Abraham et Efron : la négociation pour le champ de Makhpéla
Le verbe Vayakom, le sens de Vayitènli (« me céder » plutôt que « me donner ») et pourquoi Abraham veut acheter la grotte.
Rav Oury Cherki
Ensuite : Le renvoi d'Agar et le sacrifice d'Isaac dans Béréchit, 51 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
## Le verset 7 et le nom d'Efron
Béréchit, chapitre 4, guimel. Verset 7. « Il parla avec eux en ces termes: Si vous avez le désir (nefesh signifie désir ou volonté) d'enterrer mon mort de devant moi, veuillez m'entendre. Intercédez pour moi. »
« Be'Efron ben Tsohar »: auprès d'Efron, fils de Tsohar. Que veut dire le mot Efron ? De quelle racine vient-il ? Afar. Afar veut dire ? La poussière, la terre, le terreau. Tsohar, qu'est-ce que c'est ? C'est de la blancheur éclatante, une laine qui vient d'être tondue, bien lavée; on dit tsemer.
Donc, le terreau, c'est sombre; Tsohar, c'est clair. Efron est donc un sombre fils de clair. C'est le fruit d'une chute. D'où est-il tombé, cet Efron ? Du plus clair. Que connaissez-vous de plus clair dans l'histoire de l'humanité ? Le plus brillant. Dans l'histoire de l'humanité: les Havot.
Oui, mais Efron n'est pas un descendant d'Abraham. Qui serait l'ascendant brillant d'Efron ? Noar ? Pourquoi lui ? Adam Harichon ? Commençons par Adam. En fait, Efron est l'aboutissement d'une lignée en décadence. Il y a une décadence depuis la lumière éclatante d'Adam jusqu'au terreau d'Efron. Il y a donc malgré tout un rapport entre Efron et Adam Harichon.
C'est ce qui a fait dire aux Hachamim qu'Abraham savait que dans le champ d'Efron était enterré Adam Harichon.
— Oui, quoi ? Une seconde. Tous les hommes sont de la lignée d'Adam Harichon, pourquoi ne l'auraient-ils pas ? Ils ont tous survécu. Qui a dit que ce ne serait pas avec la lignée de Noa'h ? Il y a des présupposés qu'il faut prouver.
Et donc, ce que demande en fait Abraham, c'est de relever le champ d'Efron de sa chute.
Regardez au verset 17: Vayakom sadeh Efron. Littéralement: le champ d'Efron se leva. Comment s'est-il levé ? Regardez Rachi: Tekouma haïtalo, il a eu une remontée; sheyatsa miyad hédiot liad mélekh, il est sorti des mains d'un roturier pour passer aux mains du roi. D'accord ?
Ce n'est pas pour rien que la Torah emploie le verbe vayakom. Abraham se présente comme celui qui va relever la chute. Et Efron, on va le voir, n'est pas un imbécile; il a très bien compris cela, et il va collaborer avec Abraham dans cette histoire.
— Oui ? Et alors ?
Oui, mais il est la décadence directe, si l'on peut dire. C'est-à-dire que chez Efron se garde, se préserve vraiment la tradition de l'identité humaine originelle.
C'est pour cela qu'on dit que dans son champ se trouve la tombe d'Adam Harichon. Chez les autres, ce sont des déviations: Babel, Sodome, tout cela ce sont des déviations par rapport à l'identité originelle. Chez Efron, l'identité originelle est préservée, mais elle est en chute.
C'est quoi, être homme ? L'identité originelle, c'est être homme. C'est quoi être homme ? Que dit la Torah ? Que l'homme a été fait à l'image de Dieu. C'est-à-dire qu'il a pour rôle d'appliquer les valeurs reconnues comme étant celles voulues par Dieu, n'est-ce pas ? Efron n'est donc pas n'importe qui. C'est quelqu'un qui comprend la situation dans laquelle se trouve l'humanité qu'il représente. Vous vous rappelez qu'au verset d'Alet, qu'avait dit Abraham ?
