Le rejet de la Torah, révolte morale plutôt que faiblesse
Le Rav Kook y voit une révolte de l'idéalisme moral, non un défaut de maîtrise de soi, et tire les conséquences pour notre génération.
Rav Yossef Benshoushan
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Donc, ce qu'on a expliqué jusqu'ici, c'est que la crise essentielle de la génération, celle qui l'amène à abandonner la Torah et la morale, n'est pas due à une faiblesse, à une incapacité à contrôler ses passions et ses penchants malsains. Elle vient au contraire d'une élévation, d'une capacité intellectuelle développée, d'un idéalisme, d'une aspiration à la morale.
Et comme ils n'ont pas trouvé cela dans la Torah, c'est parce que la Torah n'a pas été présentée à sa juste valeur. Alors, le cœur lourd, ils sont allés chercher ailleurs. Et il a donc terminé en disant que le même outil qui a entraîné, non, il faut applaudir pour commencer, le désastre, c'est-à-dire la littérature, par la manière dont ont été véhiculées des pensées d'hérésie, servira aussi à nous, à la littérature, pour faire véhiculer les fondements de l'émouna.
Donc on est à la ligne 26, page 2.
Développé comme il le faut. Et la marchava pourrait être à l'âve, à l'olé'thoba ou au ra. Alors, dans une telle situation psychique, disons, la pensée n'a pas tellement d'action sur lui, d'effectivité sur lui, ni en bien ni en mal. On pourrait aller de poula à la neshama. Ou du moins, elle a un effet très faible. Donc si c'était la situation, on perdrait notre temps à essayer de faire véhiculer des pensées très hautes, car il serait bouché, incapable
de capter le message. Aval. Tu vas là ? Non, non, tu peux manger, tu ne me déranges pas. Que quoi ? Si la situation était telle... Mais vu qu'elle n'est pas telle, donc aval. Là commence l'aval. Puisqu'on a affaire à une génération élevée, qui s'élève de jour en jour. Puisqu'il s'agit d'une génération qui ressent profondément une noblesse,
une délicatesse. Une force, une tendance à comprendre, à analyser, à approfondir, à l'éthique, et à faire le bien. De manière intuitive, il y a pas mal de choses positives dans tous les domaines de la vie. Évidemment, ce n'est pas tout à fait au point encore. Quoi qu'il en soit,
c'est une génération assoiffée de pensée, de logique, de compréhension. Et elle se tourne, comme les régations chez les chamelles, vers la Torah, vers l'Al-Mikhaï, et pas seulement par compréhension intellectuelle, mais aussi par une volonté d'être profondément sensibilisée aux idéaux dont on parle. Donc, telle est la situation. Mais cette situation n'a pas toujours été le cas dans l'histoire d'Israël. Il est… Dans les temps les plus anciens,
la manière dont ils étudiaient et se comportaient à l'époque... Les générations précédentes n'étaient même pas capables d'envisager qu'elles puissent avoir des aspirations élevées, tellement elles étaient profondément enfoncées dans la boue de l'analphabétisme, etc.
Il ne leur effleurait même pas l'esprit de pouvoir aspirer à des idéaux, à une compréhension profonde, etc. Et alors, lorsqu'ils abandonnaient Dieu, lorsqu'on rencontrait dans ces générations des maladies morales, c'est-à-dire des déviations morales, on savait très bien que tout cela ne provenait que d'une bassesse d'envie.
C'était la cause essentielle de leur chute, à ces époques-là. Aujourd'hui, pas du tout. C'est clair, ce cas-là ? C'est clair ? Tu dis oui par politesse ou c'est clair ? Si ce n'est pas clair, ne posez pas de question, vous ne pouvez pas le savoir, hein ? Par manque de choix. Manque de capacité de se révolter. Manque de possibilité psychique de se révolter. Ils étaient soumis de manière innée. Comme je le répète à plusieurs reprises,
il ne faut pas aller chercher chez vos, euh, arrière-parents. Moi, je suis la charnière. J'ai cinquante-quatre ans. Je suis déjà la génération de la charnière. Jusqu'à mon époque, les gens étaient soumis. Tu étais en classe, le prof te foutait deux paires de claques, tu baissais les ailes. Qu'est-ce que tu fais aujourd'hui s'il te fout deux paires de claques ? Tu envoies ton poing dans la figure. D'accord ? Dans le meilleur des cas. Ou un bon coup de pied là où il faut. D'accord ?
Et tu ne réfléchis pas deux secondes: c'était normal qu'il s'en prenne à moi, qu'il lève la main sur moi. Et tu as raison. Mais moi, je ne pouvais même pas imaginer qu'il n'ait pas raison, parce que j'ai été programmé de cette manière. Vous comprenez ? Nous ne parlons pas de mes parents, de mes arrière-parents, etc. Nous parlons de l'humanité entière, de l'humanité entière. Ce qu'il a expliqué jusqu'à présent n'est pas spécifique au peuple d'Israël. C'est l'humanité entière.
Je ne suis pas tellement sûr qu'il y a 55 ans, ce n'était pas encore la situation en France. Mais il y a toujours un décalage, évidemment.
Mais ce n'est pas un décalage de 2000 ans. 10, 15, 20, 30 ans. Et maintenant, les décalages sont de moins en moins grands à cause de la télécommunication. Donc tout se transmet très rapidement. Toute information arrive en un clin d'œil dans le monde entier. Même dans des pays sous-développés, ils sont tous aujourd'hui reliés à Internet. Ils voient que dans notre pays on se révolte, on s'exprime librement, ils disent « on n'est pas des pigeons ». Donc même chez les « primitifs » de notre voisinage,
il y a quelques années, il y a eu des révolutions en Égypte, etc. C'est avec un retard de 250 ans, la Révolution française. Il y a donc un petit retard. Finalement, ça arrive. Continuons. Ligne 33. Ve'archav, maintenant, ce qui se passe aujourd'hui. Aklal, Nitromem, Al-Khejmonam, Shelayishim, Apratim. Le collectif s'est élevé.
Au détriment des personnalités individuelles. Qu'est-ce que ça veut dire ? On en a déjà beaucoup parlé. Comment s'appelle-t-il ? Je vais d'abord le dire par cœur pour qu'on le voie dans le texte. Vous avez tous entendu parler de la loi de Lavoisier, qui dit que dans l'énergie, rien ne se perd, mais tout se transforme. Exemple type: une voiture qui roule à 100 km/h, donc qui a une énergie de vitesse, percute un mur et s'arrête net. Où a disparu l'énergie ?
Elle s'est transformée en énergie calorifique. Le choc dégage de la chaleur. La même quantité d'énergie qui était en vitesse apparaît maintenant sous forme de chaleur. L'énergie ne disparaît pas. Donc on va parler sur la même métaphore ici. Il y a environ 3000 ans, il y avait des prophètes, qui étaient des géants de la spiritualité, de la sainteté, de la bonté de cœur, de l'idéalité, de tout ce que tu veux, qui se trouvaient à des milliards d'années-lumière au-dessus de nous tous ensemble. À côté d'eux,
il y avait des fourmis. Des gens comme ça, petits. Ils étaient aussi hauts que l'Himalaya. À côté d'eux, des fourmis. Des analphabètes, bêtes, méchants et idiots. Un décalage incroyable. Au fil de l'histoire, il y a ce qu'on appelle Yeridat HaDorot, la chute des générations au niveau des dirigeants. Où va cette énergie ? Elle se propage dans le collectif, et le collectif grimpe. C'est ce qui se passe. C'est bien ou ce n'est pas bien ? Ça pourrait être bien, ou c'est bien ?
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