière fois, n'est-ce pas ? Nous avions mis en vente l'œuvre artistique, d'ailleurs. Elle a été achetée pour combien ? Bon. Je voudrais…
S'il vous plaît, regardez au verset Guimel, chapitre Aleph. Vayomer Elohim, yehi or. Dieu dit que la lumière soit. N'essayons pas de comprendre ce que veut dire « dit », ce n'est pas le sujet. J'aimerais comprendre la nature de cette phrase: « Et Dieu dit que la lumière soit. » Quel genre de phrase est-ce ? Impératif ?
Impératif, exactement, c'est un impératif, bien que ce ne soit pas écrit dans un style impératif. Il n'y a pas écrit Vayetsav, « il ordonna ». Si on élargit un peu, l'idée d'impératif est possible, mais on va élargir davantage. Je pense que c'est un projet. « Que la lumière soit » est un projet. Les impératifs aussi sont des projets. C'est-à-dire que c'est quelque chose qui n'est pas encore fait. Regardez toujours au verset Guimel.
Il y a une suite: Vayhi or, « et la lumière fut ». C'est quel genre de phrase ? Une constatation ? Un accomplissement ? Tout est constatation. Dès que la Torah nous dit que Dieu a dit que la lumière soit, c'est aussi une constatation: le fait qu'il l'a dit. Mais « et la lumière fut », c'est un accomplissement, une réalisation du projet. Donc, si la première partie, Yehi or, parle d'un projet, la deuxième partie, Vayhi or, nous parle d'une réalisation.
Passons tout de suite au verset Daled. Vayar Elohim et ha'or ki tov, vayavdel Elohim bein ha'or uvein hachoshekh. Dieu a vu que la lumière était bonne, et il sépara la lumière des ténèbres. Quel genre de phrase est-ce ? Toutes sont des constatations. C'est un jugement. Le fait est là, la lumière est là: est-ce que c'est bien ou est-ce que c'est mal ? C'est bien, c'est un jugement, avec les conséquences qu'il faut en tirer: la séparation.
Vayikra Elohim laor yom, velachoshekh kara laila. Dieu appela la lumière « jour », et l'obscurité, il l'appela « nuit ». Vayhi erev, vayhi boker, yom ehad. Il fut soir, il fut matin: jour un. Il fut soir, il fut matin: jour un. Quel genre de phrase est-ce ? Une conclusion. La mesure du temps… Vous êtes bien sûr de ce que vous dites ? Il n'y a pas écrit « un jour », il y a écrit « jour un ». Il y a écrit yom ehad.
Cela parle d'une unité, cela ne parle pas d'un temps. S'il y avait écrit « premier », j'aurais été d'accord avec vous. Premier, en hébreu, c'est rishon. Il n'y a pas rishon, il y a ehad. Donc ce n'est pas la mesure du temps. Le temps suppose l'antériorité et la postériorité, or il n'y a pas d'antériorité ni de postériorité à ce moment-là. C'est la création du temps. Pourquoi dites-vous cela à ce moment-là, pourquoi pas à Béréchit ?
— Oui, et là vous dites que le temps commence à être créé.
C'est possible. Oui, si vous voulez, c'est une lecture possible. Vous vous rappelez que dans le Tikkoun Zohar, il y a soixante-dix interprétations différentes du mot Béréchit ? Non, mais j'admets, c'est tout à fait possible. Disons, dans l'optique que nous développons ici, Vayhi erev, vayhi boker, ehad: on comprend qu'il y a ici une récapitulation qui nous dit que tout cela est unique. Bien qu'il y ait un soir et qu'il y ait un matin, c'était pourtant un seul jour. Nous avons donc ici quatre phases.
Projet. Accomplissement. Jugement. Récapitulation. Conclusion. Je reprends: projet, accomplissement, jugement, récapitulation, conclusion. D'accord ? Quelle est la phase la plus intéressante ? La première, la deuxième, la troisième ou la quatrième ? Pourquoi dites-vous cela ?
— Si ce n'est pas bien, il va recommencer… Donc la troisième, dans ce cas-là. Le jugement. Donc ce qui t'intéresse, quand tu lis ce texte, c'est la troisième phase.
Vous avez d'autres opinions ?
— Le projet.
Donc ce qui t'intéresse dans ce texte, c'est le projet, la première phase.
— L'unité.
Donc ce qui vous intéresse, c'est la quatrième phase.
— Les deux, la première et la deuxième.
Donc la réalisation: un et deux.
On voit ici qu'il y a différentes opinions dans le public. Nous lisons tous le même texte, et chacun est intéressé par autre chose: celui qui est intéressé par le projet, par la réalisation, ou par les deux à la fois; et puis il y en a qui sont intéressés par la dimension morale, le jugement, et d'autres par l'unité, donc la conclusion. Il est difficile de savoir s'il y a une hiérarchie des idées. Mais je vais arbitrairement m'occuper maintenant de la quatrième phase, la conclusion.
Pourquoi vous dis-je cela ? Parce que dans toute l'œuvre de Béréchit, vous verrez que ce schéma revient: projet, réalisation, jugement, conclusion. Cela revient tout le temps, avec quelques petites dérives, mais c'est comme ça. Regardez une petite seconde au verset Ḥet, le verset 8: Vayikra Elohim lerakia shamayim. Elohim appela le firmament « ciel ». Vayhi erev, vayhi boker, yom sheni. Il fut soir, il fut matin: deuxième jour.
Que veut dire « deuxième jour » ? Il n'y avait pas de premier. Alors comment peut-il y avoir un deuxième ? C'était le deuxième qui était un: c'est-à-dire que c'est deux fois un. Le premier était un, et le deuxième aussi est un. D'accord ? Si on dit que yom ehad, c'est « jour unique », il y avait un jour qui était unique; maintenant il y a un deuxième jour qui est unique. Chaque jour est unique, il y a une idée en chacun.
Vous avez remarqué que, à la conclusion du deuxième jour, la Torah nous dit: il fut soir, il fut matin, deuxième jour. Qu'est-ce qui se passe dans la conclusion du troisième ? Nous allons voir tout de suite, au verset Yod Guimel: Vayhi erev, vayhi boker, yom shelishi. Il fut soir, il fut matin: troisième jour. Ça tient la route ?
Et pour le quatrième, vous avez une idée ? Qu'est-ce qui est écrit ? Regardez au verset Yod Tet, donc 19: Vayhi erev, vayhi boker, yom revi'i. Passons au verset Kaf Guimel: Vayhi erev, vayhi boker, yom hamishi. Il fut soir, il fut matin: cinquième jour. Passons au verset Lamed Aleph: Vayar Elohim et kol asher assa, vehinei tov me'od. Dieu vit tout ce qu'il …
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