Nous sommes tous des guérim et des toshavim à la fois. Et on a vu que les fils de Kheth ont refusé ce message. Vous vous en rappelez ? Ils ont refusé, mais Efron reste l'interlocuteur avec qui on peut encore parler.
Verset Het.
— Je suppose que oui.
Veyitenli. Comment traduisez-vous veyitenli ? « Qu'il me donne. » C'est ainsi qu'on traduit d'habitude. Mais c'est une erreur. Verset Het, évidemment, comme on l'a dit.
En hébreu biblique, veyitenli ne signifie pas forcément donner. Ve'yitenli signifie qu'il me cède, c'est-à-dire qu'il peut me céder soit sans paiement, soit avec paiement. Un achat est également appelé un don. On a l'habitude de penser qu'Abraham demande qu'Efron lui donne sans se faire payer, et qu'à la fin il se fait payer. D'abord, cela ne correspond pas du tout à la personnalité d'Abraham, qui demanderait un champ sans payer. Il est évident que quand Abraham dit ve'yitenli, il veut acheter.
Mais dans ce cas-là, s'il est hessed, il donne aux autres: « Donnez, donnez-moi, et Dieu vous le rendra. » Ça, ce n'est pas Abraham; c'est quelqu'un d'autre. Bon. Il est vrai que le mot matana signifie également, en hébreu biblique, une vente. Or on voit très bien par la suite qu'Abraham veut acheter l'endroit.
Et qu'il me cède la grotte de Makhpéla qu'il possède, qui est à l'extrémité de son champ; qu'il me la donne pour de l'argent entier, parmi vous, comme sépulture permanente.
Qu'est-ce que veut Abraham ? Il veut la citoyenneté de l'endroit. Or, selon les lois des Hittites, on ne pouvait avoir une sépulture fixe que si l'on était citoyen du pays. Tout le problème est donc de savoir s'ils vont accepter cette vente ou non.
Si Abraham achète un champ, le champ sert à quoi ? À l'agriculture, pas à une sépulture. Si Abraham achète un champ et qu'il y enterre sa femme, on dira: d'accord, tu as simplement enterré ta femme dans un champ; cela ne prouve rien quant à ta citoyenneté. Ce n'est pas un lieu d'enterrement des morts.
Tandis que s'il achète une grotte, une grotte sert à quoi ? À enterrer. Une grotte ne peut pas servir à l'agriculture, elle est incultivable. Donc s'il achète une grotte et qu'il y enterre sa femme, c'est un signe évident qu'il est citoyen du pays.
Qu'est-ce qu'Abraham demande à acheter ? La grotte ou le champ ? Qui a dit le champ ? Qu'est-ce qu'Abraham demande au verset 8 ? Ve'yitenli, pas va'yitenli; il y a un chva sous le vav, n'est-ce pas ? Donc c'est ve'yitenli. Et donc, qu'est-ce qu'il va acheter ?
La grotte.
Acher bixé sadehou, qui est à l'extrémité de son champ. Veut-il acheter le champ ? Non. Cela contredit ce que tu as dit tout à l'heure, d'accord ? Ce n'est donc pas le champ qu'il veut acheter; il veut uniquement la grotte. Abraham comprend très bien que s'il achète un champ, on dira que, même s'il a enterré sa femme dans la grotte qui est dans le champ, c'est parce que la grotte fait partie du champ.
— Oui. D'abord, il n'y a pas écrit Vayakam, il y a écrit Vayakom. Il n'y a pas écrit Et sadeh, il y a écrit Vayakom sadeh.
J'en sais rien, je ne suis pas encore arrivé à ce verset. Pour l'instant, j'en suis au verset 8. J'ai un grand principe: quand j'étudie un verset, je ne sais pas ce que dit le verset suivant; je ne sais que ce que dit ce verset. D'accord ? Donc, pour l'instant, on voit qu'Abraham est intéressé à acheter la grotte et pas le champ, et l'on comprend très bien la logique qui meut Abraham dans cette histoire. Il ne veut pas du champ. Si Abraham achète une grotte et qu'il y enterre sa femme, …
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